Vous avez maté la Casa de papel et vous rêvez de devenir Rachel ? Rien de plus compliqué. Le monde de la négociation excède de loin celui de la gestion de crise avec des risques humains, et pour une prise d’otages il faut se taper douze réunions intersyndicales. Tous les pays du monde n’ont pas la même approche quant au recrutement et à la formation des négociateurs et vos chances de décrocher la timbale sont faibles.

1. En France, seuls les pouvoirs publics assument ce rôle

C’est la police qui agit en cas de prise d’otages ou de menaces sur personne, même lorsque celles-ci concernent des intérêts privés. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays du monde. En Chine, en Amérique du Sud ou au Moyen-Orient, partout où il existe une forte corruption, les personnes menacées peuvent faire appel à des intermédiaires privés. C’est le cas, par exemple, quand une entreprise s’installe sur une zone à risque et subit une attaque. Ce sont alors les compagnies d’assurance qui recrutent ces intermédiaires.

2. En réalité, les négociateurs passent assez peu de temps à sauver réellement des otages

Les situations de crise avec des mecs qui prennent des otages dans la banque centrale, c’est assez rare. En revanche, les négociateurs passent pas mal de temps à intervenir pour des conflits dans les entreprises ou dans des affaires de chantage, comme intermédiaires.

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3. Il n'existe pas de formation spécifique

On peut venir du monde de la négociation sociale ou directement de la police. Aujourd’hui, des entreprises privées font appel à des négociateurs professionnels pour former leur personnel dans le cadre de séminaires dont les prix sont alarmants : plusieurs milliers d’euros la journée.

4. Les grands négociateurs sont experts en décryptage du langage corporel

Ils doivent notamment pouvoir déterminer si une personne ment rien qu’en l’observant. Ces qualités sont mises à profit lors des négociations d’entreprise, en cas de grève ou de blocage d’une chaîne de production, mais aussi par les casinos, par exemple, pour détecter les tricheurs.

5. Ce sont les anglophones les meilleurs

En France, la négociation ne fait l’objet d’une approche théorie spécifique que depuis quelques années. En revanche, Scotland Yard ou le FBI ont planché depuis longtemps sur la mise en place de bonnes pratiques pour les négociateurs, dès les années 60 et 70. Les meilleurs négociateurs français se sont formés aux Etats-Unis et en Angleterre.

6. Des entreprises sont spécialisées là-dedans

Ces sociétés peuvent être plus ou moins grosses et plus ou moins diversifiées. En général, la négociation de crise est une des branches d’activité de ces boîtes qui bossent avec des compagnies d’assurance : elles gèrent aussi la communication de crise des grands groupes, par exemple en cas de scandale sanitaire.

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7. Il peut aussi s'agir d'intervenir en milieu hospitalier

Un aspect étonnant du métier consiste à négocier avec des patients pour les obliger à suivre leur traitement en dépit de réticences liées à des croyances religieuses ou sociétales. Les négociateurs organisent des formations à destination des personnels soignants pour leur apprendre à convaincre les patients difficiles.

8. Parfois, les négociateurs risquent leur vie

C’est rare, mais il arrive que des négociateurs se retrouvent en position de risque. Ils peuvent ainsi être pris en otage par les ravisseurs et doivent dans ce cas faire preuve d’un grand sang froid, se retrouvant à la fois juge et partie dans un conflit pour lequel ils ne sont que prestataires.

9. Plusieurs négociateurs peuvent se succéder en cas de longue prise d'otage

Les équipes de négociateurs de la police de New York interviennent environ 400 fois par an. Certaines prises d’otages peuvent durer 48 heures ou plus et les négociateurs se succèdent, dans ce cas. Il arrive parfois que plusieurs dizaines de négociateurs se relaient jusqu’à parvenir à un agrément. Aux Etats-Unis, seuls les officiers de police ayant au moins 12 ans d’expérience peuvent prétendre à intégrer cette brigade.

10. Il y a 5 attitudes de base théorisées

La première est la position d’écoute, semblable à celle du psy. L’idée est que la parole calme forcément le ravisseur et l’amène à réfléchir et à se monter moins impulsif. Le négociateur doit aussi être très patient afin d’éviter de réagir autrement que par la raison. Il est impératif que le forcené ait le sentiment d’être respecté, compris, de ne pas être jugé par la personne qui s’adresse à lui. Le négociateur se met alors dans une position d’écoute active, laissant entrevoir de l’empathie et se mettant en scène comme une personne et non comme le représentant d’une administration ou de la société. Le négociateur se montre également adaptable et essaie de faire évoluer le forcené vers des demandes immatérielles. Et tout du long, il doit être calme.

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Maintenant, vous saurez quoi faire.

Source : Le Parisien