En France, on estime à 25.000 le nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité. C'est énorme. Sans compter que, sur les 6.000 cas dépistés chaque année, la plupart constituent des détections tardives, pour lesquelles le traitement aura une efficacité moindre. Il faut donc vraiment se faire dépister, et le mieux en cas de doute, c'est d'en parler à un médecin !

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1. "Le SIDA maintenant, on en guérit"

Et non. Même si la trithérapie et les tests de charge virale existent depuis 1996, on ne guérit toujours pas du SIDA. La trithérapie permet de « mieux vivre » avec le virus : aujourd’hui, l’espérance de vie d’une personne traitée est sensiblement la même que celle d’une personne qui n’est pas atteinte par le virus.

Par contre, l’infection par le VIH peut s’éviter : en METTANT DES PRÉSERVATIFS.

2. "La pilule fait partie des moyens de protection contre le SIDA et les IST/MST (Infections sexuellement transmissibles et Maladies Sexuellement transmissibles) comme le préservatif"

Perdu. La pilule est un contraceptif, elle permet donc de ne pas attraper d’enfants (un autre genre de virus), mais ne peut rien contre la transmission du VIH. Seul le préservatif évite la contamination.

Par ailleurs, la ministre de la Santé a annoncé récemment qu’il serait désormais possible de se faire prescrire des préservatifs, ce qui signifie que les capotes seront remboursées par la Sécu.

3. "Deux capotes valent mieux qu'une"

Ben voyons. Et puis une chaussette en laine à l’ancienne, pour plus de précautions, hein. La superposition de préservatifs est néfaste, car le frottement dégrade le latex et donc le rend poreux. Et on évite aussi le lubrifiant artisanal : non, la confiture/margarine/Nutella/autre ne peut pas être utilisé(e), car incompatible avec un préservatif en latex ou en polyuréthane (pour les allergiques au latex). Le seul lubrifiant approprié, c’est le gel vendu en pharmacie ou avec le préservatif.

4. "Les séropositifs(ves) sont super contagieux, il vaut mieux ne pas les approcher"

Le VIH se transmet par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. La charge virale contenue dans les larmes ou la sueur est infime. En clair, il faudrait boire 6 litres de salive de séropositif pour être contaminé. On peut faire des bisous, faire des câlins, avoir des relations sexuelles protégées, jouer au « je t’ai volé ton nez », boire dans son verre sans problème. En revanche, l’ignorance s’attrape beaucoup plus facilement, alors protégez-vous.

5. "On peut avoir des rapports non protégés, c'est pas grave, y'a le TPE maintenant"

Mouais. Sauf que le TPE (Traitement Post Exposition), délivré à l’hôpital ou dans un CGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic) après un rapport à risques, ce n’est pas un traitement de routine anodin. De plus, vous n’avez que 48h suivant la prise de risque pour prendre un TPE. Si l’on vous a délivré un TPE, vous devrez quand même refaire un test 3 mois après le rapport à risques pour avoir votre état sérologique au moment de l’exposition. Donc mieux vaut un préservatif qu’un TPE !

6. "Le SIDA c'est que pour les tox et les pédés"

Non, ça n’est pas une maladie qui concerne uniquement les hommes gays. A l’échelle mondiale, les femmes représentent même la moitié de toutes les infections au VIH. De plus, la communauté LGBT (Lesbienne Gay Bi Trans), ayant été la première touchée par l’épidémie, a été la première à se protéger et à faire de la prévention. Et comme il est rarement possible de connaître le passif sérologique d’une personne qui a pu coucher avec une personne qui avait couché avec une personne qui ne s’était pas protégée, pas besoin d’être toxicomane pour être exposé. Il n’y a pas de « population à risque », il n’y a que des « pratiques à risques ».

7. "La fidélité protège du SIDA"

Non, pas plus que la virginité, l’abstinence ou la prière, car les rapports sexuels ne sont malheureusement pas les seuls moyens de transmission : transfusion sanguine, lait maternel, partage de matériel d’injection en cas d’usage de drogue… On peut naître séropositif(ve)… il faut donc faire un test (c’est gratuit et anonyme) et arrêter d’écouter ceux qui affirment que le préservatif c’est le diable.

La seule manière d’en finir avec le SIDA définitivement, c’est d’amplifier le dépistage.

8. "Les mères séropositives transmettent forcément le SIDA à leurs enfants"

Non plus. Les risques infectieux augmentent lors de l’accouchement, à cause de la quantité de sang et de la porosité des muqueuses, mais une femme sous trithérapie durant la grossesse pourra mettre au monde des enfants séronégatifs. En revanche, le lait maternel peut être un moyen de transmission de la maladie. C’est notamment l’un des enjeux majeurs en Afrique, où l’eau étant souvent rare ou très polluée, les mères préfèrent allaiter leurs bébés plutôt que de leur donner du lait en poudre.

9. "Le SIDA se transmet par les moustiques et les WC publics"

Et que dire des moustiques qui utilisent les toilettes publiques ? Les moustiques sont certes des saloperies démoniaques qui peuvent transmettre par leur salive des virus tels que le chikungunya ou la dengue, mais pas le VIH. Et l’on n’attrape pas plus le SIDA dans des wawas à l’hygiène douteuse, même si on lèche compulsivement la cuvette pendant des heures (là c’est une autre pathologie, plutôt d’ordre psychiatrique). A la rigueur on peut attraper des infections. Mais pas le SIDA.

10. "Le SIDA viendrait de la fornication d'humains avec des singes"

Singes eux-mêmes envoyés par les Illuminati en cheville avec les communisto-reptiliens à la solde du Grand Complot Mondial Maçonnico-Apocalyptique. Alors on ne sait pas bien comment une bande de paranoïaques portés sur la zoophilie a pu propager une telle rumeur, mais rassurez-vous (surtout si vous aviez l’intention de vous taper un singe) : le SIDA n’est pas apparu comme ça.

Il existe d’autres alternatives, pour plus d’informations consultez https://www.sida-info-service.org/

Pour finir, ajoutons qu'on ne meurt pas du SIDA en lui-même, on meurt d'une maladie (souvent de type pneumonie ou tuberculose) du fait de la destruction du système immunitaire par le VIH. Mais on meurt quand même, moins qu'avant, certes, mais quand même. Et plus on est dépisté tôt, moins on prend de risque. En cas de doute, le mieux, c'est d'en parler à un médecin !