L’homophobie, c’est comme le racisme : un truc tellement ancré dans notre culture que même affranchis des idées préconçues, même à gauche et même en s’en foutant royalement, nous perpétuons des clichés à la con par nos attitudes et nos paroles sans même nous en rendre compte. Il n’y a pas à proprement parler de culture homophobe, mais des remarques à la con ou des pensées automatiques. Plus retorses à combattre que l’expression sale pédé.

1. Traiter les gens d'enculés comme si c'était une insulte suprême

C’est bien connu, se faire sodomiser c’est vraiment ultra dégradant, du coup les gens qui se font sodomiser sont voués aux gémonies et brûleront éternellement en enfer. C’est bien connu. On a donc raison d’utiliser aussi souvent ce mot pour insulter les gens.

2. Représenter des homosexuels qui ne sont potes qu'avec des meufs

Dans les séries comme au cinéma, les homosexuels sont presque toujours des side-kicks sympas qui ne sont potes qu’avec des meufs. Riverdale, Dawson : la liste est longue et la tradition permanente. C’est vrai qu’un héros gay, ça ne peut pas exister, rapport au fait que pour être un héros il faut des grosses burnes.

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3. La cage aux folles

Ca me fait rire, La cage aux folles, j’adore Serrault, j’adore Tognazzi et j’adore Poiret et c’est drôle et tout ça. Mais c’est quand même le truc le plus homophobe du monde : les homos sont forcément des folles, Serrault en fait des caisses… Alors oui le film présente aussi un couple d’homosexuels stables qui ont élevé un enfant, mais c’est quand même clichéland.

4. Supposer que les homos ont forcément une sexualité dingue

Bah oui, parce que les homosexuels passent leur temps dans des backrooms à se faire des trucs chelous avec du cuir et des fouets tout en se mutilant le sexe et en jouant avec des menottes trop serrées, le tout à 10 ou 12 minimum sinon c’est pas marrant. Du coup, quand on voit des couples normaux de mecs ou de filles, on s’étonne. Etonnant, de s’étonner.

5. Poser des questions sur la sexualité d'un gay comme si c'était normal

« Mais du coup t’es passif ou actif ? Et comment vous décidez ça ? »

Vous imaginez un peu si on parlait comme ça aux hétéros quasiment sans les connaître ? « Et toi, tu préfères la levrette ou l’Amazone ? Et les filles tu y vas fort ou doucement, toi ? Et tu mets des doigts dans les fesses ? » Arrêtons enfin.

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6. Vouloir à tout prix présenter ton pote gay à ton autre pote gay

Parce que forcément, vu qu’ils sont gays, ils ont plein de trucs en commun donc ils vont se plaire et vouloir s’accoupler. Forcément. C’est pratique les gays, puisqu’ils sont complètement fous du cul, ils couchent forcément avec tout le monde donc on peut observer et se marrer.

7. Présupposer que tes potes gays connaissent forcément des meilleures soirées que toi

Bah oui, pour se marrer y’a pas mieux que les gays, c’est connu. Ils vont pas dans des bars traditionnels, eux. Ils ont des adresses folles où des gens dansent nus dans des effluves de mousse et où des carnavals brésiliens défilent au milieu des spectacles trans. Forcément.

8. Présenter quelqu'un en précisant qu'il est gay

« Je te présente Michel, mon pote gay. »

Mais imaginez un peu : « Je te présente Thomas, mon pote hétéro. » Bizarre, quand même, ce besoin d’essentialiser les gens à leur sexualité.

9. Te sentir obliger de préciser que tu n'es pas homophobe quand quelqu'un te dit qu'il est gay

« Ah t’es gay ? Mais tu sais, moi j’ai aucun problème avec ça hein ! »

Bah on s’en doute, et puis surtout on s’en fout. Imaginez un peu dire ça à un noir : « Ah t’es noir ? Mais j’ai aucun problème avec les noirs, moi, hein ! » Toute forme de malaise est malaisée.

10. S'étonner que tes potes gays ne connaissent pas par coeur Mylène Farmer et Céline Dion

Bah ils écoutent forcément ça, non ? Tu les as mises dans la playlist, les chansons, pour leur faire plaisir. Ils pourraient chanter un coup quand même.

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Les gays ont un super radar à connerie.