Crédits photo (creative commons) : Nickydizzle

Si à la fin des années 1980, il était de bon ton de faire savoir à son entourage qu'on se dépensait régulièrement dans les salles de squash, cette belle discipline est aujourd'hui considérée avec un relatif dédain : c'est bien simple, vous diriez que vous jouez tous les samedi au jokari, ce serait pareil. Ignoré par les Jeux Olympiques, oublié par les profs d'EPS et prononcé avec plus ou moins de bonheur par les profanes ("le ?... Skuetche ?"), ce sport est aujourd'hui aux sports de raquette ce que Ringo était aux Beatles : le quatrième qui aurait presque mieux fait de mourir en pleine gloire. Pourquoi ce mépris ? Nous avons quelques pistes :

  1. Un nom à la con
    Pourquoi ne pas avoir choisi un nom plus explicite : en chinois, ce sport s'appelle "mur-balle" (une balle, un mur, bien joué), littéralement, "squash", en anglais, c'est "courge". Quel gamin rêve d'être "champion du monde de courge" ? Et si le gamin en question cherche sur un moteur de recherche américain des images de squash, il va tomber la dessus :

    (et encore, si vous avez bien activé le contrôle parental, sinon, Dieu seul sait sur quelle genre d'horreur vous pourriez tomber...)
  2. Un équipement qui n'impressionne personne
    Une petite raquette et une balle de la taille d'un testicule, si c'est pour passer pour une lavette, autant faire du badminton. Et c'est pas la peine de mettre des lunettes de protection, ça ne fait que confirmer ce qu'on pense déjà.
  3. Une musculature de poulet
    Le joueur de squash est longiligne. C'est comme ça. Du coup, avec l'évolution du tennis moderne, on constate que Rafael Nadal a le bras droit comme la cuisse d'un joueur de squash et le bras gauche comme son tronc. Ça ressemble à quoi, ça ?
  4. Des retransmissions impossibles à la télé
    Même les chaînes qui, traditionnellement, diffusent les sports les plus cons (billard, curling, lancer de tronc...) juge que le squash n'est pas assez télévisuel : une petite balle qui file à la vitesse de la lumière, des échanges tactiques interminables, des "gênes" à tire-larigot... Et même pas de tacles ou de "coup de la corde à linge" ?
  5. Des parties éclairs
    Quand vous racontez que vous avez couru 45 minutes ou que vous avez fait un tennis pendant deux heures, on considère que vous avez fait votre sport pour la semaine. Du coup, quand vous venez vous la raconter avec votre demi-heure de squash qui a failli vous tuer et qui vous a laissé sur les rotules, vous passez pour une petite nature tant on peine à mesurer l'intensité physique de cette discipline.
  6. Aucun pays sérieux pour dominer la discipline
    Avec des champions australiens, pakistanais ou égyptiens, il ne faut pas s'étonner que l'on confonde le squash et le criket. Un sport de raquette dans lequel on ne doit pas affronter un américain ou un redoutable Chinois en finale n'est, malheureusement, pas pris en considération.
  7. Des tactiques de fourbes (pour ne pas dire "de salope")
    Le squash est un sport de sournois, où l'on passe son temps à envoyer des balles au raz du mur pour gêner le retour de l'adversaire. Imaginons un instant un match de tennis dans lequel les deux joueurs s'enverraient des amortis bien vicelards au lieu de s'échanger en toute franchise des coups droits bien appuyés, on se dirait que le tennis est un sport de chafouin. Et on aurait raison.
  8. L'inutilité de la force
    On espère toujours d'un sportif qu'il aille plus vite, plus loin et qu'il tape plus fort. Mais taper fort dans un enclos de plexi, ça n'a pas beaucoup d'intérêt, la balle revient toujours. Un sport dans lequel ça ne présente pas un avantage de pouvoir cogner comme un sourd n'intéressera jamais personne, soyons sérieux.
  9. La difficulté d'accès
    Déjà, ça coute un rein de louer un court. Et si vous êtes mal renseigné, vous aller acheter des balles au pif, et quand le taulier du Squash du coin verra le point bleu sur votre balle, typique du débutant, il se foutra ouvertement de votre gueule et vous mettra en garde, "Faites gaffe de pas cogner vos raquettes dans le mur blanc sinon je vous fais tout repeindre" (les patrons de salles de squash ne sont que rarement aimables).
  10. Un excès de lignes
    Deux lignes sur le mur de face, des lignes latérales et des carrés au sol, il faut un doctorat en géométrie pour appréhender les règles ésotériques de cette discipline. Si vous aimez courir dans un tableau Excel en 3D, le squash est fait pour vous.

Et vous, vous osez dire en public : "Oui, je fais du squash"?

Crédit photo: Spamily

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