Voilà, vous avez bien étudié la question, décortiqué tous les statuts, et ce qu’il vous faut, c’est devenir auto-entrepreneur (ou plutôt micro-entrepreneur, comme on dit maintenant). Parfait, il n’y a plus qu’à se lancer. Sauf que tout ça peut paraître un peu compliqué, surtout quand on est allergique à tout ce qui est administratif. Pour vous faciliter la vie, on va vous donner la marche à suivre avec nos petits conseils, histoire que vous soyez un peu moins paumés. C’est parti pour la grande aventure.

Avant de se lancer

1. Bien vérifier que le statut d'auto-entrepreneur est fait pour vous

L’auto-entreprise est une version simplifiée de la création de société. Ici, vous avez moins de démarches à effectuer et vous ne payez de charges QUE si vous réalisez du chiffre d’affaire. Mais, en contrepartie, il y a des limites de chiffre d’affaire que vous ne pouvez pas dépasser. Si vous faites de la vente de marchandise, vous devez faire moins de 170.000 euros de CA par an, et si vous vendez des services, la limite sera de 70.000 euros. Pendant les premières années, si vous dépassez légèrement ces montants, il y a moyen de s’arranger, mais faites quand même attention parce que devoir changer le statut de son entreprise c’est pas une partie de plaisir. L’auto-entreprise est donc adaptée pour certains projets, et inadaptée pour d’autres. Pour bien comprendre le statut, vous pouvez consulter cette page du site de l’auto-entrepreneur.

2. Vérifier aussi que votre auto-entreprise soit compatible avec votre boulot si vous êtes employés

L’auto-entrepreneuriat n’est pas incompatible avec le salariat, mais il faut quand même faire attention à ne pas devenir un concurrent de votre employeur. Il est interdit par la loi de se positionner sur le même marché, c’est de la concurrence déloyale. En plus de ça, il faut avoir l’aval de son employeur si on est à temps complet, et au moins prévenir son employeur de son activité quand on est à temps partiel. Et bien sûr, on ne bosse pas sur son auto-entreprise pendant ses heures de travail salarié, ça va de soi.

Pour créer son statut

3. Faire une déclaration de début d'activité en ligne

Pour la partie inscription, le conseil est plutôt simple : il faut se créer un compte directement sur Guichet-entreprises ou sur le site de l’Urssaf. Il suffit de suivre les instructions et de bien remplir les champs demandés. Attention, ça paraît con de le préciser, mais vous devez déjà savoir dans quel domaine se fera votre activité pour vous inscrire. Donc décidez, avant de vous inscrire, si vous allez vendre des chaises en polystyrène ou des séances de yoga nu.

4. Recevoir son numéro de SIREN

Sous quelques jours, l’INSEE vous enverra votre numéro de SIREN (Système d’Identification du Répertoire des ENtreprises). C’est un peu le code d’identité de votre entreprise. Celui dont vous aurez besoin pour toute la paperasse. Si vous voulez commencer à travailler sans, informez vos interlocuteurs que votre numéro de SIREN est en attente d’attribution.

Ce à quoi il faut penser à côté

5. Selon l'activité, éventuellement souscrire une assurance

Si vous êtes auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur, c’est la même chose maintenant), vous ne faites qu’un avec votre entreprise. On dit que votre responsabilité personnelle est engagée. Ça veut dire que si vous avez un litige, par exemple, et que vous devez de l’argent, c’est votre argent et vos biens à vous qui seront en jeu. Pas comme quand vous êtes salarié. Une assurance vous évitera de vous retrouver à la rue si vous vous lancez dans certaines activités avec de gros sous en jeu. Donc réfléchissez bien aux risques et faites le tour des assureurs pour voir ce qu’ils proposent.

6. Ouvrez un compte bancaire dédié à votre activité

Si vous faites plus de 5000 euros de chiffre d’affaire annuel, alors vous devez ouvrir un compte séparé de votre compte personnel. De toute manière c’est bien plus simple comme ça. Demandez conseil à votre banquier pour le type de compte à ouvrir (un compte courant peut parfaitement faire l’affaire) ou consultez notre top des meilleures banques pro.

7. Faire ses factures

Si vous avez votre entreprise, alors vous aurez des clients. Et les clients, quand ils sont professionnels, il faut leur faire des factures pour qu’ils vous paient. Jusque là, c’est quand même super logique. Sauf que les factures, on sait pas toujours comment les faire. Il faut déjà connaître les mentions qui doivent obligatoirement y figurer (vous pouvez les trouver ici). Et si vous voulez plus d’aide, il existe des solutions qui vous aident à faire vos factures, comme Myae.fr ou Abelie.

8. Tenir un livre des recettes

Il faut obligatoirement mettre à jour ce document qui tient compte de toutes les recettes (bah oui, forcément), autrement dit tout ce qui a été encaissé par l’entreprise. Sur un tableau excel, ou même dans un livre papier, vous devez indiquer les éléments suivants : la date de l’encaissement, le numéro de la facture, le nom du client, la nature de la vente, son montant, et le mode de règlement (CB, chèque, espèce…) Vous pouvez aussi trouver des logiciels de compatibilité qui vous aideront à faire tout ça.

9. Tenir un registre des achats

Exactement comme pour l’argent qui rentre, il faut tenir un registre pour l’argent qui sort. On y fait figurer la date de l’achat, le numéro de la facture, le nom du fournisseur, la nature de la vente, son montant, et le mode de règlement (CB, chèque, espèce). C’est pas bien compliqué, mais il faut juste le faire rigoureusement. Et on n’oublie pas de bien conserver ses factures pour tout justifier le jour où on vous le demandera.

10. Déclarer son chiffre d'affaire

Vous devez déclarer votre chiffre d’affaire pour payer vos cotisations. Si vous oubliez de le faire, vous devez payer une pénalité d’environ 50 euros et des frais supplémentaires sont ajoutés. Même si vous avez fait une année vide sans aucune recette. Donc on déclare toujours. Ça se fait sur le site de l’Urssaf où vous avez de toute façon déjà créé un compte. Il y a même une appli faite exprès pour ça sur Android et iOS.

11. Attention aux arnaques

Dès que vous montez votre entreprise, des petits malins récupèrent vos coordonnées pour vous mettre sur des mailing lists frauduleuses. Ce qui va se passer, c’est que vous recevrez des mails ou des courriers vous demandant de régler certaines sommes alors que vous ne devez rien du tout. Si vous avez des doutes, appelez toujours des institutions officielles, comme l’Urssaf, qui sauront vous conseiller.

Les aides

12. ACCRE, NACRE et ARCE

Peut-être que vous croyez qu’on a tapé au hasard sur le clavier, mais pas du tout. Ces trois acronymes désignent des aides que vous pouvez recevoir pour créer ou reprendre une entreprise si vous répondez à certains critères, comme être jeune ou au chômage. Parce que oui, on peut être auto-entrepreneur et continuer à percevoir l’allocation chômage. On va pas détailler toutes les aides ici, mais n’hésitez pas à vous renseigner parce qu’elles peuvent fournir des gros coups de pouce, comme dispenser de payer des cotisations. Un lien plutôt bien fourni ici pour mieux comprendre les différentes aides.

Bonus

13. Ne pas hésiter à demander de l'aide

Il y a forcément, dans votre entourage, quelqu’un qui touche sa bille en compta. Contre une boîte de chocolat ou une bonne bouteille, il sera bien content de vous donner des bons conseils pour démarrer. Parce que si pour vous tout ça semble compliqué, pour lui c’est peut-être très simple.

Sinon vous pouvez vous tourner vers des groupes Facebook comme Entraide Auto/Micro-entrepreneurs qui compte pas mal de membres prêts à donner de bons conseils.

Et bon courage pour répondre aux petites questions que tout le monde vous posera, surtout.