L’intersexualité a beau concerner 1.7 % de la population mondiale (selon la chercheuse Anne Fausto-Sterling), on est souvent mal informés sur le sujet. Alors on n’est pas expert, mais on a essayé de répondre à toutes les questions qu’on se posait sur l’hermaphrodisme sans trop dire de bêtises (enfin on espère). Et ça commence avec le mot lui-même : « hermaphrodisme ». Les personnes intersexes rejettent la dénomination dont l’origine mythologique a tendance à créer la confusion. Si toutefois nous l’avons gardé c’est aussi parce que le mot est encore régulièrement utilisé dans le langage courant. On n’a donc pas voulu le mettre de côté pour mieux pouvoir expliquer en quoi il posait problème.

1. Qu'est-ce que ça veut dire ?

L’intersexuation est un phénomène biologique qui désigne le fait de naître avec des caractéristiques sexuelles qui ne sont pas clairement mâles ou femelles (un sexe pouvant être morphologiquement plus présent qu’un autre). On utilise davantage le mot « intersexuation » plutôt que « intersexualité » qui amène une notion d’orientation sexuelle. Le mot intersexuation reste toutefois générique et englobe tout un tas de malformation génétique qui peuvent varier d’un individu intersexe à l’autre.

2. Pourquoi on parle encore d'hermaphrodisme et d'où vient cette expression ?

Pour comprendre l’origine de l’expression il faut faire un tour dans la mythologie grecque et serrer la paluche de monsieur Hermaphrodite. Fils de Hermès et d’Aphrodite, le jeune Hermaphrodite est pris d’une envie de baignade dans le lac de Carie qui est alors habité par la douce et belle Salmacis. Celle-ci s’éprend du BG, mais Hermaphrodite est pas à donf pour mettre Salmacis dans sa culotte. Salmacis est genre ultra vexée, elle le prend dans ses bras en chialant, elle le serre très fort et demande aux dieux s’ils ne peuvent pas les unir pour toujours. Les dieux, qui n’avaient encore trouvé aucun cadeau d’anniv pour Salmacis se disent que ça peut les sauver de la galère et exaucent alors son vœu. Salmacis et Hermaphrodite ne font plus qu’un : un être bisexué mâle et femelle. D’où l’expression hermaphrodisme pour désigner la malformation génitale qui consiste à naître avec des attributs sexuels clairement féminins et des attributs sexuels clairement masculins (à différencier donc le l’intersexuation qui au contraire ne permet pas de définir si les attributs sexuels à la naissance sont clairement féminins ou clairement masculins).

ATTENTION toutefois, l’expression « hermaprodite » a été utilisée vers la fin du XIXème siècle mais les études sur le genre au cours du XXème siècle ont remis en question son usage.

3. Est-ce que c'est une maladie ?

Alors même si une grande partie du corps médical (et de la société) a encore tendance à dire que oui, on ne peut pas vraiment parler de maladie. Le problème est que dans la plupart des pays d’Europe et du monde, on ne reconnait que deux genres : masculin et féminin. Donc si on naît en dehors de ces deux cases, on considère que c’est une pathologie qui nécessite rectification (et une intervention chirurgicale mutilante). Dès lors qu’on acceptera un genre neutre, les individus intersexués (ou hermaphrodites) ne seront plus considérés comme des individus malades mais simplement comme des individus qui ne sont ni homme ni femme. Bien au contraire.

4. Quelle est la différence entre hermaphrodisme et intersexuation ?

Comme on l’a évoqué, l’individu « hermaphrodite » est (et comme le sous-entend son origine mythologique) doté d’organes génitaux féminins et masculins qui sont fonctionnels. On peut donc parler d’un type d’intersexuation. SAUF QUE, on n’utilise plus le mot « hermaphrodite » aujourd’hui, on lui préfère le mot intersexuation. L’intersexuation plus globalement désigne un phénomène par lequel on naît sans attributs spécifiquement féminins ni spécifiquement masculins. Quant à l’intersexualité, on la différencie également de l’intersexuation en ceci qu’elle amène une confusion entre sexualité et caractéristiques sexuées.

5. Est-ce qu'il faut obligatoirement choisir son sexe ?

C’est bien là le problème ! Si justement on reconnaissait officiellement un genre neutre, on n’aurait pas besoin de choisir. Malheureusement il faut déclarer un sexe très rapidement après la naissance (dans les trois jours) ce qui force les parents à choisir arbitrairement un sexe pour leur enfant (et pas forcément le bon). Outre le fait que ce choix soit arbitraire, cette pratique est de plus en plus rejetée car considérée comme une mutilation génitale (et inutile). Ces interventions chirurgicales sont plus esthétiques qu’autre chose.

6. Est-ce qu'il existe différents types d'intersexuation ?

Oui car on le rappelle l’intersexuation est un terme global donc les cas varient grandement. Le syndrome de Klinefelter par exemple se caractérise par un chromosome X en plus, le syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser quant à lui désigne une absence de vagin et d’utérus alors que les trompes et les ovaires, eux sont bien présents. Bref, l’intersexuation englobe tout un panel de malformations génitales très variables.

7. Est-ce que ça ne survient qu'à la naissance ou ça peut arriver plus tard dans la vie ?

L’intersexuation se constate le plus souvent à la naissance, mais on peut s’en rendre compte plus tard. A la naissance les médecins utilisent l’échelle de Prader qui évalue le niveau d' »anomalie » de l’anatomie génitale.

8. Est-ce que les individus "intersexes" peuvent avoir des enfants ?

Si dans la plupart des cas c’est quasiment impossible, il existe quelques rares cas de fécondation in vitro. Mais généralement, le simple traitement hormonal imposé aux intersexes entraîne une infertilité chez les concernés…

On ne le répétera jamais assez mais vos contributions/rectifications/ovulations sont les bienvenues, les informations qu’on vous donne sont sourcées mais vos témoignages pourront sans aucun doute compléter ce top. BISOUS INTERSEXUÉS.

Source : Wikipédia, Le Figaro, Marie-Claire, Francetvinfo, Plurielles, Ça m’intéresse