Depuis quelques jours le revenge porn est sur toutes les lèvres. Et pour cause, si cette pratique condamnée par la loi existe depuis quelques années, c’est notre ex porte-parole du gouvernement et ex candidat à la mairie de Paris Benjamin Griveaux qui en a fait récemment les frais. Je ne vous en dis pas plus, vous savez de quoi je parle. Même si 8 % des Français ont déclaré avoir vu un bout de la vidéo en question, il y a fort à parier que la proportion soit plus importante que ça (parce qu’on est de sacrés petits vicelards)… Et pourtant on ne sait pas grand chose de revenge porn, on fait donc ici un petit point avec l’aide d’une enquête IFOP pour CAM4/Hot Vidéo « Les Français, le revenge porn et l’affaire Griveaux ».

1. C'est condamné par la loi

Commençons par le commencement : si jamais tu t’adonnes à un petit revenge porn de derrière les fagots (même un petit, même juste une fesse) cela peut te coûter très cher, soit 60 000 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement. Depuis 2016, la loi pour une République numérique considère comme une infraction le fait « en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même ».

2. Les jeunes de moins de 30 ans sont nettement plus nombreux à s'envoyer des trucs cochons

Selon l’enquête IFOP, 22 % de l’ensemble des Français s’enverraient des SMS, vidéos et photos de cul tantis que cette proportion grimpe à 46 % chez les moins de 30 ans.

3. Le nombre d'adeptes de ces échanges a explosé en 10 ans

Evidemment, ces pratiques sont facilitées, voire encouragées par la présence des réseaux sociaux, alors il est assez logique que la proportion des jeunes de moins de 25 ans déclarant s’exciter virtuellement par l’envoi de photos/vidéos coquines est passée de 10 % en 2014 à 44 % en 2020.

4. Dans 90 % des cas, les victimes de revenge porn sont des femmes

Et de nombreuses stars sont aussi victimes de revenge porn.

5. Il est très compliqué d'effacer les traces de publications

Oui alors désolée c’est pas une bonne nouvelle mais il faut le savoir. Certes il existe désormais le droit à l’oubli mais sa mise en application est extrêmement fastidieuse et en général peu efficace. C’est pourquoi on passe alors le plus souvent par des entreprises privées « de nettoyage ». Toutefois, il faut bien comprendre que ces entreprises ne sont pas en mesure d’effacer concrètement les traces mais plutôt de les noyer en créant des milliers de résultats sur la requête concernée et retardant ainsi l’accès aux images problématiques.

6. Les dick pic en revanche ne sont pas les bienvenues

Envoyer des photos de soi à poil ou dans un position lascive, no problemo, mais les dick pic (comprendre plus globalement une photo de sa teub ou de sa teuch), elles, sont moins populaires. Seuls 9 % de la population (13 % des hommes et 5 % des femmes) s’y adonne. Perso, nous on adore on vous a même sélectionné nos plus belles Dick Pic.

7. Selon une étude américaine, 1/8e des internautes ont déjà été victimes de revenge porn

Ce chiffre repose sur l’étude de l’association la Cyber Civil Rights Initiative reposant sur 3000 utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis (ce chiffre ne concerne donc pas la France). Toujours d’après la même étude, 1 internaute sur 20 déclarait avoir au moins une fois partagé des photos de cul d’une autre personne sans son consentement.

8. En français on parle de "pornodivulgation"

Mais personne ne dit ça. Parfois il ne faut pas cherche à franciser à tout prix.

Par solidarité pour Benjamin Griveaux et toutes les victimes de revenge porn j’ai décidé de publier des vidéos de moi en train de me masturber devant des tutoriels de réparation de grille-pain. Parce que le sexe, c’est drôle.

Source : Libération, Néon