
Dans une société de « travailler plus pour gagner plus », travailler moins pour ne plus gagner grand chose, forcèment ça irrite aux entournures. Et si on ne travaille pas, pour beaucoup c’est que « quelque part on l’a un peu cherché non ?« . On ne l’évoque réellement jamais et puis un jour, ça sort, comme ça, au détour d’une phrase. Une simple phrase pour celui qui l’a dit, un tout petit plus pour celui qui la reçoit. Parler plus pour enfoncer plus.
- « Profites-en pour faire un enfant ! » : ah mais oui, quelle bonne idée, tiens, je n’ai pas de revenus, je ne sais pas où je serai dans deux mois, ni si je pourrai encore payer un loyer, et j’ai l’impression de rater ma vie, mais oui, c’est certainement le moment idéal pour avoir un enfant !
- « Tu touches les Assedics, de quoi tu te plains (et avec nos impôts en plus !) ??? » : oui, c’est sûr, vivre aux crochets de la société, c’est ce dont j’ai toujours rêvé depuis que je suis petite…
- « Quand on veut vraiment travailler on trouve toujours, tu n’as pas dû essayer très fort ! » : souvent suivi de « Moi je suis parti de rien, regarde, aujourd’hui j’ai une bonne situation, il suffit d’avoir de la volonté… » oui, sauf que c’était il y a trente ans, ton exemple…
- « Désolé, mais on ne va rien pouvoir faire pour vous aider ! » : venant d’un employé du Pôle Emploi, c’est quand même un peu inquiétant, comme réflexion, non ?
- « Ils embauchent des vendeurs au magasin de meubles, tu devrais postuler ! » : c’est gentil de vouloir aider, mais bon, c’est pénible de devoir expliquer pour la cinquième fois à sa belle-mère que quand on a un bac+5 en biologie cellulaire ou en géophysique, on oriente sa recherche vers d’autres types de postes, sans parler du fait qu’on ne serait même pas foutu de vendre un porte-clefs…
- « Tu finiras bien par trouver ! » : comme si c’était une certitude mathématique, ou qu’on pouvait gagner à l’usure. Euh… au bout de 300 candidatures, on a encore ses chances ou pas ?
- « Bah pourquoi tu essayes pas de postuler chez BIDULE ?! « : sauf que –et votre interlocuteur ne le sait pas- vous avez déjà essayé douze fois de postuler chez BIDULE, avec au bilan douze refus…
- « Tout n’est pas négatif, ton couple va bien ! » : ah mais oui, d’ailleurs pourquoi s’inquiéter, puisque mes jonquilles sont en fleurs et que le championnat du monde de curling débute ! Youpi !
- « Quelle chance tu as d’avoir du temps pour toi ! » : vaut mieux entendre ça que d’être sourd, quoique…
- « Ca pourrait être pire, regarde ces gosses qui meurent sous les bombardements ! » : oui, là, franchement y’a rien à répondre, surtout que l’auteur de cette perle la trouve en général très intellectuelle. Videz plutôt le saladier de punch, ça console.
Et vous, on vous a déjà fait ce genre de réflexion ?



24 commentaires
@ Actinia: profites-en pour faire des tops :-). Et bonjour à belle-maman !
@actinia parait que le patron de BIDULE lit régulièrement topito, je suis sur qu’il va te contacter pour vendre des belles maman dans son magasin de meuble.
Il y a aussi le récurrent (mi-curieux, mi-perplexe) : « Mais tu fais quoi de tes journées, au juste ? »
Très bon début topitesque !
Je suis sûr que Topito va te proposer un super contrat de bénévolat. Alors « faut pas s’inquiéter » !!!
super top Anita, et puis comme on dit » courage, tu vas y arriver »
« t’es pas à l’abri d’un coup de bol »…..
LKe célébrissime « Tu es pété de thunes maintenant, tu as eu ta prime de fin de mission, tu vas pouvoir en profiter! »
Oui, bien sûr, sauf que la fameuse prime sert en général à payer les impots…
Merci pour ce top, j’ai dut entendre au moins ue fois chacunes de ces répliques…
Grrrr !
Le chômage ma permis de devenir un bon musicien. Mais bon, je ne risque pas d’avancer très loin. M’enfin ça occupe…
C’est tellement vrai :(
Au moins je me sens moins seul !
@Actinia : MERCI pour ce TOP, je me sens moins seule !
Il y a aussi les moments de solitude (genre dîner de mariage) où tout le monde te pose la question fatidique « Et toi ? Tu fais quoi ? », j’ai arrêté de dire que je ne bossais pas (pas assez politiquement correct – sourire pincé de ton voisin de table qui se dit « putain, ils m’ont mis le cas social à table) et maintenant je dis « je suis consultante en développement personnel et optimisation du temps libre » et ben, dis avec l’air convaincu, non seulement tout le monde croit que t’es une branleuse payée super cher, mais en plus on te demande des tuyaux !!!! (véridique!)
Je vais peut être appeler la Sté Bidule pour leur proposer un séminaire de coaching personnalisé ?!
oh mais il y en a de belles autres :
- « mais au moins tu peux faire tes courses pendant les heures creuses » : ouais trop chouette ! surtout que comme j’ai plein de fric à dépenser, je peux passer mon temps dans les magasins !
- « au moins tu n’as pas la boule au ventre le dimanche soir ». Ah ça c’est sûr, que le dimanche soir n’est pas plus dur que les autres, vu que c’est continuellement la boule au ventre
- « quoi ? t’es pas dispo pour (rayer la mention inutile) garder nos gosses, tondre notre pelouse, retapisser notre salon etc… ?
mais ton rendez-vous chez l’ophtalmo tu peux le prendre un autre jour puisque que t’as pas de contraintes ! »
- « bah tu verras, quand t’auras un boulot, tu feras comme tout le monde, tu te plaindras de ton boulot ». allez, chiche, on échange nos situations pour voir ce que cela fait de se plaindre d’autre chose pour changer un peu ?
« ca te permet de faire le point dans ta vie/ta carrière »
« tu peux en profiter pour faire un bilan de compétences »
Ah, le bilan de compétences …
Mais quel merveilleux top !!! Et si réaliste en plus !!!
Y a aussi le « Mais c’est cool, tu vas pouvoir en profiter pour partir en vacances… » C’est génial, mais dis moi avec quel argent ducon !!!!
@ Actinia : Tu peux toujours essayer la Sté TRUC, c’est les concurrents de BIDULE, ils ne vendent peut être pas que des meubles…
C’est fou comme les belles mères et les imbéciles se ressemblent d’une famille à une autre…
il y a aussi, « j’ai un cdd pur vous », mais au bout de 3 ans de cdd ça commencer a devenir lassant, surtout quant ont bosse pour l’éducation national qui vous dit ont vous a bien exploiter maintenant dehors.
Bon courage, Actinia.
Dans la même galère que toi, le TOP n°1 est « Moi, je m’inquiète pas pour toi (tu es un mec super, tu as des diplômes, de l’expérience, tu relationnes bien…) », phrase qui ne vient JAMAIS d’un recruteur mais des amis ou ex-collègues. ;-)
J’ai eu fait quelques petits boulots mais rien qui m’intéresse vraiment. Ma mère sur mes cartes d’anniversaire ces dernières années m’écrit: « en espérant que tu trouve un boulot qui te convienne » ou « en espérant que tu trouve un boulot digne de ce nom », ça mets le moral légèrement à zéro!
Et mieux mon frère de 17 ans qui me dit: « Moi au moins je fais quelque chose de mes journées! Je vais en cours! » Ben si il veut échanger pas de problème hein! Comme si ça me plaisait de pas bosser. Et en 2007 j’ai fais une formation d’assistante de vie et mon autre frère de 22 ans qui me sort: « ben moi au moins je fais quelques chose » (il était à la fac), ce à quoi je lui réponds: « ben je fais quelque chose, je suis en formation! », lui: »Hum! »
Moi j’adore les fameux:
- »haaa mais tu as du temps libre, pourquoi tu ne cherches pas de boulot? » hooo mince je suis bête, je n’y avais pas pensé dit donc …
- « regarde Massimo Gargia, il a reussi sans travailler » triste réalité ou foutage de gueule ?
Merci pour tous ces commentaires… et que de nouveaux exemples de réflexions consternantes ! Il aurait fallu faire un top 30 !
Allez, pour conclure sur une note plus positive, 3 mois après l’écriture de ce top, j’ai retrouvé un travail… et pas chez le vendeur de meubles, héhé !
Courage !
[...] un autre genre, je vous recommande la lecture du Top10 des réflexions pourries qu’on vous inflige quand vous êtes au chômage [...]
Lol, l’emploi de nos jour, c’est comme l’ame soeur, doit-on épuiser les 3 milliard de femmes (ou éventuellement d’homme pour vous autre) pour enfin comprendre que ça n’existe pas ???
Et il y en a qui en rajoute… « T’as peut-être raison, quoique, tu ne serais pas un peu gay parfois? », et revoilà, 3 autres milliard à épuiser, mais non, à la fin, la meilleure situation c’est encore le présent :/
Oui, c’est bien comme les femmes, chercher c’est facile, le plus dure et insoutenable reste l’attente d’une réponse favorable…
Bon, alors moi, ça m’a permis d’écrire d’excellents livres, de faire de très jolies peintures à l’huile, de réaliser de très belles photos, et surtout de me coucher et me lever aux heures que je voulais (et veux encore).
Alors, on m’a dit avec un sourire en coin : « Et tu fais quoi ? »
Je réponds : « J’apprends à regarder ceux qui sacrifient leur plaisir à aller bosser comme des cons pour ne rien avoir à la fin du mois, tout ça pour posséder une bagnole, une télé plate et les pulls dernier cri ! », par exemple
Des foilles, je dis « je choisis, me cultiver ou m’abrutir! » ou
« J’aime quand vous pensez à moi comme ça, on voit que ça vient du fond du coeur. Merci ! »
J’ai exactement le problème du numéro 5, mais en biochimie…
Le plus rageant lorsque la situation est relativement récente, c’est d’expliquer 274 832 fois la même chose
« Non, mon CDD n’a pas été prolongé »
« Oui, je cherche dans le domaine de la chimie »
« Oui, j’ai déjà postulé chez Zorglub, merci pour l’idée »
« Non, j’ai pas spécialement envie de devenir déménageur dans la boîte de ton cousin »
« Ouais, je sais que je suis sympa et compétent et que je vais trouver rapidement »
« Oui, le marché de l’emploi est pas terrible en ce moment »
« Non, je n’en ai pas profité pour partir en vacances »
« Non, je n’ai pas que ça à faire que de venir tous les jours refaire ta terrasse en échange d’une bonne bière »
« Non, je pense que … AHHHHHHHHHHHHHH » !
Ajouter un commentaire