Crédits photo (creative commons) : S.M. Caen

De nos jours, il est indispensable pour un club professionnel d'avoir son site. Mais pour quoi faire ? Les supporters sont abreuvés d'infos sur internet, font vivre un réseau gigantesque de blogs et évitent soigneusement ces sites officiels gorgés de liens vers la boutique ou de pubs pour des sites de paris en ligne. Malgré tout, les enseignes de la Ligue 1 jouent le jeu et remplissent autant que possible le vide avec des contenus tout à fait dispensables. S'il y a beaucoup de progrès sur ces sites (si on regarde quelques années en arrière), on reste quand même souvent sur sa faim la plupart du temps. Petit guide plein de mauvaise foi des URL à éviter.

  1. SM Caen : à Caen, la dimension "planétaire" du web est un concept mal maîtrisé. Ou alors la mise à jour du site est confiée aux vieux briscards de Ouest France édition Basse Normandie. En regardant les annonceurs, on apprend qu'il y a 3 Pizza Hut à Caen et que l'agence de développement qui a réalisé le site (et qui s'offre une pub sur un tiers de la largeur de la page d'accueil), se trouve rue de la Concorde. Ca valait presque le coup de créer un nom de domaine .clv pour les sites du Calvados. Sinon, les "bukets" sont en promo au KFC de Hérouville Saint Clair.
  2. Girondins de Bordeaux : à la rédaction qui gère le flux d'infos des Girondins, on a décidé de briser cette image de club tranquille et sans histoire. Et pour ça, on mise sur le titre fracassant "CFA : Un Nouveau Choc" pour un match contre Tarbes, "Déja une affiche" pour le déplacement des U17 à Villenave ou sur des titres sybillins du genre "Sondage : La colère" pour appâter le lecteur. Bien vu, on s'est abonné au fil.
  3. Paris Saint-Germain : bienvenue sur le site officiel de Javier Pastore. L'Argentin fait la Une du magazine 100%PSG, comme partout ailleurs, et s'invite sur la jaquette d'une version collector de FIFA 12. Ca permet de repérer facilement les pages qui datent un peu, avec des photos de Giuly ou de Hoarau. Pas facile d'être une étoile pendant plus d'un an à Paris.
  4. AC Ajaccio : le premier réflexe quand on débarque sur le site de l'ACA est de chercher la version en français. Le site clame haut et fort son identité corse, et toi, internaute continental, tu es un peu perdu. Ceci dit, le site propose une version en espagnol pour ses nouveaux fans mexicains. Un populu, una cità, una squadra... Un situ ufficiale
  5. Olympique Lyonnais : un site très pro, plein de détails palpitants ("retard au décollage", "L'avion a décollé pour le Tatarstan (ou pour Madrid)", "l'avion est arrivé", "Promenade matinale au Tatarstan (ou à Madrid)"...) et une option permettant de switcher en Anglais, et même en Chinois... Les Chinois connaissent surement Zidane, surement Djibril Cissé pour lui avoir pété la jambe, mais pas l'Olympique Lyonnais.
  6. Valenciennes FC : à VA aussi, on vous précise que vous êtes sur la version française du site, en spécifiant un petit "/fr" à la fin de l'URL. Mais vous pouvez remplacer ça par "/en", "/es" ou ce que vous voulez, vous tomberez sur une page d'erreur. VA a préféré se concentrer sur son talon d'Achille, la formation, en nous montrant des photos de ses équipements, le réfectoire, les douches, la salle de "détente", qui ressemblent quand même méchamment à un centre pénitentiaire.
  7. Stade Brestois : Brest a sorti les moyens pour tenir sa communauté de fans en haleine avec son actualité débordante : web-TV, un journal officiel en pdf et un compte Facebook, "la communauté des Ty-Zefs". Sauf que l'actualité n'est pas aussi riche que ça, donc le site propose de venir nombreux au tournoi de pétanque du 12 Brestoa et remplit sa page "magazines" par un plan de stade et un descriptif de chaque tribune. Un Twitter aurait peut être suffi.
  8. Toulouse FC : le TFC a eu la brillante idée de coller un Wiki contributif dans son site. Excellent. Sauf que l'article le plus consulté selon le décompte du site est un compte-rendu de match entre Rennes et Toulouse, 14ème journée de la saison 2004-2005 (Jacques Faty a reçu un jaune, Nabil Naider est sorti à la 80ème, Moreira a marqué...) et le classement de la CFA 2. On dirait que l'algorithme de ce classement est à revoir...
  9. Evian Thonon Gaillard : le promu a décidé de prendre du fric partout où il y en a. Le site est donc logiquement une mosaïque de publicités diverses et variées, du site de pari en ligne à l'installation de porte-fenêtres en passant par les hôtels de la région. Les photos des joueurs sont soignement prises devant le panneau des partenaires et un bandeau de sponsor est affiché en bas de page sur tout le site. Et pourtant, la page d'accueil réussit à être à moitié vide... Un site aussi agréable à lire qu'un "Petit Zappeur".
  10. Montpellier Hérault : pour les gens qui n'habitent pas l'Hérault, le club de Montpellier n'évoque pas grand chose.... Valderrama ? Ziober ? Alors pour qu'on mette un visage sur le club, la page d'accueil a pour titre "MHSCFoot - Président : Louis Nicollin Président Délégué : Laurent Nicollin". Voila, Montpellier, c'est la boutique de Loulou et de sa famille. Comme ça, c'est bien clair. Et vous pourrez en plus télécharger la carte du midi du "Bistrot de Grammont", à deux pas des terrains d'entraînement. Une mine on vous dit...

Et vous, vous parvenez à assouvir votre passion pour votre club grâce à son site officiel?