Certains métiers, à l’heure de leur disparition, laissent dans les coeurs de ceux qui les ont exercé une épine en forme de regrets. C’est la mémoire collective qui s’étiole en même temps qu’un pan de mémoire individuelle ; c’est le patrimoine immatériel qu’on n’aura pas eu le temps de faire protéger par l’UNESCO.

La disparition d’autres métiers donne, elle, lieu à des bamboches du feu de dieu, tellement qu’ils étaient nazebroques.

1. Goûteur pour les rois

Le principe des goûteurs était d’éviter aux rois de se faire empoisonner puisque tout ce qui allait dans leur bouche passait avant par celle de leur goûteur ; sauf que, les rois étant des cibles naturelles assez facilement identifiées par leurs éventuels ennemis, les goûteurs n’avaient pas qu’une portée dissuasive : souvent, ils mouraient.

Crédits photo (creative commons) : Jan David Col (1822-1900)

2. Mec qui ramait dans une galère

C’était sympa le côté « tous ensemble dans la galère ». Le côté « tous esclaves », moins. D’ailleurs, les galères ont disparu, mais le mot est resté ; preuve du traumatisme.

3. Tondeur de draps

Les mecs s’emmerdaient à lisser les draps pour les rendre unis, en utilisant des ciseaux qui pesaient 18 kilos. Oui c’étaient de gros ciseaux. Pas pratiques pour se faire les ongles, en tous les cas.

Tout ça a finalement continué jusqu’au moment où on a inventé des machines et personne ne s’est plaint.

Crédits photo (creative commons) : Public domain

4. Bouffon du roi

Sous François Premier, on avait même créé une école qui te délivrait un DEA de fou. Jusqu’à ce qu’on arrête les frais sous Louis XIII, parce que les cabrioles à longueur de journée, ça fatiguait tout le monde à la Cour.

5. Hercheur

Dans les mines, le hercheur faisait circuler les wagons remplis de minerais et qui pesaient trois tonnes. Du coup, pour faire ce boulot relou, on envoyait souvent les enfants. Ca aura quand même duré du début de la révolution industrielle au milieu du XIX° siècle, cette histoire.

Crédits photo (creative commons) : Lewis Wickes Hine (1874-1940)

6. Repêcheur d'animaux morts

Comme son nom l’indique, le repêcheur d’animaux morts parcourait les cours d’eau pour y repêcher des animaux morts. Bonjour les maladies. Même s’il lui était interdit de prendre les cadavres humains en charge, au cas où l’envie lui en serait venue, c’était précisé dans les textes.

7. Médecin de peste

Les mecs étaient pas nécessairement des médecins de ouf du tout. C’était surtout des médecins de second rang qu’on envoyait au casse-pipe avec leur déguisement d’oiseau. Je ne sais pas ce qui était le pire entre la peste et les médecins de peste. Mouchoir de poche (sur la bouche).

Crédits photo (creative commons) : I. Columbina, ad vivum delineavit. Paulus Fürst Excud〈i〉t.

8. Montreur d'ours

Le métier n’en est plus un, mais il se pratique occasionnellement lors d’une balade dans les forêts canadiennes, quand quelqu’un fait « Oh tiens ! Un ours ! » et le montre avant de mourir. Les montreurs d’ours passaient leur temps dans les foires à faire faire des tours à un ours et à risquer leur vie. Leur loge puait et leur métier ne faisait rêver personne. En plus, les ours ne leur adressaient pas plus la parole que l’homme canon ou le clown blanc. Bref, avec la fin des foires itinérantes et la disparition progressive des ours, les montreurs ont mis leurs mains dans leurs poches.

9. Crieur des morts

Avant la rubrique nécro et donc avant twitter. Un type passait dans la rue pour informer tout le monde que Patrick et Jean-tiret-du-6-Eudes étaient décédés dans la nuit. Les gens faisaient semblant d’avoir l’air triste. Le crieur avait mal à la gorge, envie de mâcher un mentos, et passait son temps à annoncer des mauvaises nouvelles, surtout aux créanciers de Jean-tiret-du-6-Eudes et Patrick.

Crédits photo (creative commons) : Public domain

10. Geindre

Le mec se levait aux aurores pour pétrir la pâte du boulanger. Genre la sous-merde du type déjà pas en grande forme. Il devait se faire traiter comme une merde et avoir des maxi courbatures aux avant-bras, ce qui entraînait ses plaintes incessantes. Puis la machine est arrivée et le geindre a arrêté de geindre.

Fin du travail, vie magique.

Source : Un petit site qui s’appelle Wikipédia