Drame grammatical pour certains, figue de style pour d’autres, le pléonasme fait débat. Si Baudelaire se risque à écrire « quand les deux yeux fermés en un soir chaud d’automne », parce que généralement, des yeux, nous en avons trois, il est conseillé de pratiquer le pléonasme avec modération. Cependant certains d’entre vous sont pris de violentes pulsions pléonastiques, il existe dans notre langue quelques exceptions que nous pouvons utiliser, pour être redondant sans complexe.

1. Aujourd'hui

le mot « aujourd’hui » est déjà un pléonasme. Comme on peut le constater, aujourd’hui est la forme contractée d’« au jour d’hui » or « hui » vient du Latin hodie contraction de hoc die qui signifie « ce jour ». On dit déjà « au jour de ce jour », alors « au jour d’aujourd’hui » est genre de l’ultra pléonasme, raison de plus pour aller plonger dans l’acide ceux qui s’imaginent pouvoir dire ce genre d’horreur impunément.

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2. Se suicider

Suicide signifie déjà « se tuer ». En effet, « sui » renvoie à « soi » et « -cide » est le suffixe relatif au meurtre, comme dans « régicide », le meurtre d’un roi, ou « homicide », le meurtre d’un être humain… « suicider » signifie donc déjà « se tuer ». Or, l’ajout du « se » fait se répéter l’idée de « soi ».

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3. Voir de ses yeux

Notamment dans la locution issue de Molière « je l’ai vu de mes yeux vu » dixit dans Tartuffe : « Je l’ai vu, dis-je, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu… ». Entré dans l’usage, dire « je l’ai vu de mes yeux » est tout à fait admis, même si, comme le dit Saint-Exupéry, « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Une bien belle phrase à se faire tatouer sur les fesses entre deux tatouages tribaux.

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4. Tourner en rond

En effet, « tourner » exprime déjà l’idée d’effectuer des mouvements circulaires. Donc globalement, on ne peut tourner ni en carré, ni en triangle, ni en tétraèdre régulier.

5. Tout entier

« Tout » et « entier » veulent tous deux dire « dans sa totalité », il n’y a donc aps grande différence à dire « il l’a mangé en entier » ou « il a tout mangé ». Donc lorsque l’on dit « il l’a mangé tout entier », c’est un poil redondant. C’est cependant tout à fait admis quand on veut insister sur la totalité globale des choses.

6. Répéter la même chose

Quand on dit, par exemple « il répète deux fois la même chose », or « répéter » veut déjà dire « dire la même chose ». Cet emploi est cependant certifié conforme par les grands-parents de l’académie française. Cet emploi est cependant certifié conforme par les grands-parents de l’académie française.

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7. Secousse sismique

Il s’agit là d’un pléonasme étymologie, si « sismique » ne renvoie qu’exclusivement aux tremblements de terre, ce n’est pas le cas du mot dont est originaire « sismisque ». « Sismique » est issu du Grec seismos qui signifie déjà secousse. Lorsqu’on parle de « secousses sismiques », on dit, en quelque sorte : « secousses secouantes ».

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8. Tri sélectif

Entré récemment dans le langage, « tri sélectif » fait grincer des dents certains grammairiens. Mais force est de constater qu’il est tellement utilisé qu’on pourrait le considérer comme admis. Son emploi est d’ailleurs devenu une expression figée puisqu’il renvoie exclusivement au tri des déchets ménagers. Or, un « tri » c’est déjà faire une sélection, donc « tri sélectif » est un peu redondant.

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Attention, dire des pléonasmes n’est pas une raisons pour dire des pléonasmes. Donc on se gardera bien de dire « monter en haut », « descendre en bas » ou « que le temps d’avant, c’était le temps d’avant ».