Amis de la langue française, bonjour. Il existe une quantité astronomique d’expressions que l’on a grand mal à orthographier, et cela ne s’explique pas forcément par notre illettrisme naturel, mais tout simplement parce que quand on ne connait pas le sens original d’une expression, c’est parfois difficile de bien l’écrire.

1. Au temps pour moi/toi/ta sœur

Eh oui cette expression fait référence à l’espace-temps (celui où tu viens tout juste de dire de la merde) qui est à reprendre pour toi et non “autant pour toi” qui n’a aucun sens.

Source photo : Giphy

2. Sabler une bouteille

S’il est tentant d’écrire “sabrer” sachez que les deux expressions sont possibles elles n’ont juste pas le même sens. Sabler une bouteille, c’est la boire rapidement. Sabrer une bouteille, c’est l’ouvrir d’un coup sec avec un objet tranchant. Rééééévéééééélatiiiiiiions.

3. Par acquit de conscience

Et non “acquis”, comme je l’ai personnellement cru jusqu’au mois dernier, la preuve que même un rédacteur à Topito peut sombrer dans la honte linguistique. En effet, ce n’est pas parce qu’on à “trop de conscience acquise” qu’on agirait par “acquiS de conscience” ce qui ne voudrait rien dire. En revanche, c’est pour s’acquitter d’un éventuel problème qu’on agit par “acquit de conscience”, nettement plus logique vous conviendrez.

Source photo : Giphy

4. C’est là que le bât blesse

Bon même si clairement personne n’utilise cette expression pour dévoiler la cause d’un souci, les quelques résistants du monde moderne ne savent pas toujours s’il faut écrire “bât” ou “bas”. En fait, “bât” renvoie à l’objet qui permet de charger un âne par exemple, or si le bât est défaillant, tout dégringole.

5. D’un commun accord

Si tu n’es pas sous mental comme moi, tu ne te sentiras peut-être pas concerné/e par cette expression. Eh bien sache qu’il se pourrait que certaines personnes éventuellement diminuées aient longtemps cru qu’on disait “d’un commun d’accord”, dans le sens d’un “d’accord” dit en commun. Oui je sais, c’est dur, je me fais soigner depuis.

6. En deux temps trois mouvements

Tout comme l’expression “au temps pour moi”, celle-ci trouve son origine dans le jargon militaire “Au temps !”, on n’écrit donc pas “En deux en trois mouvements” surtout que dans ce cas on prononcerait “en deux ans trois mouvements” et QUE CA VOUDRAIT ENCORE MOINS DIRE QUELQUE CHOSE.

Source photo : Giphy

7. Je te saurai gré

Il faut juste retenir qu’on n' »est » pas gré de quelqu’un, mais qu’on lui « sait » gré. Et même si saurai/serai se ressemblent farouchement proche, ça n’a rien à voir donc calme tout de suite tes ardeurs.

8. Faire bonne chère

Et pas “faire bonne Cher”, expression qui s’appliquerait aux imitateurs de la chanteuse, et encore moins “fer bonne chère” ce qui ne voudrait tout simplement rien dire. En fait, la confusion réelle se fait entre “chair” et “chère” vous l’aurez compris. L’expression qui veut dire aujourd’hui “faire un bon repas” n’avait au départ rien à voir avec la bouffe. “Chère” qui vient du latin de “visage” voulait en fait dire “faire bon visage”, soit un bon accueil. C’est bon, t’as compris maintenant ?

Source photo : Giphy

9. Avoir affaire à quelqu'un

Même si c’est presque irrésistible d’écrire « à faire », en réalité il s’agit d’avoir une affaire à régler avec quelqu’un. Reviens dans le droit de chemin, brebis égarée.

10. Une maison de plain-pied

On serait tentés d’écrire “de plein pied” pour une maison dans laquelle on rentre avec les pieds. On comprend toutefois assez vite qu’on rentre dans n’importe quel lieu avec les pieds (sauf si on est amputés des deux jambes, bien entendu). “Plain-pied” renvoie à la plaine et désigne donc une maison où toutes les pièces sont au même niveau que la plaine.

11. Bayer aux corneilles

Et non pas “bâiller aux corneilles” bande de désaxés. En effet, l’expression qui signifie “rêvasser” repose sur le verbe latin “batare” qui renvoie au son que l’on produit quand on est bouche ouverte. C’est pour cela que bayer veut dire “ouvrir tout grand”. En gros, c’est un terme proche du verbe “bâiller” qui renvoie lui aussi au fait d’ouvrir la bouche parce qu’on est fatigué. Toujours est-il que pour l’expression c’est “bayer” qui est resté. Tout ça pour dire que maintenant tu devrais avoir envie de bâiller. HIHIHI.

Source photo : Giphy

12. Rendre la pareille

C’est pourtant pas compliqué bordel ! On rend la pareille, c’est-à-dire qu’on rend ce qu’on nous a donné. Tu m’as prêté du sel, je te prête du poivre, logique quoi (sauf si tu es allergique au poivre auquel cas c’est à comprendre comme une façon de te nuire physiquement). Alors pourquoi voudrait-on croire que c’est l’appareil qu’on rend ? HEIN ?

13. Découvrir le pot aux roses

Parce que le pot aux roses est au départ une boîte dans laquelle les femmes rangeaient leur parfum et des petits mots secrets. Et contre toute attente, ça ne ressemblait pas du tout à un poteau rose. Nope.

14. Bandes annonces

Oui c’est surprenant mais il semblerait qu’un des rédacteurs de Topito dont je préfère taire l’identité, a une camarade qui n’aurait toujours pas intégré le concept de « bande annonce » et lui préfère l’expression « bande d’annonces », ce qui est plus étonnant c’est que ladite personne n’a pas 5 ans.

Source photo : Giphy

Source : Projet Voltaire

Et sinon, t'as 2 minutes (allez 3) ? Alors découvre notre dernière vidéo !