La prostitution c’est tout un langage, m’sieurs dames. On y cause un argot propre aux filles de joie. Si certains mots du jargon sont moins répandus à l’heure actuelle, ils sont pour certains devenus des mots du langage courant, bien éloignés de leur origine comme nous l’explique Claudine Brécourt-Villars dans son ouvrage Du couvent au bordel. Mots du joli monde. Bref voici quelques mots à connaître pour causer correk’ la prochaine fois que tu traîneras tes miches dans un lupanar.

1. Bizness

Le mot arrive dans la langue des pickpockets comme un anglicisme au XIXème pour qualifier globalement l’activité de la prostitution. Gérer son biz c’est donc gérer son bout de trottoir. Finalement, ça fait sens.

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2. Courtier

Le nom de cette profession a une toute autre origine que son actuelle activité. En effet, le mot viendrait du néerlandais « makelare » qui signifiait « intermédiaire » et qui a donné par extension « maquereau ».

3. Salope

Quelle peut être l’origine de cette sympathique insulte ? A en croire l’ouvrage de Claudine Brécourt-Villars, le mot « salope » serait basé sur les mots « sale » et « hoppe », ce dernier étant lui même un dérivé de la huppe, un oiseau cracra. Finalement, salope n’est qu’un nom d’oiseau. Sympa.

4. Ambulante

En voilà une jolie expression pour désigner celle qui déambule de café en café, de client en client. A ne pas confondre toutefois avec le mot « ambulance », une malencontreuse confusion qui porterait à croire que les ambulances sont des bus de prostituées. Alors qu’en fait non. Mais faut dire que ce serait plus sympa si c’était le cas.

5. Bidochard

Comme on s’en doute le terme désigne d’abord le vendeur de bidoche, et donc naturellement par extension un placeur de prostituées. Un proxo quoi. N’allez pas toutefois traiter votre boucher de salaud de maquereau, parce qu’il ne saisirait pas.

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6. Un cave

Si le cave renvoie plus globalement au type un peu niaiseux, on utilise également ce terme pour parler du client de la prostituée, et donc forcément on parle de la cavette pour parler de sa femme. En revanche le caviste, reste le caviste.

7. Faux-poids

Non un faux poids ne désigne pas un mytho pathétique quand on ment sur son poids. Dans la langue vernaculaire du commerce de fesses, le faux-poids c’est la prostituée qui n’a pas l’âge légal de vendre ses miches, en gros c’est une prostituée mineure. Et c’est pas bien.

8. Une grisette

La grisette n’est pas une vraie de vraie prostituée, mais plutôt une jeune femme de condition modeste, ouvrière au XIXème, étudiante aujourd’hui, qui vend son corps occasionnellement histoire d’arrondir les fins de mois.

9. Une horizontale

Encore une expression parmi tant d’autres pour parler de ces douces filles de joie. L’horizontale détermine plus spécifiquement une femme entretenue comme pas deux, en gros c’est plus une courtisane qu’une racoleuse des bas-quartiers. Il n’empêche que le terme est une jolie métaphore de la coucherie. J’y penserai la prochaine fois que je veux résoudre une équation horizontale avec une personne avec qui je souhaiterai coucher en échange d’argent.

10. Essoreuse

Encore un charmant sobriquet pour parler d’une femme prostituée, souvent quand elle a un âge suffisamment avancé pour ne plus avoir trop d’exigences sur la clientèle. Trop chou.

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Prostituées, je vous aime.

Sources :

Libération : Les prostituées, elles n’ont pas la langue dans leur poche.

Petit glossaire de la prostitution