Lille, son beau jeu, la bonne ambiance qui y règne, son entraîneur élégant et discret, son centre d'entraînement ultra moderne... Le monde du football s'entend sur les qualités des Dogues, mais continue pourtant de ne parler que de l'OM, du PSG et de Lyon. De là à penser que l'on puisse souhaiter, même secrètement, que le LOSC s'effondre... En cherchant, on trouve toujours, voilà 11 arguments imparables pour expliquer cette tendance au conservatisme.

  1. Le mirage du Grand Stade : Lille est en avance sur son calendrier, mais plutôt méchamment en retard sur son "grand stade". Rien que pour ça, les Dogues ne méritent pas d'être champion et devront attendre gentillement l'inauguration d'une enceinte digne de ce nom. Un champion dans un stade d'athlétisme, on a déjà eu Monaco. Si on veut que l'Europe arrête de se foutre de nous, ça commence par là.
  2. Le droit d'aînesse dans la famille Seydoux : Michel a jusqu'ici laissé la priorité à son grand frère Jérome en cédant à l'OL ses joueurs les plus en vue, et Lyon se place chaque année devant le LOSC au classement. Jérôme ne supporterait pas de se faire griller par le petit Michel. On ne voudrait pas que deux frères en viennent à se brouiller pour une histoire de foot, la famille, c'est sacré.
  3. L'arrogance du beau jeu : Ça commence à bien faire ce jeu fluide, élégant, réjouissant... qui fait passer nos bonnes vieilles équipes de L1 pour des balourds et des armadas de bourrins. Si on se rend compte qu'on peut être champion sur des qualités de jeu, c'est toute l'identité de la Ligue 1 qui fout le camp. Arsenal a par exemple la décence en Angleterre de ne rien gagner du tout.
  4. Un passé de "joueurs" en bois : L'effectif lillois fait aujourd'hui rêver, mais on en viendrait presque à oublier les erreurs du passé. Les fantômes du grand voyageur Matt Moussilou, de Mikkel Beck ou de Dagui Bakari hantent encore les vestiaires lillois. Accepter que Lille soit champion, c'est encourager de jeunes "Moussilou" à se lancer dans une carrière pro.
  5. Un minimum de décence régional : Lille la bourgeoise pourrait caracoler en tête de la Ligue 1 pendant que Lens l'ouvrière est plus que jamais concernée par la relégation ? Un peu de respect pour les mineurs sang et or, et pas de trompettes pendant un enterrement. Amen.
  6. Le manque d'ambition européenne : Une formation qui fait tourner son effectif lors des échéances européennes pour aller assurer un nul en championnat quelques jours plus tard ne fait pas honneur au football français. Les points UEFA sont trop précieux pour être snobés par ce prétendant à la Ligue des Champions. Quand on joue la coupe d'Europe, c'est pour aller le plus loin possible, pas pour se qualifier l'année d'après pour la coupe d'Europe qu'on ne jouera pas de toute façon.
  7. Un club beaucoup trop propre : L'OM va être champion, c'est scientifiquement établi. Ou alors l'OL grâce à un entraîneur branlant mais conforté à son poste. Ou alors le PSG qui va faire le doublé Europa Ligue/Championnat... Mais pas le LOSC, qui n'a ni crise, ni taupe, ni rumeur de transfert spectaculaire, ni président parano qui chambre son voisin... Un peu de panache Messieurs les Lillois.
  8. La fuite des talents qui suivra : Tant que Lille était dans la charrette des "gros", Lyon pouvait faire son marché et les joueurs pouvaient se casser avec l'excuse du "choix sportif". Mais si Lille est champion, comment justifier un transfert vers un club inférieur autrement que par un gros chèque ? Nos joueurs de L1 ont de l'orgueil et iront chercher meilleur salaire à l'étranger. Hazard en premier.
  9. Une meilleure répartition géographique : Lens a déjà été champion en 1998 (avec Vairelles, Sikora ou Wagneau Eloi...), c'est un peu au tour des autres régions de se régaler. Après le Rhône ou le sud, une équipe bretonne ou d'Ile de France en haut du classement serait un bon compromis.
  10. Une profession d'agent en danger : C'est quoi cette équipe qui squatte le haut du classement sans faire de transferts faramineux ? Ils pensent, des fois, aux pauvres agents de joueurs à Lille ? Si on se rend compte que ça ne sert à rien d'acheter 25 millions d'euros un "attaquant de classe internationale" pour gagner, c'est toute une profession qui sera sinistrée. On n'a pas laissé couler le FC Nantes pour rien.
  11. Une délocalisation assurée à Lyon : Aulas se contente d'habitude d'acheter un ou deux joueurs lillois chaque saison. Furieux d'avoir investi pour rien ces dernières années, il sort cette fois le carnet de chèques version "maxi best-of" et rachète tous les membres de l'équipe des Dogues, staff y compris, renomme la franchise version NBA "les Pitbulls" et la fait jouer à Saint-Etienne dans un nouveau stade, rien que pour emmerder les Verts.

Et pour vous, un titre lillois serait une bonne nouvelle pour le football français?

Crédits photo (creative commons) : Altaide

Footeu-se dans l'âme ? On a déniché les gadgets les plus cool :