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    La Perle du Sud, défigurée par le tourisme de masse ? À première vue, oui, peut-être. Pourtant, à mieux y regarder, la ville rouge regorge de mille trésors derrière ses riads de jet-setteurs et ses hordes de touristes rougeauds. L’afflux de visiteurs a contribué à revaloriser l’artisanat, absolument remarquable. Les bâtiments anciens, semés un peu partout dans la ville, témoignent du raffinement marocain en matière d’architecture et de décoration. L’Histoire est omniprésente malgré le changement rapide qui opère au Maroc. Parmi les trésors de la ville rouge, nous vous conseillons ceux-ci.

    1. La place Jemaa-el-Fna : à 14 heures, elle n’offre rien de plus qu’une place lambda. Il s’agit pourtant du centre de la ville. A partir de 17 heures, elle devient noire de monde. Charmeurs de serpent, chiromanciennes, tatoueuses, puis lorsqu’il fait nuit, restaurants ambulants garantissent une animation hors du commun. Le passage y est obligatoire si vous vous rendez aux souks ou à la médina. Un problème pour les ophidiophobes (interdiction de googler).
    2. La médina et les souks : c’est la plus vaste médina du Maghreb, et elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Qu’il y fait frais dans ses ruelles sinueuses lorsque la température extérieure chatouille les 37°C… Epices, chaussures, sacs, bijoux : prenez garde au syndrome médina, en vertu duquel toutes les besaces/sandales/parures semblent plus belles une fois que vous avez acheté votre besace/sandale/parure.
    3. Le jardin Majorelle : ce sublime jardin doit sa renommée au couturier Yves Saint-Laurent, qui l’a racheté en 1980 afin de le restaurer, conformément à sa conception d’origine par le peintre français Jacques Majorelle. Des plantes venues des quatre coins du monde s’épanouissent dans cet ilot de fraîcheur où les touristes un peu trop cuits revivent.
    4. La mosquée Koutoubia : malheureusement fermée aux non-musulmans, la Koutoubia surplombe la ville. Son minaret est visible depuis la place Jamaa-el-Fna. Elle est particulièrement belle lorsqu’elle est illuminée la nuit. NB : il est fortement déconseillé de demander qui est le gus qui gueule 5 fois par jour en haut de la tour.
    5. La Médersa Ben-Youssef : en plein cœur de la médina, cette école coranique qui pouvait accueillir jusqu’à 900 étudiants est un joyau d’architecture arabo-andalouse. A côté des prouesses arabes en matière de décoration, Versailles paraît étrangement vulgaire.
    6. Le musée de Marrakech : situé dans le palais Dar M'Nehbi, à côté de la Médersa, le musée de Marrakech propose de l’art contemporain comme traditionnel. A l’inverse des musées occidentaux, le principal intérêt du musée réside dans l’architecture de son bâtiment. Ça change de contempler des murs blanc et du parquet.
    7. Les Tombeaux Saâdiens : de la puissance saâdienne, il ne reste que quelques miettes, dont ces sépultures. Murée sur ordre du sultan Moulay Ismaïl, la nécropole fut redécouverte en 1917. Et elle est aujourd’hui plutôt lucrative, la demeure éternelle. Peut-être qu’on devrait taxer à l’entrée du Père Lachaise.
    8. La Ménara : ce jardin planté d’oliviers est irrigué par un système vieux de plus de 700 ans, depuis le grand bassin central. C’est l’endroit idéal pour une promenade loin de l’agitation citadine. On raconte que les sultans rencardaient dans le coin. Bref, the romantic place to be.
    9. Le palais de la Bahia : c’est un assemblement hétéroclite de demeures toutes plus joliment décorées les unes que les autres. Sur 8 ha de jardins, les fleurs s’épanouissent en toute liberté face au « palais de la belle ». Doté de 160 chambres, le palais était donc destiné à la concubine du grand vizir Sidi Moussa. C’est pas le même style mais ça fonctionne pareil que chez nous, finalement.
    10. Une excursion dans l’Atlas : Marrakech est le point de départ d’une pléiade d’excursions organisées dans les superbes montagnes marocaines, aux paysages tantôt arides, tantôt fertiles. On y rencontre des gens accueillants et simples qui font vivre les traditions. A faire de préférence avec un guide, rapport à ce que les panneaux de signalisation sont un peu rares.

    Mais aussi le palais El-Badi, le Qoubba Almoravides, les cours de cuisine de la Maison Arabe…

    Sources : Marrakech-cityguide, Igougo, le Routard