Le sida, c’est simple, tout le monde connaît. Mal, certes, mais tout le monde voit de quoi on parle. Si on compte encore 36,7 millions de porteurs du VIH dans le monde, le pourcentage de décès a baissé de 54 % depuis 2004. Cela s’explique entre autre grâce à la prévention et aux thérapies antirétrovirales.

Or, depuis 2016 en France on trouve un nouveau traitement préventif ultra efficace : la PrEp (Prophylaxie Pré-Exposition, pour les intimes) qui existe même sous forme générique depuis 2017. Un médicament servant à se protéger de contamination du VIH durant la période souhaitée. Un truc plutôt vachement gravement super trop méga pratique parce qu’il suffit de suivre ce traitement (correctement) pour ne plus se taper des sueurs froides en cas de rapports à risque. On vous explique tout.

1. C'est remboursé à 100 % par l'assurance maladie

Et ce depuis janvier 2016. A ce jour, plus de 10 000 personnes ont déjà pris la PrEp. C’est bien mais c’est encore trop peu pour qu’il y ait un réel un impact sur le nombre de malades atteints du sida. Evidemment, on peut aussi voir le verre à moitié plein, et espérer surtout que ces chiffres grossissent et que la PrEp devienne un réflexe (je parle pas de l’appareil photo). Promis c’est pas plus compliqué que de prendre une pilule contraceptive.

2. C'est pour TOUT LE MONDE (juste deux conditions : être séronégatif et majeur)

Dans les faits, la PrEp est surtout prise par les populations dites « à risques » c’est à dire les personnes qui ont des relations sexuelles anales, ou les travailleurs et travailleuses du sexe ; toutefois le traitement est ouvert à tout le monde du moment que l’on se sait potentiellement exposé à un risque.

3. Il y a plusieurs modes d'administration

Soit en prenant une pilule par jour au quotidien, c’est ce qu’on appelle la prise continue. Tu es alors protégé.e au bout d’une semaine de traitement et tu peux ensuite faire durer ce traitement aussi longtemps que tu le souhaites.

Deuxième possibilité : la prise discontinue. Dans ce cas tu prendras une pilule avant (entre 24 et 2 heures avant le rapport sexuel) et une après un rapport sexuel à risque (24 heures après) et encore une autre 48 heures après la première pilule (ça va, vous suivez le concept ?). Toutefois, on recommande plutôt le premier mode d’administration pour les femmes ou globalement les personnes qui ont un vagin parce que les muqueuses mettent plus de temps à assimiler le médicament qui sera donc moins efficace (voire pas du tout) lors d’une prise ponctuelle.

4. C'est vraiment efficace quand on respecte bien comme il faut la posologie

Rapport au point précédent. C’est pas compliqué. Une fois que tu choisis un des modes d’administration tu t’y colles ! Et ça marche très bien, le nombre de malades a baissé de 7 % entre 2017 et 2018 ce qui est déjà très encourageant.

5. La PrEp s'accompagne de dépistages réguliers pour les autres IST

Eh oui, il ne s’agit pas d’oublier les autres. De toute façon si la PrEp est gratuite elle est délivrée par un médecin et s’accompagne d’un suivi médical régulier donc cela ne t’empêche évidemment pas de te protéger. Le concept c’est avant tout de multiplier les préventions pour limiter les risques, et donc avec la PrEp et la capote, on s’en sort déjà plutôt pas trop mal même si concrètement les personnes qui ont le plus besoin de prendre la PrEp sont justement celles qui ne mettent pas systématiquement de capotes.

6. C'est accessible sur prescription médicale

Oui pour le moment c’est pas encore en vente libre à la caisse du supermarché (too bad). Mais techniquement les seules contre-indications qui t’empêcheraient d’obtenir ce produit sont : être déjà séropositif, présenter des symptômes proches de l’infection par le VIH, allaiter… Bref c’est pour ces raisons que le passage chez un médecin est obligatoire histoire de faire un petit bilan avant de se lancer dans la grande aventure de la PrEp.

7. Il est inutile de prendre la PrEp quand tu viens d'avoir des rapports à risques sans protection

On le dit et on le redit, la PrEp est un traitement pré-ven-tif. Et qu’est-ce qu’il y a dans le mot « préventif » ? Oui il y a « tif ». Oui il y a « vent ». Mais il y a surtout « pré » et ça n’a rien à voir avec les prés où les vaches vont brouter. La PrEp doit être prise en amont ( Benoît ?) et non en traitement d’urgence. Donc si tu as eu un rapport à risque, tu files aux urgences (dans les 4 à 48 heures) après le rapport afin d’obtenir un TPE. Non ce ne sont pas les Travaux Personnels Encadrés qu’on fait au lycée mais un traitement post-exposition qui va tenter de réduire grandement les risques de contamination.

8. Il n'y a que très rarement des cas d'effets secondaires

Comme pour tout, il peut y avoir des effets secondaires mais c’est pas systématique. Les effets les plus connus sont des diarrhées et des vomissements mais ils ne durent pas, et s’ils étaient amenés à durer, l’arrêt du traitement met aussi rapidement fin à ces effets. Bref, comme d’hab’ faut en causer au médecin.

Passion antirétroviraux.

Sources: Prep Info, le groupe Facebook PrEp’Dial, Sexy Soucis

Et tu peux retrouver toutes les infos princiaples résumée dans cette vidéo :