On a parfois l’impression que les expressions de la langue françaises sortent tout droit de l’esprit d’un sociopathe maniaque. Ou d’un enfant de 2 ans. Ou d’un mec bourré. On y entrave que dalle. Si, si je vous assure, comme on va le voir dans cette liste d’expressions liées à un pays qu’on trouve dans notre répertoire, leurs origines sont parfois obscures.

1. Une branlette espagnole

Inutile de vous rappeler de quoi il s’agit, vous avez tous votre lot de POV porn pour que je m’explique davantage. Toujours est-il que l’origine de cette pratique sexuelle (aussi appelée manoeuvre de Clavel ou Cravate de notaire ce qui sera très certainement l’objet d’une nouvelle enquête) n’est pas aussi joyeuse que la pratique elle-même (qui rend ses pratiquants plutôt heureux). On suppose qu’elle vient du début du XXe siècle, alors que les hommes de la bourgeoisie parisienne avait pour habitude de tringler leurs bonnes qui étaient pour la plupart d’origine espagnole. Voilà. C’est beau non ?

La grande question qui subsiste est bien sûr de savoir s’il existe encore des branlettes espagnoles franquistes…

2. Filer à l'anglaise

Bon sur ce point, il y a plusieurs hypothèses mais elles sont toutes pétées. Certains disent que le mot « anglaiser » signifiait « voler » au XIXe siècle, d’autres que le mot « anglaise » est une déformation de l’anguille, et puis d’autres encore disent que c’est une réponse vengeresse de l’expression anglaise « To take the French leave » qui veut dire la même chose. Mais alors qui croire ? Qui écouter ? Qui sommes-nous ?

3. Les montagnes russes

Les montagnes russes s’appellent les montagnes russes parce qu’elles sont… russes. Du moins à l’origine. C’est à Saint-Petersbourg au XVIIIe siècle qu’on assiste aux premières courses de luges dans les montagnes eneigées et le concept s’est répandu après jusqu’à voir naître en 1812 la compagnie des Montagnes russes à Belleville. Et perso, j’aurais moyennement fait confiance aux bécanes de l’époque.

4. Etre la tête de turc

Comme son nom l’indique cette expression un peu vieillotte n’est pas dénuée de racisme. Datant du XIXe, elle vient du jargon de la foire. Dans les dynamomètres où il fallait frapper le plus fort possible, la cible portait une moustache et turban afin d’incarner un sultan ottoman. Bon en fait si c’était à eux qu’on voulait péter le nez dans les fêtes foraines c’était surtout parce qu’ils incarnaient la puissance et la virilité et puis qu’ils avaient un empire aussi, ce qui envoie du pâté.

5. Le quart d'heure américain

Vu le nombre de râteaux qu’on s’est pris à cause de ce foutu truc où les filles doivent proposer un slow aux garçons (non, y’a que moi ?), ce serait pas mal de savoir qui nous a mis dans une telle panade. Eh bien je vous le donne en mille, ce sont les vieilles hippies des années 70. En mode post-68, Woodstock, women power et « faites l’amour pas la guerre », elles ont instauré le concept parce qu’après tout y’a pas de raison que ce soit que les garçons qui aient le droit de piocher la fille qu’ils veulent pour leur faire profiter d’attouchements lointains sur un slow de Poetic Lovers.

6. La douche écossaise

Vous savez, une douche écossaise c’est quand on alterne l’eau chaude et l’eau froide. Et vous vous demandez sûrement pourquoi on la dit écossaise ? Eh bien selon une légende celtique, un lutin maléfique du nom de Noffuob avait la capacité de faire jaillir de l’eau de ses aisselles. De l’eau chaude quand il était amoureux, et de l’eau froide quand il avait de la colère contre quelqu’un. C’est ainsi que l’expression trouve son origine. Fascinant n’est-ce pas ?

Fascinant, mais faux. J’ai tout inventé. La douche écossaise, s’appelle comme ça juste parce que c’est une pratique qui vient d’Ecosse. Point barre.

7. Les Anglais ont débarqué

On ne connaît plus grand monde qui utilise cette expression aujourd’hui (dans la mesure où nos grands-mères n’ont plus trop l’occasion de voir justement « les Anglais débarquer »), mais on se doute bien que l’expression fait finement référence à un épisode sanglant de l’histoire. En l’occurrence, le débarquement des troupes anglaises en France qui ont marqué la fin de l’ère napoléonienne. Mais contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas en référence aux combats ensanglantés qu’on les cite mais parce que les Anglais portaient des tuniques rouges vif comme des tampons fraîchement imbibés de grumeaux d’utérus mort.

8. "Dis donc Géraldine, ta chambre, c'est un sacré capharnaüm !"

La ville de Capharnaüm a vraiment existé et est historiquement associée à un bon gros bordel. Petit village d’Israël où Jésus a voulu traîner pépouze. Il se cale alors dans une petite maison et commence à prêcher. Et là gros truc de dingue, il parvient à guérir plein de gens de maladies ou de handicap. Du coup tout le monde partage le bon plan ce qui ramène encore plus de monde. C’est la cour des miracles. Et c’est surtout un sacré bordel, ou plutôt un sacré capharnaüm.

9. "Dis donc Bernard, ta photo de cocotier sur fond de plage paradisiaque, ce serait pas une image d’Épinal ?"

A l’origine, une image d’Epinal, c’est juste une estampe qui a été imprimée à Epinal. Ville située dans l’est de la France. Ces images représentaient alors des scènes vécues, ou imaginaires, des batailles et ont rendu populaire l’imprimerie qui les fabriquait. Par extension, on a gardé l’expression pour qualifier des images qui semblent un peu clichées ou du moins qui ne montrent que le bon côté des choses. Dans le cas de Bernard, l’image ne montre certainement pas les coraux morts sous la mer turquoise et l’érosion des sols.

10. Avoir les portugaises ensablées

Si l’expression veut dire qu’on est complètement bouché de la feuille, elle n’a rien à voir avec le Portugal. Ni les Portugais. En fait, l’expression « portugaise » veut dire « oreille » rapport au fait qu’une huître portugaise ressemblait à une oreille. Et c’est à Albert Simonin qu’on doit cette trouvaille puisqu’il a utilisé l’expression pour la première fois dans son roman Touchez pas au Grisbi. Voilà. Donc plutôt que de dire de quelqu’un qu’il est sourd on a préféré aller chercher une comparaison relative avec un fruit de mer sans toutefois citer clairement le fruit de mer mais plutôt la nationalité du fruit de mer concerné. Franchement, autant dire de son grand-père que c’est une huître.

Et dans un autre genre, on vous avait déjà parlé aussi des expressions avec un pays qui ne se disent pas du tout pareil à l’étranger, et je vais vous dire un truc : ça fait voyager.