Les insultes, c’est une fierté nationale dans la langue française. Les insultes racistes, ça l’est moins. Pourtant on a un paquet d’injures qui font hérisser le poil quand on les entend vociférées et qui d’ailleurs sont punies par la loi ce qu’il ne faut pas hésiter à rappeler. Ce qui est drôle, enfin drôle… disons paradoxal, c’est que la plupart de ces termes racistes n’ont rien de raciste à l’origine mais ont été récupérés historiquement par les colons puis par les groupes extrémistes de droite. Like si pour toi, le racisme c’est vraiment pas cool.

1. Bougnoule

Provenant de la langue wollof parlée en Afrique de l’Ouest, le mot « bougnoule » vient de « ñuul » qui veut dire « noir » et « wu ». « Wu ñuul » signifie donc « ce qui est noir ». La connotation raciste est née de la francisation du terme wollof par les colons pour désigner les indigènes. Puis par la suite « bougnoule » s’est appliqué aux immigrés provenant du Maghreb ce qui d’un point de vue linguistique est un non-sens total. C’est bizarre parce que les utilisateurs d’injures racistes m’avaient pourtant l’air assez élevés intellectuellement.

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2. Niakoué

Comme disait mon beau-frère quelques jours avant que je ne m’aventure en vacances à Shanghai « Alors comme ça, tu vas bouffer du riz chez les niakoués ? ». Ce qui fut l’occasion pour moi de lui répondre de ma voix la plus douce et de mon sourire le plus enchanteur « Cher Jean-Jacques, vous vous méprenez ! Le terme niakoué d’une part est d’origine vietnamienne et ne peut naturellement pas s’appliquer aux ressortissants asiatiques non-vietnamiens. Par ailleurs, « niakoué » vient de l’expression « Nhà (= maison) + quê » (= campagne) ». Si le terme est péjoratif pour les vietnamiens (à cause d’un rejet des classes pauvres très présent dans la culture vietnamienne) il est surtout devenu une insulte pour désigner toute personne vraisemblablement asiatique. » Parce qu’on fé pa tro la différense entre tout c jaki chan.

3. Youpin

Terme antisémite par excellence, le mot « youpin » est pourtant composé de l’hébreu « yehudi » signifiant « juif » auquel on a ajouté le suffixe -pin. Malgré tout, il va sans dire que le mot a pris historiquement une signification indubitablement antisémite, n’allez donc pas vous amuser à le clamer l’air de rien sous prétexte que finalement ça veut juste dire juif.

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4. Babtou

Les blancs aussi ne sont pas épargnés par le racisme. Même si le mot « babtou » est moins péjoratif que la longue liste de mots xénophobes pour désigner n’importe quel étranger, cela va sans dire. En fait, « babtou » est tout bêtement le ver-lan de « toubab » qui veut dire « blanc » en wollof. C’est pour ça que si un jour tu traînes ta graisse au Sénégal, tu entendras tout les enfants te montrer du doigt en disant « toubab ». Les bââââââââââââtards quoi.

5. Métèque

Si le mot est aujourd’hui clairement xénophobe, il n’en est rien à l’origine. En effet, les métèques de la Grèce antique désignaient tout simplement ceux qui vivaient en dehors de la cité. C’est seulement au XIXème siècle que les nationalistes se sont réappropriés le terme pour parler des étrangers de manière injurieuse.

6. Bicot

Cette insulte est destinée en particulier aux arabes suite à la guerre d’Algérie. Eh oui, ces petits chanceux ont leur propre nickname raciste, et ça c’est vraiment cool. « Bicot » vient de deux choses. C’est d’abord la réduction du mot argotique « arbicot » pour dire « petit arabe » (ce qui était déjà pas top sur le plan de l’intégration humaniste). Mais le bicot à la base, ça désigne surtout une biquette. Une insulte plutôt sympa donc, surtout si on aime le fromage de chèvre.

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7. Boche

« Encore un que les boches n’auront pas ! » comme disait ma grand-mère raciste. L’insulte un peu vieillote pour désigner les soldats allemands dans le jargon militaire vient encore une fois de l’argot « alboche » construit sur le préfixe « al- » pour Allemand et « boche » pour la caboche. En effet, le mot alboche étaient censé souligner le côté tête dure des germaniques.

8. Mulâtre

C’est ainsi qu’on désignait notamment Alexandre Dumas (oui parce qu’en fait il est pas tout blanc comme Gérard Depardieu dans le film L’autre Dumas, censé lui rendre hommage). Faut dire qu’à l’époque on parlait pas trop de « métissage ». Le mulâtre est un hybride entre l’âne (= tout pourri) et le cheval (= gloire raciale). Bon faut, dire qu’aujourd’hui plus personne n’utilise ce mot, pas seulement parce qu’il est raciste, mais surtout parce qu’il est vieilli.

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ALERTE. Ce top n’est pas une incitation à utiliser toutes ces super insultes trop cool sous prétexte que finalement elles sont pas si racistes que ça si on réfléchit bien. Les racistes ont fait un assez bon boulot pour qu’on ne puisse définitivement plus utiliser aucun de ces termes. Déjà qu’on aimait pas beaucoup les racistes avant, mais là on les aime vraiment plus du tout.

Source : Karambolage

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