« Ô mon païs, ô Toulouse » chantait Claude Nougaro et moi-même alors que j’étais à trois grammes sous le Pont-Neuf, portant ainsi atteinte à la dignité de la chanson française. Or, Toulouse est un endroit merveilleux, surtout pour y faire ses études, à condition de connaître deux trois trucs pour bien s’intégrer.

1. Dire chocolatine

On vous voit venir dans les commentaires bla bla bla chocolatine c’est nul bla bla bla. Mais il n’est pas question ici d’entretenir le sempiternel débat. À Toulouse on dit chocolatine un point c’est tout, et il est même considéré comme irrespectueux de demander un pain au chocolat. C’est de la politesse de base en fait. Chocolatine tu diras au risque de finir découpé dans la Garonne.

Pont St-Pierre ?

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2. Boire du pastis

Le pastis se boit à toute heure, d’autant plus à Toulouse où l’on peut bénéficier d’offres promotionnelles, dont la plus connue, chez Tonton, consiste à te servir un petit mètre de pastis dans le plus grand des calmes. L’avantage du pastis est qu’il est la boisson avec le meilleur rapport cuite / prix. Il t’alcoolise pas mal pour un minimum d’argent.

3. Aller à Saint-Pierre pour faire la fête (ou boire un pastis)

Saint-Pierre est le centre névralgique de la vie nocturne toulousaine, avec ses bars emblématiques : chez Tonton, le Saint des seins, le bar basque, la couleur de la culotte… C’est ici que tu iras t’abreuver parce que la chaleur déshydrate. Si tu veux changer un peu, tu peux opter pour la rue Gabriel Péri, peuplée elle aussi de nombreux bars.

Crédits photo (creative commons) : CC-BY-SA-3.0

4. Repérer le Shanghaï, l'endroit où tu finiras toutes tes soirées

Tu auras beau vouloir y échapper, tu y finiras toujours. Le Shanghaï est une boîte gay toulousaine, mais c’est surtout l’endroit où les cadavres alcoolisés par les bars de Saint-Pierre se traînent parce que l’entrée est gratuite avant une certaine heure. C’est donc ici que les fêtards font naufrage pour finir la soirée. Si tu es de sexe féminin, tu pourras tenter de pénétrer la fameuse salle réservée aux mâles, mais sans succès. Elles ont toutes essayées, elles ont toutes échouées.

Dans les entrailles du QG hoe

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5. Arriver en retard

Chaque ville du sud a son quart d’heure de retard, appelé dans cette ville le « quart d’heure toulousain ». Il est de coutume d’avoir toujours un peu de retard, même en cours où rares sont les professeurs à arriver à l’heure. Si on vous invite en soirée, n’hésitez pas à transformer le quart d’heure en heure et demi toulousaine. À Toulouse, toute ponctualité est suspecte. Tu passerais pour une personne bizarre, voire un homme du nord, si tu arrivais à l’heure, ou pire encore, en avance.

6. Faire semblant de s'intéresser au rugby

On dit « faire semblant » parce que même si tu n’y connais rien, tu peux toujours passer des soirées sympas à voir des matchs dans les bars. Après tu peux toujours t’y intéresser vraiment, ça fera toujours un sujet de conversation si un jour tu n’as rien à dire.

7. Apprendre les paroles de la boiteuse

QUAND LA BOITEUUUUUSE S’EN VA AU MARCHÉ ! Une chanson qui sert de ralliement en toute circonstance. Métro, soirée, douche… Partout on vous dit. Si tu commences à la chanter, tout le monde la reprendra avec toi dans un formidable moment de convivialité et de fausses notes.

8. Utiliser le métro n'est pas toujours nécessaire

Si Toulouse est étendue en superficie, ce n’est pas le cas du centre-ville qui se parcourt très facilement à pied. De toute façon, dès que tu dépasses le cercle des grands boulevards, tu entres en pays de mort et de déréliction où le taux de choses à faire avoisine le niveau zéro. Si tu vas aux endroits suivants, les transports en commun s’avèrent néanmoins nécessaires : l’université Paul Sabatier ou l’université du Mirail nouvellement Jean Jaurès (mais personne l’appelle comme ça). Le métro est malgré tout un moyen sympa d’apprendre à dire « Bellefontaine » en occitan.

9. Apprendre le vocabulaire de base

Poche, malle, péguer, tust, enculé, bouducon et autres joyeusetés qui te feront passer pour un natif. À noter que si « enculé » peut paraître extrêmement vulgaire ailleurs, ce n’est pas le cas à Toulouse où il se situe entre le surnom affectif et l’interjection. Comme disait Nougaro : « On se traite de con à peine qu’on se traite ».

10. Se convertir à la religion locale

Claude Nougaro, dieu local, possède plusieurs lieux de culte dont une statue derrière le Capitole, une fresque murale à Saint-Pierre et une station de métro. Il donc vivement conseillé de lui rendre hommage, en connaissant quelques unes de ses chansons, ou alors en participant à une grande orgie place du Capitole en s’oignant de graisse de canard.

11. (bonus) Acheter un sarouel

Utile pour s’intégrer dans les lieux suivants : quai de la Daurade, université Toulouse 2 Jean Jaurès anciennement le Mirail. Avoir une carte d’adhérent à la France Insoumise est aussi un petit plus. De toute façon, une personne de droite à Toulouse c’est comme la crédibilité de Christine Boutin, impossible à trouver. Donc mieux vaut cacher tes aspirations LR si tu ne veux pas finir exilé dans le nord, c’est-à-dire, à Bordeaux.

Et puis, il n’y a pas à débattre, Toulouse c’est mieux que Bordeaux. À bon entendeur…