L’Histoire n’est pas toujours à l’heure. Il arrive qu’on doive l’attendre longtemps en regardant sa montre, en pestant contre son retard, en s’étonnant de ne pas avoir été prévenu de l’attente à venir par quelque standardiste trop poli. Il arrive même qu’elle se pointe quand, déjà, on ne l’espérait plus. Pas facile, dans ces conditions, de réussir son rendez-vous avec l’Histoire.

1. La peine de mort

Quand on y pense, il a fallu attendre jusqu’en 1981 pour arrêter le principe du œil pour œil dent pour dent en France. 1981. C’est vraiment très tard. Surtout quand on sait que la justice, même si elle fait de son mieux, continue d’être humaine et de faire des erreurs.

2. Le viol conjugal dans certains Etats américains

Le dernier état américain à avoir interdit le viol conjugal est la Caroline du Nord, qui n’a pris cette disposition qu’en 1993. Dans l’Ohio, encore aujourd’hui, le viol marital n’est considéré comme viol que s’il s’accompagne de violences visibles. En France, le statut de conjoint est devenu en 2006 une circonstance aggravante pour un prévenu accusé de viol. Il était autrefois considéré comme une circonstance atténuante. Inutile de dire que l’écrasante majorité des viols survient dans le cadre conjugal ou familial.

3. Le rapt d'enfants amérindiens

Pendant de longues années, le gouvernement américain a considéré que les enfants amérindiens appartenaient plus ou moins à l’Etat, leurs parents ne présentant pas aux yeux des Wasp la stabilité nécessaire pour élever leurs enfants. On pouvait donc les kidnapper pour les confier à des familles blanches. Heureusement, le Indian Child Welfare Act a mis fin à ces pratiques barbares. En 1978. Vous avez bien lu.

Il va de soi qu’une fois placés dans leur nouvelle famille, les enfants étaient sommés d’abandonner toute pratique rappelant leur origine, et notamment leur langue, sous peine d’être sévèrement battus.

4. La lobotomie sans accord du patient

La lobotomie est désormais considérée comme une pratique barbare. Mais, jusqu’en 1994, elle pouvait être pratiquée sans l’accord éclairé du patient. Si l’opération n’est pas interdite formellement en France, elle ne peut désormais se pratiquer sans cet accord exclusif, au même titre que les électrochocs. La lobotomie demeure toutefois une pratique répandue sinon courante aux Etats-Unis, en Finlande, en Belgique en Suède ou au Royaume-Uni.

5. La stérilisation forcée des attardés mentaux

En France, l’eugénisme en tant que tel n’a été interdit pénalement qu’en 2004. Pour autant, tout au long des années 1990, il était régulièrement pratiqué via la stérilisation contrainte des personnes présentant des handicaps mentaux. En 1998, un rapport de l’IGAS sur les problèmes posés par la stérilisation contrainte des personnes handicapées pointait du doigt non pas les risques éthiques soulevés par la pratique, mais ceux de voir l’Etat poursuivi par des associations de personnes stérilisées de force.

6. La pénalisation de l'homosexualité

Il a fallu attendre 1982 pour que l’homosexualité soit dépénalisée en France, et que la majorité sexuelle soit fixée à 15 ans tant pour les pratiques hétérosexuelles qu’homosexuelles. L’homosexualité ne sera retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS que 9 ans plus tard, en 1991. Aujourd’hui encore, l’homosexualité est encore passible de poursuites pénales dans la moitié des pays du monde.

7. L'autorisation du mari pour l'ouverture d'un compte

C’est en 1965 que la loi a autorisé pour la première fois les femmes à ouvrir un compte en banque à leur nom ou à travailler sans l’accord de leur mari (ou de leur père). Avant ça, les femmes étaient perçues comme quasiment irresponsables socialement, puisqu’il leur fallait systématiquement obtenir l’accord d’un homme pour vivre.

8. L'alcoolémie au volant

En France, c’est en 1983 que le seuil d’alcoolémie autorisé au volant est passé en dessous du gramme par litre de sang, pour se situer à 0,80 g/l. Auparavant, il était fixé à 1,2 g/l, soit plus de trois verres. De toute façon, avant 1965, aucun alcootest n’était pratiqué sur les conducteurs.

9. Les châtiments corporels à l'école

Les châtiments corporels à l’école ne sont pas formellement interdits par la législation française. Le texte qui prévaut est en réalité une circulaire de 1991, laquelle stipule que « Le maître s’interdit tout comportement, geste ou parole qui traduirait indifférence ou mépris à l’égard de l’élève ou de sa famille, ou qui serait susceptible de blesser la sensibilité des enfants. » Pour autant, une circulaire n’a d’autre valeur qu’administrative, au même titre qu’une note de service. Les dispositions concernant le lycée, également fixées dans le cadre d’une circulaire, datent de l’an 2000.

10. L'application automatique de la double peine

La double peine concerne l’expulsion automatique de tout étranger se voyant condamné pour crime. L’automaticité de la mesure posait un réel problème de conformité au regard de la Cour pénale internationale. Elle a été abolie en 2007 par le président Sarkozy, après une bonne vingtaine d’années de débat. Pour autant, les juges peuvent toujours assortir les peines qu’ils prononcent d’obligations à quitter le territoire quand les inculpés ont commis un crime.

Sans compter sur l’interdiction très récente de siffler un penalty en distribuant un carton rouge.

Source (partielle) : Cracked

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