Un ange passe. Il vient d’entrer dans le rade, et les gens ont compris qu’il se passait quelque chose. Y’a des gars comme ça. Et y’a des gars comme toi. 10 trucs qui prouvent que tu as affaire à un briscard, le genre qu’a quelques troquets dans le rétroviseur.

1. Il ne "dit" pas bonjour

Non pas qu’il soit impoli, mais un hochement de tête assuré, à l’adresse du taulier fera le taf. A peine entré, il annonce la couleur. Avec classe et sans mot dire.

2. Il tutoie le serveur

Alors même que c’est la première fois qu’il le voit. Sans la moindre familiarité, tout en respect et en décontraction. « Tu me r’mettras la même s’il te plait ? J’te r’mercie. » Un poème.

3. Il commande au comptoir

Question d’habitude, de culture presque. Et un peu pour le plaisir d’aller s’y accouder, l’espace d’un instant…

4. ...et ça se voit qu'il aime ça

Son corps ne fait alors qu’un avec le zinc, épousant parfaitement sa structure et ses aspérités. Et ce « posé de coude », si facile et gracieux. Le type est chez lui, dans ses chaussons. Et ça se voit.

5. Il commande une bière. Pour commencer.

Pas une blonde « pisse », ni une bière bouteille : une pression, et une quali. En pinte, évidemment, même s’il ne prend pas la peine de le préciser tellement c’est évident. Le taulier ne s’y trompe pas, et le sert sans lui faire l’affront de demander « En demi ? ». En demi ? Pourquoi pas en galopin tant qu’on y est…

6. Il taquine le liège...

mais genre méchamment. Et si tu veux un petit conseil, ne t’avise pas non plus de le défier aux fléchettes. Ni au billard. Tu es sur son territoire, ne te fais pas remarquer, ne lui fait pas perdre son temps, et personne ne sera blessé.

7. Il tient l'alcool, le bougre

Tu ne saurais pas dire s’il en est à sa septième ou à sa huitième pinte, mais deux choses sont sûres : 1) il commence à en avoir un peu dans le sang bien que l’alcool semble couler sur son foie comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Et 2) même si tu ne devrais pas, ça te rend sacrément admiratif.

8. Il y a des choses qu'il ne commandera JAMAIS. JA - MAIS.

Il ne boit pas de « Piña colada », même pas en pinte. Pas plus qu’il ne commandera de « Spritz », ce breuvage italien au goût de médicament dont les bobos et les pouffes raffolent depuis que le mojito est devenu trop « maintream ».

9. Il sélectionne les rades dans lesquels il va

Tu ne le croiseras jamais dans un « Beverly » ou un « Loco Loco », ça non. Plus probablement dans un « O’Calaghan » ou un « Balto ». Question non pas de standing, mais de style. Et de respect. De soi. Les rades où tu dois HURLER ta commande au serveur pour couvrir la musique (de merde) crachée par une télé qui diffuse des clips (de merde), et raquer ta pinte (de merde) à 9 boules, très peu pour lui.

10. Il peut boire seul sans que ça fasse alcoolique

En partie du fait de son aisance avec le comptoir. Et en partie parce que dans le fond, un alcoolique c’est quelqu’un qui boit autant que nous mais qu’on n’aime pas. Et lui, on est obligé de l’aimer.

Sans rancune bande de buveurs du dimanche, soyons beaux joueurs… (et gardons en tête qu’il mourra d’une cirrhose à 41 ans !)