KubrickForLook
Crédits photo (creative commons) : Stanley Kubrick

Un génie en avance sur son temps, ou un bel escroc ? Les plus grands réalisateurs (Martin Scorsese, Steven Spielberg, Woody Allen...) ne cessent de dire que Kubrick était et reste l'un des cinéastes les plus influents du XXème siècle, voire de tous les temps, et ils n'ont pas certainement pas tort. Mais l'image entretenue par l'homme met quand même le doute sur ses capacités réelles : peu bavard, tyrannique sur ses tournages, obsédé par le détail, Kubrick se donne l'air d'un artiste torturé pour rendre impossible toute critique négative sur son œuvre. Et pourtant, il y a de quoi :

  1. Un film de Kubrick c'est comme regarder un porno pas très sain avec avec moins de scènes de cul
    Mais dans l'esprit, c'est ça : Inceste et pédophilie (Lolita), Orgie (Eyes Wide Shut), Viol (Orange mécanique), Gay (Barry Lyndon), Asian babes (Full Metal Jacket), du sexe bizarre avant-gardiste (Docteur Folamour).
  2. La grande majorité de ses longs métrages sont des adaptations de romans
    Et ça gâche le plaisir de lire les livres par la suite. Comment lire Orange Mécanique d'Anthony Burgess sans visualiser l'esthétique du film? Qui a lu Red Alert de Peter Bryant ou les nouvelles d'Arthur C. Clarke ? Kubrick tue l'imagination du lecteur en nous imposant la sienne.
  3. Il pique des idées à tout le monde
    Bon... ça, il n'y a que Godard qui le voit, et qui pense que Kubrick "a débuté dans le tape-à-l'œil en copiant froidement les travellings d'Ophüls et la violence d'Aldrich" ... Pointu le Jean-Luc... Mais le monolithe de 2001 aurait été largement inspiré d'une toile de Georges Yatridès et Full Metal Jacket ressemblerait salement à une série de films japonais, La Condition de l'homme, sortis entre 1959 et 1961 (en plus d'être l'adaptation d'un bouquin que personne n'a lu, encore un...).
  4. Sans musique, Kubrick n'est rien
    2001 est épique ? Oui, comme l'œuvre de Richard Strauss. Quelle est la plus-value de Kubrick pour Orange Mécanique ? La lecture de Walter Carlos de Beethoven au Moog que le musicien (devenu "musicienne", mais ça, c'est autre chose...) faisait depuis plusieurs années déjà. Kubrick avait donc pour talent d'avoir de bons vinyles chez lui. Comme Daft Punk, en fait.
  5. C'est le Laurent Voulzy du cinéma
    50 ans de carrière et seulement 13 films ! Ok pour privilégier la qualité à la quantité mais c'est à se demander si Kubrick n'est pas une grosse feignasse. "Un autre film ? L'an prochain peut-être, je dois tailler ma barbe cette année".
  6. Il n'a pas fini Napoléon
    Pas le temps apparemment... En tout cas, s'il avait été au bout de ce projet pharaonique, peut-être qu'Antoine de Caunes n'aurait pas osé faire Monsieur N. Tu vois, Stanley, avec tes conneries ?
  7. Des goûts douteux en matière de cinéma
    En recoupant ses interviews et celles de ses proches, il apparait que Les blancs ne savent pas sauter figure parmi ses films préférés. Oui, on parle bien du film avec Wesley Snipes et Woody Harrelson sur deux types qui font du basket de rue. Ok, Stan, comme tu veux...
  8. Il a tapé dans tous les genres
    Et ça, c'est quand même symptomatique d'un TRÈS GROS melon. Le film de guerre ? Je sais faire. le péplum ? A l'aise. La SF ? Tranquille. Et vous serez gentils de considérer tous ces coups d'essai comme des Classiques. S'il avait été moins lent, Kubrick aurait certainement été chez son libraire pour trouver d'autres trucs à adapter. "Vous auriez un petit roman de Western ? ou un livre de cuisine ? J'ai plus d'idées..."
  9. On ne sait jamais réellement qui sont les gentils et qui sont les méchants
    On va au cinéma pour se détendre, pour avoir de la compassion pour des personnages d'une bonté caricaturale et de la haine pour des méchants diaboliques. Avec Kubrick, on ne sait jamais vraiment que penser des personnages. Alex est-il bourreau ou victime dans Orange Mécanique ? Comment Johnny Clay, truand au coeur tendre de l'Ultime Razzia peut-il se montrer aussi brutal ? Bill, dans Eyes Wide Shut est-il curieux ou un peu taré ? Si on doit passer des plombes à se poser des questions, on va continuer à regarder des Police Academy.
  10. Tout le monde aime Kubrick. Et ça, c'est chiant.
    Il est bon, mais ça devient fatiguant de toujours revenir à Kubrick à chaque fois qu'il y a une discussion sur le cinéma.
    "Alors t'as aimé Oblivion ? – Non j'ai mille fois préféré Tom Cruise dans Eyes Wide Shut !"
    "Alors à quand notre prochain marathon Star Wars ? – Pas avant qu'on ait vu 2001, l'odyssée de l'espace !"
    Ok, vous connaissez le vieux Stan on a compris...

Et vous, vous avez aimé Eyes Wide Shut ? Nous non plus.