En 2050, il faudra nourrir environ 10 milliards de personnes, ce qui fait que le vieil adage selon lequel la planète produit suffisamment de nourriture pour tout le monde mais que celle-ci est mal distribuée ne vaudra plus un clou. Alors que, dans les pays industrialisés depuis plus d’un siècle, l’alimentation responsable commence à se développer via les circuits courts et une diminution générale de la consommation de viande, on assiste à un effet totalement inverse dans les pays émergents. Bref, tout ce laïus vu et revu pour dire qu’on va pas pouvoir continuer à se gaver d’entrecôte aux hormones et de maïs transgénique ad vitam.

1. De la viande rouge (réelle)

De fait, la consommation de viande rouge est un gros problème : l’élevage des bœufs est très coûteux pour l’environnement, la surconsommation entraîne des maladies cardiovasculaires et des cancers ; à cela s’ajoute la question éthique avec la montée, dans le débat public, des arguments en faveur de la prise en compte de la souffrance animale. Donc, si on résume grossièrement : actuellement, on bouffe du cancer à tire-larigot en polluant un max et en cautionnant la torture de nos amis bovins. De fait, il va falloir réduire, même si on ne me fera pas croire qu’un steak de soja peut avoir le même goût qu’un rumsteak.

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2. Du maïs

Comme, en France, on n’est pas mexicains (une tautologie qui a son importance), on ne se bâfre pas de maïs à longueur de journée. Toutefois, la farine et les dérivés du maïs sont présents dans pas mal de préparations industrielles et servent de base à l’alimentation animale. Or, la culture du maïs pose énormément de bonnes questions : celles des OGM, d’abord, dont l’impact sur la santé n’a pas encore pu être réellement mesuré puisque leur durée d’existence n’atteint pas la génération humaine. Or, 85% du maïs produit aux Etats-Unis (le premier producteur mondial) est génétiquement modifié. Youpi.

3. Du cabillaud

Je parie que vous êtes au courant puisqu’on en parle depuis 10 ans : le cabillaud est une espèce en voie de disparition. Ses stocks dans l’Atlantique Nord ont été divisés par 5 en 10 ans et il continue pourtant d’être le poisson le plus consommé dans le monde. Y’a un truc qui va pas. Si les quotas sur le thon rouge ont permis à l’espèce endémique de se remplumer un peu (façon de parler), tout le monde se fout du cabillaud, tout ça parce qu’en fait c’est de la morue. Nul doute que des moratoires plus drastiques interviendront pour limiter la consommation. Si c’est pas le cas, ne vous inquiétez pas, vous pourrez toujours en bouffer, vous ; en revanche, on a plus de doute sur les communautés inuits.

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4. Du foie gras

C’est le principe même du débat sans fin. D’un côté un produit traditionnel qui fait vivre des agriculteurs et relève d’un savoir-faire attaché à un terroir, de l’autre la prise en compte de la souffrance animale. D’un côté un truc super bon, associé à des périodes de fête, de l’autre un discours par nature culpabilisateur nous incitant à nous mettre à la place d’un canard. Pour autant, la montée des voix s’indignant du traitement réservé aux canards et aux oies gavées dans l’espace public devrait conduire, à terme, à la limitation de la production.

5. Du Nutella

Si vous voulez, on parle de l’huile de palme. Ce qui est certain c’est que l’enjeu de l’obésité finira par contraindre les puissances publiques des pays développés à taxer à mort ce genre de produits composés à 95% de gras et de sucre afin d’éviter la surcharge des services publics de santé. De ce fait, ce n’est pas être une pythie que de dire que les jours du Nutella sont comptés. Et ça nous fait pas plaisir, croyez-nous.

6. Du poulet

Dans un marché mondialisé, ce ne sont pas les éleveurs de poulets élevés au grain en liberté qui vont gagner la guerre économique. Ce sont les éleveurs de poulets en batterie, enfermés dans des cages, nourris robotiquement et flingués à la chaîne. Comme, d’ici 10 ans, la sensibilisation des populations à ces questions aura progressé à la même vitesse que l’amenuisement de leurs ressources économiques, il est à parier que nous mangerons beaucoup BEAUCOUP moins de poulet.

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7. Les fruits et légumes produits à l'autre bout du monde

Ca a beau faire 25 ans qu’on nous parle de circuit court, on n’y est pas. Les supermarchés proposent encore des mangues du Pérou et des citrons verts de Thaïlande (je dis n’importe quoi) en plein mois de décembre. La traçabilité des produits devrait à terme donner lieu à l’établissement d’une taxe sur les importations pour favoriser la production courte et de saison, enfin dès qu’on aura décidé qu’il fallait vraiment prendre en compte l’impact environnemental de l’agriculture mondiale.

8. La charcuterie sous vide

La charcuterie sous vide est aux confluents des questions d’éthique animale, de responsabilité sociale, avec le débat prégnant de la rétribution des éleveurs par l’industrie agroalimentaire et de responsabilité sanitaire, les groupes industriels blindant leurs produits d’additifs pour donner l’illusion du beau et de la conservation. A cela s’ajoute un dernier enjeu sur le caractère absolument dégueulasse du jambon sous vide.

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Ne vous y méprenez pas. Je bouffe de la viande et des kebabs, et je trouve les trucs Sojasun dégueulasses. C’est pas une raison pour ne pas vouloir changer un peu.

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