Je n’ai peut-être pas d’enfant mais figurez-vous que jusqu’à preuve du contraire j’ai des parents, et j’ai de ce fait hérité d’une éducation somme toute assez banale comme tous mes confrères et consœurs qui naissent depuis la nuit des temps. A ceci près peut-être que chez moi les gros mots étaient prononcés sans la moindre retenue, et bordel je peux vous dire que j’en avais rien à foutre et que ça n’a pas du tout influé sur mon putain de langage. Toujours est-il que les gros mots, c’est rigolo, c’est fleuri, ça fait partie du vocabulaire ! Alors oui, je milite pour que nous éructions des gros mots même devant des enfants, SURTOUT devant des enfants, les siens et ceux des autres.

PS : par souci de politesse, j’ai mis des étoiles juste à côté des gros mots de ce top et non à l’intérieur des mots pour ne pas vous en perturber la lecture.

1. Ils entendront de toute façon des gros mots partout ailleurs alors autant leur expliquer le sens et l'usage de ces *putains* de dialectes à la *con*

Certes les parents sont des référents d’éducation pour un enfant au même titre que les maîtres et maîtresses d’école qu’on imaginerait mal saluer leurs élèves avec un « salut ma *couille* » ou « ça va p’tite *merde* ? » (ou alors ce serait maintenant tel un secret d’instit). Toutefois, l’enfant sera confronté partout ailleurs à des gros mots. Pas tous de la même intensité j’en conviens, on ne peut pas mettre « *merde* » et « *enculé* de sa race » sur le même plan. Il n’empêche que les gros mots sont là, que certains ne manquent pas de poésie et qu’ils sont tous le reflet de notre verve linguistique. Alors le plus simple est encore de s’exprimer naturellement devant un enfant quand bien même cela inclurait quelques « *putain* » et autre « fait *chier* » plutôt que de fausser sa manière de parler en se frustrant et en transformant des « *merde* » en « mercredi » ce qui n’a strictement aucun sens.

2. Personne sur terre n'a jamais dit à l'âge adulte "mer.....credi"

C’est vraiment se foutre de la gueule* du monde que de croire que l’enfant conservera son langage châtié jusqu’à l’âge adulte. Il est donc idiot de faire croire à un enfant qu’on ne dit pas des gros mots quand on est adulte. Le tout c’est de lui expliquer que ces mots-là sont un peu la catégorie « interdit aux -16 ans » du cinéma et de la même façon que ton enfant ne paye pas d’impôts ou ne fume pas de clope, il est tout à fait apte à comprendre que les gros mots ne font pas partie de son champ d’expression pour le moment. Il suffit de lui expliquer et de lui rappeler que tu ne t’exprimes pas de la même façon que lui bordel* de *merde* *chier* *cul*, c’est compris ?

3. C'est pas parce qu'ils t'entendent dire "*putain* de la *con* de ses morts" qu'ils vont le répéter

Et quand bien même ils le feraient, c’est quand même super drôle d’entendre un enfant dire « *putain* du *cul* » sans comprendre de quoi il cause, le *bouffon*. Et rien ne t’empêche de rectifier ensuite le tir en lui expliquant bien que ce sont des mots « interdits » à prononcer pour le moment mais que dès qu’il sera adulte il pourra s’en donner à cœur joie sur la *putain* de sa race la daronne des chiens.

4. C'est le meilleur moyen d'encadrer leur apprentissage de la grossièreté *putain* de sa race

Dire des gros mots c’est pas si grave. En revanche si ton enfant commence à apprendre des mots comme « *pédé* » ou « *pute* » et qu’il les utilise de manière dégradante sans comprendre même leur sens ça pose problème. C’est pourquoi je vous livre ici un conseil d’éducation dont j’ai pu moi-même bénéficier durant l’enfance : réserver un créneau de gros-mots par semaine. Pendant 15 minutes ton enfant a le droit de dire tous les gros mots qu’il connait non-stop. Tout d’abord, tu fais vite le constat qu’il n’en connait pas tant que ça, et ensuite tu peux lui expliquer quel mot veut dire quoi histoire qu’il soit poli mais appréhende le « *putain* » à bon escient.

5. De toute façon les personnes détentrices d'un langage fleuri sont vachement plus intelligentes selon la science alors *niquez*-vous

C’est pas moi qui le dis c’est la science qu’est-ce que vous voulez que j’vous dise ? Les chercheurs pensent que dire des gros mots est un signe d’intelligence. Alors cassez pas les *burnes* *putain* de *merdasse*.

6. C'est une manière saine d'extérioriser, *merde* de *con*

S’ils ne jurent pas ils vont garder en-dedans, se mettre à tuer des petits mammifères et ensuite qui sait finir dans un des meilleurs épisodes de Faites Entrer l’Accusé à leur nom. Bref vous l’aurez compris à ce stade du top, dire des gros mots devant les enfants et les laisser en dire leur permet aussi de s’exprimer avec plus de franchise et de spontanéité.

7. Les mots n'ont rien de nocif en tant que tel, *chiasse* de *chiasse*

On s’énerve beaucoup sur la grossièreté des gros mots mais il peut y avoir beaucoup plus de grossièretés contenues dans un langage châtié.

8. Il vaut mieux que ce soit eux qui apprennent les insultes aux autres à l'école que l'inverse

Tout cela s’inscrit encore une fois dans une stratégie de contrôle de la langue EH OUI. Plus on apprend tôt les gros mots, plus on en maîtrise le sens, plus on passe pour une personne cool à l’école. Bon en revanche, si tes enfants peuvent éviter d’utiliser les gros mots en guise d’insultes que ce soit pour parler des profs ou pour qualifier leurs petits camarades ce serait top. Il serait trop triste de gâcher l’existence des gros mots pour les en réduire à de misérables noms d’oiseau.

9. Si tu leur donnes dès le début une liste exhaustive, ils ne te foutront plus la teu-hon en public avec des questions de type "Maman, ça veut dire quoi "va *enculer* tes morts" ?"

De beaux malaises évités en perspective qui peuvent donner de nombreuses situations gênantes au supermarché.

10. Les jeunes parents qui ne veulent pas que tu prononces des gros mots devant leurs enfants sont carrément *putain* de pète-*couille*

OK l’éducation appartient à chacun et personne n’est en mesure de remettre en question l’éducation des autres tant qu’elle ne fait pas de mal à l’enfant. Mais bon… quand tu te retrouves avec des enfant et leurs parents et qu’ils tombent en syncope chaque fois que tu dis « *putain* » c’est un tout petit peu agaçant.

11. Tes enfants ne te reprendront plus chaque fois que tu dis "*putain*" avec un "Haaaaaannn papa il a dit un gros mot" qui te fait passer pour un parent indigne

Et qui fait passer ton enfant pour un moralisateur de première. L’enfer absolu.

12. Ce sera l'occasion de voir si ton enfant est toujours aussi mignon quand il dit aux autres d'aller se faire *foutre*

Et oui, visiblement il l’est, toujours mignon. Non seulement mignon, mais mature, tu peux désormais arrêter de le traiter comme un bébé. Même s’il n’a que 4 ans en l’occurrence.

Au pire, si tu n’assumes pas de dire des gros mots devant ton enfant, fais-lui des cadeaux pour enfants de manière à acheter son silence.