Quand j’ai commencé à rédiger ce top, je me disais que j’allais devoir faire du maousse tri entre tous les hommes politiques de la cinquième république condamnés à de la prison ferme. Puis je me suis rendu compte qu’il n’y en avait presque aucun condamné à de la prison ferme, en fait. Et je me suis dit qu’il y avait sans doute un problème. On verra en appel si la peine de Cahuzac est confirmée. Si oui, j’en ai 6. Pas un de plus.

1. Jacques Médecin, condamné à 8 ans cumulés

Maire RPR de Nice pendant 35 ans, Jacques Médecin a un joli palmarès judiciaire. Tellement joli qu’il est mort en Uruguay où il a fui pour échapper à la justice.

En 1992, il est condamné à un an de prison ferme et 300.000 francs d’amende pour délit d’ingérence. En 1995, il prend deux ans supplémentaires et 200.000 francs d’amende pour détournement de fonds dans le cadre de la construction de l’Opéra de Nice. Toujours en 1995, il prend trois ans de plus en première instance et un millions de francs d’amende pour abus de bien sociaux pour avoir reçu plus de 4 millions de francs de pots de vin du Président de la Serel, une société de signalisation routière. En appel, la prison ferme est transformée en sursis. En 1998, il prend deux ans ferme pour fraude fiscale. Mais il est n’est pas là. Puis il meurt.

 

2. Alain Carignon, condamné à 4 ans de prison ferme

Ministre de la Communication du gouvernement Balladur, Alain Carignon (RPR) est condamné en 1994 par la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Lyon à 5 ans de prison dont 4 ferme pour recel, abus de bien sociaux et subordination de témoin. L’affaire concerne le rachat par la Lyonnaise des eaux de deux journaux favorables à Carignon après les élections municipales de 1989 à Grenoble. Ils avaient cessé toute activité après l’élection et présentaient des dettes à hauteur de 10 millions de francs. Carignon sort de prison en 1998 et revient en politique.

Crédits photo (creative commons) : Thomas Bonzy

3. Jérôme Cahuzac condamné à 3 ans ferme (avant appel)

On ne se refait pas l’affaire Cahuzac en détails. Si la peine de Cahuzac est confirmée en appel, elle sera un signe que la Justice a décidé de confirmer le devoir d’exemplarité des hommes et femmes politiques.

Crédits photo (creative commons) : César

4. Sylvie Andrieux condamnée à un an de prison ferme

Elue députée de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône en 2012, Sylvie Andrieux est rattrapée par la Justice qui l’accuse d’avoir détourné pour 740.000 euros de fonds public lors de son passage au conseil régional de PACA. En septembre 2014, elle est condamnée à 4 ans de prison dont 1 ferme. Sa peine est commuée en port obligatoire d’un bracelet électronique. Andrieux se pourvoit en Cassation, mais sa demande est rejetée. Elle démissionne de son mandat de députée en 2016.

5. Jean-Pierre Destrade condamné à un an ferme

Député PS des Pyrénées-Atlantiques dans les années 1980, Jean-Pierre Destrade est condamné en 2005 par le Tribunal correctionnel de Pau à 3 ans de prison dont un ferme pour trafic d’influence. Destrade était le principal acteur d’un réseau illégal de financement du parti socialiste via des entreprises de grandes distribution qui versaient des sommes importantes, en échange de l’obtention d’autorisations de construire des supermarchés. Destrade meurt en 2013.

6. Bernard Tapie, condamné à 8 mois ferme

Député de la dixième circonscription des Bouches-du-Rhône et ancien ministre du Budget, Bernard Tapie est condamné en 1995 à 2 ans de prison dont 8 ferme. Comme le dit la page Wikipédia écrite par un pro-Nanard « Bernard Tapie est le seul protagoniste de l’affaire OM-VA, et de toutes les affaires de corruptions dans le football jamais portées devant la justice en France, à purger une peine de prison ferme ». Il est alors déchu de son mandat de député. Et profite de son passage en prison pour écrire Librement, un livre vibrant (je déconne) dont je vous conseille la lecture tellement il est déconnecté du monde.

Crédits photo (creative commons) : JJ Georges

7. (Bonus) Didier Schuller

Condamné par la Cour d’appel de Paris à trois ans de prison dont un ferme en 2007 pour trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux, Didier Schuller, ancien leader de l’opposition municipale (RPR) à Clichy, a vu sa peine effacée de son casier judiciaire et ses droits civiques rétablis par cette même Cour d’appel 3 ans plus tard. C’est à n’y rien comprendre. Entre temps, Schuller avait mené la belle vie en République dominicaine où la vice-présidente était « une amie ». Schuller sait tellement de choses sur le RPR des années 1990 qu’il terrifie tout le monde à droite. Même Balkany.

Si vous avez d’autres exemples, je suis preneur.

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