Vous connaissez l’adage selon lequel un train peut en cacher un autre ? Il en va de même des catastrophes. Quand un volcan entre en éruption ou qu’un avion se crashe, il y a des morts ; mais il existe d’autres conséquences à plus long terme, qu’elles soient directes ou indirectes. Ainsi, un changement de législation peut-il provoquer une nouvelle catastrophe, de même qu’une éruption à Sumatra peut engendrer une famine à l’autre bout du monde.

1. Le naufrage du Titanic a entraîné la mise en place de régulations qui ont conduit à un autre naufrage

La catastrophe du Titanic, survenue en 1912, a mis en lumière les limites des compagnies maritimes en matière de réponse à un naufrage. C’est que le Titanic ne disposait pas d’assez de canots de sauvetage, ce qui explique notamment pourquoi autant de personnes sont mortes après se les être gelées dans l’eau, laissant à tout jamais des souvenirs dans la mémoire de Rose. Les autorités ont donc légiféré : les bateaux de croisière devraient désormais accueillir suffisamment de canots de sauvetage pour tous les passagers. Et en 1915, le Eastland, un paquebot au départ de Chicago qui devait transporter ses passagers jusqu’au Michigan, a tout simplement sombré dès le départ dans la Chicago River, occasionnant 844 morts. Le bateau disposait bien de suffisamment de canots – c’est d’ailleurs le fond du problème : le navire était trop lourd pour naviguer.

2. L'attentat du 11 septembre a créé une vague de maladies

On ne va pas reraconter l’histoire du 11 septembre, simplement signaler qu’en s’écroulant, les deux tours du Wall Trade Center ont dégagé un gigantesque nuage toxique de 800.000 tonnes de débris. Malgré les alertes de comités sanitaires locaux, les autorités nient en bloc le danger et assurent que l’air de la ville est sain. C’est faux. Les premiers concernés sont tous les intervenants immédiats qui fouillent dans les débris des tours sans protection. Plus de 40.000 personnes interviennent et s’exposent à des poussières dangereuses. Désormais, ces personnes sont particulièrement touchées par les maladies : cancers, troubles neurologiques, bronchites chroniques, asthme, cancers, tout le toutim. Des études estiment que le nombre de morts imputables à l’exposition à ces produits toxiques est d’environ une centaine de personnes en 15 ans et pourrait atteindre plusieurs milliers de personnes dans les années à venir.

3. Au Brésil, la rupture d'un barrage de déchets occasionne à long terme un désastre écologique

Il s’agit de la plus grosse catastrophe écologique de l’histoire du Brésil. En novembre 2015, la rupture d’un barrage de déchets a d’abord rayé un village de 600 habitants de la carte et tué 20 personnes. Bon bilan, déjà. Mais en plus, les boues toxiques bourrées d’arsenic et de mercure se sont déversées dans le Rio Doce, un énorme fleuve, qui a tué toute la flore et toute la faune aquatiques. Les poissons sont tous morts, et des centaines de villages ont perdu le produit de la pêche. De plus, nombreux sont les Amérindiens à continuer à boire l’eau du fleuve faute d’information. Tout cela a conduit à un exode massif vers d’autres régions.

4. L'éruption d'un volcan en Indonésie provoque une famine en Europe

En 1815 s’est produite la plus grande éruption volcanique jamais enregistrée sur terre ; le volcan Tambora, sur l’île de Sumatra, a explosé en libérant une énergie 60 000 fois supérieure à celle de la bombe d’Hiroshima. Autant dire que pas mal de monde est mort (110 000 personnes pour être précis) et que les environs du volcan ont été dévastés. Mais à plus grande échelle, cette éruption a profondément modifié la vie jusqu’en Europe. En observant des toiles de l’époque, les chercheurs se sont ainsi rendu compte d’un changement radical dans la nature des nuages. Et dès 1816, l’Europe du Nord a connu un épisode de glaciation momentanée, engendrant des mauvaises récoltes et une famine concomitante. L’été 1816 fut ainsi la période la plus froide du pays enregistrée depuis 500 ans. Plus de 200.000 personnes ont péri de cette famine qui a aussi engendré une vague d’émeutes de la faim.

5. Des inondations dans le Var créent une vague de chômage

Les inondations de juin 2010, dans le Var, n’ont pas seulement affecté les 250.000 riverains et les habitants de Draguignan. En plus des 25 morts, elles ont engendré une vague de faillites dans la région, la ruine d’une centaine de terrains agricoles, et le déblocage de plusieurs millions d’euros de fonds publics. Conséquence partielle de cette catastrophe, le Var affiche un nombre de demandeurs d’emploi exponentiel depuis juin 2010 : + 1000 (2%) deux mois après, et +30.000 en 7 ans.

6. Le Costa Concordia et la fin du paradis de Giglio

Giglio était autrefois une île fréquentée par les amoureux des oiseaux. Mais après le naufrage du Costa Concordia, le lieu est devenu un site touristique morbide. Prisé aussi par les amateurs de plongée, le lieu a perdu toute une partie de sa fréquentation suite au déversement des tonnes et des tonnes de pétrole dans ses eaux. Une catastrophe écologique et économique pour la petite île .

7. Le crash de la Germanwings ne serait jamais arrivé il y a 20 ans

Si le copilote fou de la Germanwings a pu tranquillement se crasher volontairement avec tous ses passagers, c’est bien parce que le pilote sorti du cockpit ne disposait plus de moyens extérieurs de l’ouvrir. Or, cette procédure, existante depuis les années 80, a été généralisée suite aux attentats du 11 septembre de façon à éviter que des terroristes ne puissent s’infiltrer à l’intérieur du cockpit. Comme pour le Titanic, c’est donc la solution à un risque qui a permis l’éclosion d’un nouveau risque encore plus terrifiant.

Le mieux est encore de se cacher sous sa couette en cas de catastrophe.

Sources : Cracked, France TV Info, CNN