Les Roms… qui se niche donc derrière cette mystérieuse peuplade ? On les croise tous les jours, on les voit principalement comme des mendiants et les programmes télé bien racoleurs à base de rendez-vous en terres inconnues dans les bidonvilles ne sont pas là pour atténuer nos idées reçues. Un beau joli travail de stigmatisation qui encourage les clichés les plus moisis envers ceux qu’on a du mal à définir. A commencer par leur nom, « Rom », qui représente la majorité (~85%) de la population Tzigane européenne, mais qu’il ne faut pas les confondre avec les « Manouches » les « Gitans » ou encore les « gens du voyage ». L’expression signifie « homme » en romani, elle a été choisie en 1971 par l’Union Romani Internationale et désigne les immigrés provenant de plusieurs pays de l’Est. La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme estime qu’ils sont le groupe le plus stigmatisé de la société française. Chapeau bas le pays des droits de l’homme. YAY !

1. Les Roms sont Roumains

Comme on l’a rappelé en guise d’introduction, le mot « Rom » n’est pas un diminutif de « Roumain » mais un vrai terme qui désigne un groupe d’immigrés qui ont fui leurs pays (principalement la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie, la Slovaquie, la Serbie et le Kosovo). Il n’y a qu’environ 10% de Roms Roumains. Ce n’est donc pas un groupe homogène puisqu’il mêle des cultures , des langues, et des classes sociales diverses. Ils ont certes une langue en commun, le romani, mais cette dernière connait des variantes selon les pays d’Europe où vivent les Roms.

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2. Les Roms sont tous pauvres dans un squat avec un bras en moins

C’est malheureusement l’image qu’on nous renvoie dans les médias, des bidonvilles d’une extrême pauvreté où la violence et les vols sont subis au quotidien. Il ne s’agit pas bien sûr de nier l’existence de ces lieux terribles qui subissent des expulsions à répétition. Mais il faut comprendre que beaucoup de personnes originaires d’Europe de l’Est se disent Roms et vivent dans des conditions « normales ». C’est aussi les enterrer vivant que de croire qu’ils sont tous dans une misère dramatique et surtout inéluctable.

3. Les Roms n'ont pas le droit de squatter comme ça en France

Depuis que la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’Union Européenne, cela leur accorde le droit de séjourner librement dans n’importe quel pays membre durant trois mois. Au delà de cette période, s’ils ne font pas d’études ou ne gagnent pas suffisamment de quoi se payer une couverture sociale, il seront expulsés sous un mois. Ils ont en revanche le droit de revenir autant de fois qu’ils veulent.

4. Ils viennent pour s'enrichir et rentrer chez eux dépenser l'argent

Ah si seulement c’était si simple. Bien que cette idée reçue sente le moisi, il est légitime de se poser la question de leur venue alors que les conditions d’accueil sont clairement délétères, les expulsions répétées et les lois à leur encontre discriminatoires. Il faut comprendre que la France aussi peu accueillante qu’elle soit, reste un pays de droits qui assurera toujours plus de sécurité qu’un pays comme la Roumanie qui ne leur assure ni scolarité, ni protection sociale, ni travail.

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5. C’est un peuple nomade

Nope, encore une erreur. On les confond malheureusement avec les « gens du voyage » qui sont français et ont une activité professionnelle ambulante ce qui les fait effectivement (et volontairement) bouger de villes en villes. Les Roms sont techniquement sédentarisés, du moins c’est leur objectif, seulement ils sont transbahutés à force d’être expulsés de leurs camps ce qui les force à être en mouvement perpétuel. De la même façon, leurs habitats en bidonvilles ne sont pas un super kiff (au cas où on en doutait), ce sont juste des logements de fortune. Et non des logements qui coûtent une fortune, nuance.

6. Ils nous envahissent par milliards

Bon, j’avoue, je vous charrie un peu sur ce coup-là, et même si les esprits sont parfois franchement étriqués, j’ose espérer que personne ne parle vraiment de milliards de Roms. Mais on sait jamais. Bref c’est pas compliqué en France on compte entre 15 000 et 20 000 Roms un chiffre stable depuis vingt ans. Voilou. Point final.

7. Ils aiment bien vivre tous ensemble

Encore un cliché entretenu par la vision des bidonvilles ou de camps où se concentrent une communauté de Roms. Il faut avoir en tête, que ce sont des individus qui n’aspirent pas spécialement à vivre avec leurs semblables mais qui y sont forcés pour la simple et bonne raison qu’ils parlent la même langue et sont confrontés aux mêmes obstacles socio-économiques. Vivre ensemble leur permet donc plus d’entraide puisque qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

8. Ils ont la flemme de travailler, c'est pour ça qu'ils font la manche

C’est vrai que c’est quand même vachement plus sympa de poireauter 18 heures par jour sur un trottoir à espérer avoir quelques centimes (pour se payer une Ferrari sans aucun doute). Déjà, une partie des Roms travaille, le souci c’est que les Roms sont soumis à une « mesure transitoire » qui ne leur donne accès qu’à un nombre limité de professions qui peinent à recruter. En gros on leur laisse les miettes. Bien sûr ce qui est totalement injuste c’est qu’on ne demande qu’aux ressortissants bulgares ou roumains de fournir une autorisation de travail et un titre de séjour pour qu’ils puissent travailler. Des exigences que nous n’appliquons en aucun cas à d’autres immigrés. Il va sans dire que sans boulot et sans aide, la mendicité reste leur dernière roue de secours.

9. Ils se fichent de mettre leurs enfants à l'école

Bah voyons. Et puis ils sont aussi très contents d’exploiter leurs enfants pour mendier dans la rue, c’est bien connu. Alors remettons les choses au clair deux minutes. Les Roms essaient d’inscrire leurs enfants à l’école, c’est juste très compliqué sur le plan administratif puisqu’ils n’ont généralement pas de domicile fixe, et les délais d’affectation sont alors très longs. Quand bien même un enfant serait inscrit à l’école, sa famille n’a pas forcément l’argent nécessaire pour lui payer ses fournitures scolaires, des vêtements propres, la cantine etc. Et enfin, pour peu que sa famille ne soit expulsée de son logement, l’enfant peut être amené à quitter l’école ou pire, être séparé de sa famille. Autant dire donc que les conditions d’intégration scolaire sont pas au top.

10. Ce sont des profiteurs qui vivent de nos aides sociales

Tout d’abord, il faut arrêter de croire que les Roms sont d’une pauvreté crasse, ce sont avant tout des expatriés au même titre qu’un Français qui part s’installer à Barcelone. Sauf que l’accueil n’est pas le même, dommage les gars vous êtes nés du mauvais côté de la frontière ! Enfin, le fantasme selon lequel les Roms (et par extension, les immigrés) boufferaient toutes nos aides sociales est totalement erroné. En dessous de trois mois de séjour ils ne sont pas en mesure de toucher des aides, or au delà de ces trois mois ils sont le plus souvent expulsés puisqu’ils n’ont pas de situation régularisée. Dans ces conditions, c’est sûr que les aides ne sont pas vraiment accessibles. Le scandale c’est qu’ils travaillent et donc cotisent sans bénéficier d’aides auxquelles ils ont droit (souvent sans le savoir).

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Sources : Hors la rue, Nouvel Obs, Terra Eco