La radioactivité, ce n’est pas que la potion magique des super-héros, c’est aussi et surtout une belle saloperie qui peut vite virer à la catastrophe quand on y fait pas gaffe. Top 10 des endroits les plus radioactifs de la planète, là où il vaut mieux éviter de laisser traîner ses molécules.

1. Hanford aux États-Unis

Le site d’Hanford dans le sud de l’état de Washington est un peu la centrale nucléaire de Springfield dans les Simpsons, mais en pire. Depuis les années 40, l’armée y a fait joujou avec suffisamment de plutonium pour concevoir les 60 000 ogives nucléaires de son arsenal. Et comme personne ne savait trop comment gérer les déchets radioactifs, on a décidé d’enterrer une partie dans les sous-sols sans trop de précautions, quand on ne rejetait pas les eaux contaminées directement dans le fleuve à proximité. Aujourd’hui, Hanford est considéré comme l’endroit le plus radioactif des USA, et est surtout une bombe écologique à retardement. En mai dernier, une partie du terrain a failli s’effondrer sur un tunnel de stockage radioactif, obligeant les 5000 employés à rester confinés dans l’usine en évitant soigneusement de manger et de boire. On n’est jamais trop prudent.

Crédits photo (creative commons) : TobinFricke

2. La mer Méditerranée

La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans, les touristes y pissent allègrement, pendant que la Mafia y balance, ni vu ni connu, des fûts remplis de déchets radioactifs. Depuis 1994, plus de 40 navires auraient ainsi été coulés en Méditerranée avec leur stock contaminé, plutôt que de s’emmerder à acheminer leur encombrante cargaison dans les usines d’enfouissement prévues à cet effet. Si on croise des poissons de 5 mètres avec 2 têtes, faudra pas être surpris.

3. La côte Somalienne

En plus de souffrir de la famine, de la piraterie et d’une instabilité politique chronique, la Somalie servirait à la Mafia, encore elle, à enfouir les déchets nucléaires que des sociétés écrans étaient censées stocker selon les normes de sécurité internationales. On estime à environ 600, le nombre de barils radioactifs enterrés ou coulés le long de la côte somalienne. Un problème qui touche également ses voisins puisque le tsunami de 2004 auraient déplacés certains fûts sur de très longues distances.

Lido beach ? ? #somalia

A post shared by Rodo 'Caadios' Mise (@miss_caadios212) on

4. Le complexe industriel de Maïak en Russie

En 1957, une énorme explosion souffla la base de Mayak utilisée jusque là par l’armée soviétique pour ses essais nucléaires. Lors de cet incident, plus de 100 tonnes de déchets radioactifs furent libérés, contaminant toute la région à des dizaines de kilomètres à la ronde. Une broutille pour les 400 000 habitants des environs déjà victimes des rejets de l’usine dans les eaux du fleuve et celles du lac voisin de Karachay. La ville est considérée encore aujourd’hui comme le lieu le plus radioactif de la planète.

Crédits photo (creative commons) : Carl Anderson

5. Sellafield à l’ouest de l’Angleterre

Située sur la côte ouest de l’Angleterre, la centrale de Sellafield a pendant des années fourni le plutonium en vue de la conception des bombes nucléaires britanniques. Une saloperie qui a laissé des traces puisque les 2/3 des bâtiments de l’usine sont aujourd’hui contaminés. Reconvertie en entrepôt de déchets toxiques, la centrale de Sellafield continue de déverser chaque jour près de 8 millions de litres de déchets radioactifs dans la mer d’Irlande, considérée à ce jour comme la plus polluée au monde.

6. Le village de Naumkovo en Sibérie

Cette petite bourgade de Sibérie a fait le buzz en 2006 après la naissance d’un veau à deux têtes dans ses verts pâturages. La faute à l’usine chimique située juste à côté qui, depuis plus de 40 ans, n’a rien trouvé de mieux que de stocker plus de 120 000 tonnes de déchets radioactifs dans des bassins à ciel ouvert. Le vent, la pluie et les fréquentes fuites radioactives ont fini de contaminer les environs touchant sans distinction les habitants, les troupeaux et la vie sauvage. Fallout à côté c’est Disneyland.

Source photo : Giphy

7. Le polygone de Semipalatinsk au Kazakhstan

De 1949 à 1989, l’armée soviétique a réalisé la bagatelle de 456 tests nucléaires sur ce site du Kazakhstan sous prétexte que celui-ci était inhabité. À un détail près : 700 000 personnes vivaient à l’époque dans la région. Lors de la fermeture du site en 1991, des scientifiques estimèrent que 200 000 personnes furent directement impactées par les retombées radioactives.

Source photo : Giphy

8. Mailuu-Suu au Kirghizstan

Il ne fait décidément pas bon vivre dans une ancienne république soviétique. Alors certes, la ville minière de Mailuu-Suu ne fut pas le théâtre de tests nucléaires, mais elle a quand même pris cher. C’est en effet dans ses sous-sols que les Soviétiques ont extrait le plutonium nécessaire à leurs activités nucléaires. Bien que les mines soient fermées depuis 2006, les émissions radioactives continuent de polluer toute la région. On dénombre pas moins de 36 décharges radioactives, soit environ 1,96 million de m³ de déchets qui contaminent chaque jour les environs sans que personne ne lève le petit doigt (alors qu’ils en ont 3).

Crédits photo (creative commons) : Peter Waggit/IAEA

9. Tchernobyl en Ukraine

La catastrophe de Tchernobyl est le plus grave incident nucléaire du XXe siècle. Les radiations émises par l’explosion de la centrale ont été 100 fois supérieures à celles des bombes d’Hiroshima et Nagasaki. On considère aujourd’hui que 6 millions de personnes ont été victimes (cancers, malformations, retards de croissance) de la catastrophe, dont 70 % uniquement en Ukraine. Aujourd’hui, une zone d’exclusion de 2600 km² autour de la centrale limite l’accès au site à seulement quelques heures par jour. On considère qu’il faudra théoriquement 48 000 ans pour que toute trace de radioactivité anormale disparaisse. C’est cadeau.

10. Fukushima au Japon

Il y a plus de 6 ans, le Japon a connu le pire scenario catastrophe, même Michael Bay aurait trouvé ça un peu too much : un tremblement de terre, suivi d’un tsunami et de l’explosion de 3 des 6 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Aujourd’hui encore, la région enregistre des pics de radioactivité stratosphériques, que ce soit dans ses sols, ou dans l’eau : plus de 700 000 m³ d’eau contaminée auraient d’ailleurs été déversées récemment dans la mer, faute de place pour les stocker.

Si vous passez dans ces coins, n’oubliez pas votre compteur Geige, hein.

Source : leblogdujeudi.fr

Source photo : Giphy