On vous l’avait promis on, l’a fait. Depuis le temps qu’on attendait de voir cette série sur Canal Décalé, on a perdu tout sens commun lundi 11 novembre et on s’est tout fadé d’un coup. Je vous conseille de ne surtout pas faire comme nous. Ou alors, prenez une plaquette de Xanax à la fin. Le collectif Parasites a frappé juste et fort. Il nous avait déjà habitué à des vidéos de haute qualité, mais là on passe à un niveau encore supérieur. Huit épisodes étayant la thèse de l’effondrement chère au courant collapsologue : on y découvre la France au lendemain d’une crise sans précédent dont les tenants et les aboutissants restent mystérieux (plus d’électricité ? plus de pétrole ? tout à la fois ?). J+2, J+5, J+45… A quoi ressemble la vie d’après ? Et très franchement, ça ne donne pas du tout envie d’être dans les parages à ce moment-là.

1. Chaque épisode est un plan séquence

Et c’est clairement ce qui nous a fait le plus halluciner. Entre 16 et 30 minutes de plan séquence. Et pas du petit plan séquence de merdeux hein. Du vrai plan séquence de ouf. Avec trajet en bagnole, à la nage, en bateau en avion (pas tous dans le même épisode). Et ça fonctionne super bien, notre BPM monte en flèche tellement on est en empathie de stress avec les personnages. Ça fout presque le vertige. C’était la meilleure idée pour nous plonger encore plus dans le cœur de l’action.

2. Pour une fois, la fin du monde se passe en France

YOUHOUUUUUUUUUU COCORICOOOOOOOOOOO. Bah ouais c’est chiant à la fin. La fin du monde ça se passe toujours en Californie d’habitude et nous on sait jamais à quoi ça ressemblerait si tout se barrait en cacahuète. Bah voilà, là maintenant on sait. On aurait peut-être préféré ne pas savoir.

3. Parce que c'est réalisé par le collectif Les Parasites

Et comme on vous l’a dit, les gars sont très très bons. Et n’hésitez pas à aller mater leur faux documentaire La boucherie éthique qui est devenu une oeuvre de référence pour alimenter tous les débats sur la consommation de bidoche.

4. C'est une illustration pertinente de la théorie de l'effondrement

Vous savez on vous en avait déjà parlé il y a peu de la théorie de l’effondrement, aussi appelée collapsologie. Courant de pensée porté aux Etats-Unis par Jared Diamond et en France par Pablo Servigne et Yves Cochet avant lui et qui pose l’hypothèse d’un effondrement imminent de la civilisation thermo-industrielle (c’est à dire en gros, tout ce qu’on connaît aujourd’hui). Bon, contrairement à la série, les « effondristes » n’imaginent pas un effondrement qui se fait du jour au lendemain, mais un effondrement global et systémique qui d’une certaine façon a déjà commencé aujourd’hui dans la mesure où l’on assiste à la 6e extinction de masse des espèces vivantes et que si l’on veut respecter les accords de Paris pour tenter de rester en dessous des 2°, il faudrait qu’on divise pas 10 notre consommation d’énergie en France. Soit on accepte ces restrictions et c’est un effondrement. Soit on continue de vivre comme avant et c’est aussi un effondrement. Sympa non ?

5. Ça donne vachement envie d'acheter des boîtes de conserve quand même

Vu que l’argent ne semble plus servir à grand chose. Pff. C’était bien la peine d’économiser bordel.

6. ....Et d'avoir un pote qui a une maison de campagne à moins de 150 bornes

Histoire de pouvoir débarque en moins de 15 jours de marche quoi. C’est sûr qu’avec nos mouchoirs de poche en ville, on va pas tenir longtemps sur la voie de la survie.

7. ...Et qui maîtrise la permaculture

Parce que les conserves c’est sympa mais quand il n’y en aura plus faudra bien apprendre à se faire à bouffer tout seul comme des grands.

8. ...Et qui est médecin

Ou au moins qui a quelques Doliprane sous le coude.

9. ...Et qui sait faire la blanquette de veau

Nan…? On demande trop ?

10. C'est un appel à se remuer le derche pour éviter ce scénario peu souhaitable

D’ailleurs le tournage de la série était 100 % écolo, cantine végane, zéro déchet, optimisation des transports. Bon, ils ont un peu grillé leur bilan carbone avec le décollage d’un avion mais le jeu en valait la chandelle. En ce qui concerne l’histoire, il ne faut pas se limiter à l’aspect catastrophiste et post-apocalyptique qu’elle met en scène. Disons que c’est plutôt le point de départ pour envisager un après meilleur, en bonne intelligence. Le discours du scientifique moqué à l’antenne lors du dernier épisode dans une émission qui ressemble à s’y méprendre à TPMP, résume très bien cette idée : on peut changer cette trajectoire en changeant radicalement les choses, en créant des réseaux d’entraide, etc. Bref, tout n’est pas foutu. Suffit juste d’arrêter de manger de la viande, de prendre l’avion, de regarder des vidéos en streaming, de mettre le chauffage, de manger des aliments qui viennent de l’autre bout du monde, de prendre sa voiture, de se commander des trucs en ligne, de mettre des pailles dans son cocktail, de boire du Coca, de manger des fruits et légumes pas de saison, de rester dans une banque qui pollue. Bref trois fois rien quoi (si tu veux, tu peux encore bouffer d’autres idées d’écogestes par dizaines).

On la fait évidement rentrer au Panthéon des meilleures séries Canal +.