« Est-il absurde de désirer l’impossible ? » Je n’en sais foutre rien. Mais perso, s’il y a bien un truc que j’espère du plus profond de mon être, c’est que l’on vire cette matière de malheur du programme de Terminale. Et cela correspond-il vraiment à quelque chose d’irréalisable ? Je ne crois pas.

1. Tu ne sais jamais la note (souvent pourrie) que tu vas te taper

T’es là, tout(e) content(e) de ce que tu as pondu et persuadé(e) d’avoir transcendé les cieux avec ta pensée pertinente et profonde. Le professeur s’approche de toi pour te rendre la copie, tu ne saurais dire s’il te regarde avec respect ou compassion. Et soudain, c’est le drame, un vieux 8/20. Tu t’es foiré(e) royalement et de toute évidence, ta réflexion est de piètre qualité. Ça fait mal. Surtout que tu as beau le harceler pour comprendre l’origine de ton échec, il te répond vaguement en des termes encore plus sibyllins que l’énoncé de son sujet de merde.

2. On te demande de traiter des questions sans réponse, ça n'a pas de sens

Sachez que la réponse, la seule, la vraie, l’unique, celle qui fonctionne pour tous les sujets (sauf les questions ouvertes, soyez pas neuneu aussi) est la suivante : « Mouais. » Voici quelques exemples… Y a t-il un mauvais usage de la raison ? Mouais. Toute prise de conscience, est-elle libératrice ? Mouais. Vous pouvez également varier avec « Bof. » Et si vous êtes vraiment au bout de votre vie : « J’en sais rien, frère »

3. Ça peut potentiellement te détruire ton bac (mdr le coefficient 7)

Déjà que même en révisant comme un âne, on peut se vautrer lamentablement. Mais alors en plus, c’est la matière qui compte le plus dans la filière littéraire. Sérieusement les gars, déjà qu’on n’a pas d’avenir, si en plus vous sabotez notre bac, on fait quoi ? HEIN ?

4. Les profs sont complètement attaqués, mais on les aime quand même

Entre les quasi-muets qui te laissent réfléchir tout seul dans ton coin et qui n’en ont rien à carrer de ton existence futile (on comprend un peu) et ceux qui théorisent tout et n’importe quoi et notamment la rivalité entre le PSG et l’OM, t’es vite perdu(e). Et puis, si tu es un(e) littéraire, tu te les coltines huit heures par semaine quand même, et c’est un peu trop.

5. On a cette matière pendant un an en terminale, ça ne suffit clairement pas

On se farcit des cours d’EPS depuis notre plus tendre enfance. Par contre, la philo, ça sort de nulle part en fin de cycle alors qu’on avait rien demandé. Bon, on comprend aisément qu’il est plus simple pour un mioche de faire des roulades plutôt que de réfléchir à l’existence et au temps. Mais quand même, une petite initiation en première ne nous aurait pas fait de mal.

6. T'as passé le cap de l'adolescence et des questions existentielles

C’est bon, tu as déjà bien embarassé tout ton entourage quand tu avais quinze ans et que tu écoutais « Creep » en te demandant qu’est-ce que tu foutais sur Terre et quel était le sens de ta vie (à droite mdr), tu vas pas recommencer à 17 ans alors que tu as plein d’autres choses à faire bien plus palpitantes. Comme essayer de serrer ta voisine de cours.

7. Personne ne sait jamais comment écrire "Nietzsche"

Et quand on veut le citer dans un devoir, on passe bien deux heures à hésiter sur l’orthographe. Alors petite astuce toute simple qui, de fait, discrédite totalement mon propos : quand tu arrives au moment épineux où tu ne sais absolument pas dans quel ordre foutre les « z », « c » et « s »… ET BAH, c’est dans l’ordre inversée de l’alphabet tout simplement. Voilà, voilà.

8. Les philosophes sont de gros relous austères qui nous les brisent

Les mecs sont déprimants à tout questionner tout le temps. Jamais de ma vie, je matche sur Tinder avec Bergson ou Platon. Même leurs noms sont chiants…

9. Tu captes rien en cours et ressors avec un mal de crâne insupportable

Et tu commences sérieusement à questionner ton intelligence. Puis à te demander finalement ce qu’est l’intelligence. Et si c’est une caractéristique seulement propre à l’homme. Puis dans quelle mesure on est responsable de son intelligence, est-ce qu’on la cultive ? Est-ce qu’elle est en nous depuis le début ? Est-ce qu’on peut vraiment la déterminer ? BREF. La prochaine fois, tu sécheras, ce sera plus simple.

10. Si tu persévères en études supérieures, tu vas pourrir toutes les soirées

Casser l’ambiance en trois étapes pour un étudiant en philosophie : boire beaucoup d’alcool, chercher une proie qui semble s’ennuyer ferme et la forcer à débattre avec toi de la pertinence de la Critique de la Raison Pure de Kant. A priori, le taux d’amusement risque rapidement de décroître.

Personnellement, « je n’ai qu’une philosophie, être accepté comme je suis… »