Après les manifestations du 22 janvier réunissant quelques milliers de militants « pro-vie » (bah parce que nous autres on est évidemment « pro-mort », LOGIQUE) visant à réduire les interruptions volontaires de grossesse (mais surtout les à éradiquer, même si, encore heureux, on leur accorde bien peu de crédit), on a envie de dire « Coucou, la loi Veil ! » qui fêtait ses 42 ans le 17 janvier. Régression, bonjour.

Bref, juste pour recadrer deux trois choses, voilà ce qu’on répond aux arguments fumeux de ceux qui se font appeler « les survivants ».

1. L'IVG est un droit

Il existe depuis le 17 janvier 1975, il est accessible à toutes les femmes même les mineures (sans forcément le consentement des parents, il suffit d’être accompagnée par une personne majeure de notre choix). Tous les frais sont remboursés à 100% que l’IVG soit chirurgicale ou médicamenteuse. Mais plus que tout, l’IVG est un droit inscrit dans la loi au même titre que le droit de toucher un salaire ou de se marier avec qui on le souhaite (ou de ne pas se marier du tout d’ailleurs).

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2. A celui qui clame "J'ai été un embryon"...

…On te rassure coco, tu l’es toujours.

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3. Il n'existe pas d'avortement "de confort"

La plupart des femmes qui se font avorter en France prennent déjà un moyen de contraception, mais comme on le sait il existe un risque (même tout petit) de fertilité malgré cet usage. Les femmes n’utilisent donc pas l’IVG comme méthode de contraception. Et encore moins comme une pratique de confort parce que quand même un bébé, trop la flemme. Quand on ne veut/peut pas accueillir un bébé, on ne peut pas. C’est un choix, une liberté qui revient à la mère et seulement à elle.

4. Il n'y a pas de quota d'IVG par hôpital

Au contraire il y avait auparavant un quota maximal d’IVG par établissement de santé à respecter. Ce quota est supprimé depuis 2001. Il n’y a donc aucun quota existant, ni maximal et encore moins minimal. Une absurdité dont on se demande comment certains peuvent y croire. Imaginez un peu, faites attention chères dames si vous êtes fécondées ne mettez pas les pieds dans un hôpital, il serait prêt à vous avorter de force ! Bah voyons.

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5. l'IVG ne rend pas stérile

Une légende totalement erronée sur les avortements consiste à croire que ces interventions rendent stériles. C’est bien sûr faux, on peut même être à nouveau fertile moins d’un mois après. l’IVG devient problématique quand elle est pratiquée à répétition, précisément au-delà de trois interventions. Toujours est-il que ces cas rares méritent un accompagnement spécifique et ne peuvent en aucun cas servir d’argument pour la totalité des femmes concernées.

6. L'IVG ne cause pas de syndromes post-traumatiques

Si l’avortement n’est pas le geste le plus joyeux qui soit (car, comme on l’a dit, mais on le répète bien haut bien fort IL N’Y A PAS D’AVORTEMENT DE « CONFORT »), il ne rend pas zinzin pour autant. Et le personnel médical peut proposer des aides et un accompagnement pour traverser cette étape, on ne vous laisse pas seule comme une vieille chaussette toute pourrie. L’avortement est une épreuve certes, mais une épreuve qui peut être surmontée.

7. Les causes d'IVG ne sont pas forcément dues à une absence de contraception

Deux tiers des femmes optant pour une IVG sont sous contraception. Et seuls 3% des femmes en France ne prennent pas de contraception. Donc clairement ce n’est pas un rapport de cause à effet.

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8. "La loi Veil devait éradiquer les avortements clandestins, alors comment expliquer qu'il y a toujours plus de 200 000 avortements par an en France ?"

Interrogation vraiment entendue pour de vrai au haut-parleur d’un militant de la manifestation du 22 janvier. Alors comment dire… ça laisse sans voix. On était frustré de pas pouvoir dire au monsieur perché du haut de son char que la réponse était dans sa question. Que peut-être c’est pour ça qu’il avait pas compris et s’était fourvoyé dans ses engagements malheureux. Mais il avait l’air tellement ronchon qu’on a juste esquivé le char pour pas se faire rouler dessus. Eh meeeerde, nous aussi on est des « survivants » du coup.

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9. "Protéger les plus faibles, c'est ça qui est fort"

Autre slogan de la manif’. Alors sur le principe, on est d’accord. Et c’est pour ça qu’on veut les aider ces manifestants, car ils sont clairement démunis sur le plan moral et intellectuel.

Sinon blague à part, cet argument selon lequel les embryons sont de petits êtres faibles à protéger est totalement fallacieux. Les délais de l’avortement (interdit au-delà de trois mois en France) visent justement à extraire le fœtus à un stade embryonnaire, c’est à dire quand le cerveau n’est pas encore développé, donc sans conscience. Bref, on est encore au stade de cacahuète. Fermez-la bande de dégénérés.

10. Chaque année, 5 millions de femmes sont hospitalisées suite à un avortement à risque

Un chiffre qui corrobore avec le fait que le droit à l’avortement est encore limité ou interdit (sous peine de prison) dans deux tiers des pays du monde. Y’a encore du chemin, alors ne nous laissons pas ralentir par les quelques arriérés qui étaient prêt à se fader un -5° pour faire entendre leur voix.

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Le truc cool c’est qu’on a trouvé la cause du pic de pollution de dimanche dernier du coup. YAY !

Sources :

www.ivg.gouv.fr

Slate

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