Il fut un temps où les cimetières parisiens débordaient. Reprenant le modèle des sanctuaires antiques, les autorités ont donc décidé de les désengorger en aménageant des tombeaux dans les anciennes galeries souterraines de Paris. La première vague eut lieu à la fin du XVIII°, mais d’autres suivirent, jusqu’à l’après Seconde Guerre mondiale : il fallait bien stocker les morts quelque part.

1. Six millions d'ossements, quand même

Et en réalité bien plus. On parle là uniquement de la partie visitable, soit environ 800 mètres de galeries. Les ossements ont été transférés là au XVIII° siècle, après que la surpopulation du Cimetière des Innocents eut commencé à devenir si intense que les exhalaisons macabres et les effondrements ne pouvaient plus être contenus. Six millions, ça fait quand même un gros paquet.

2. Leur taille excède de loin la partie visitable

1,7 km visitable ; c’est à peine 0,5% de la surface totale des catacombes situées sous Paris. Il y’a donc près de 300 km de réseaux souterrains à Paris dans lesquels on a entreposé de nombreux cadavres, mais pas uniquement. Certaines parties de ces réseaux sont régulièrement visitées par les cataphiles ; d’autres demeurent encore relativement méconnues.

3. Ambiance gothique romantique

A l’entrée de l’ossuaire, un avertissement en alexandrins : « Arrête ! C’est ici l’empire de la mort. » Des citations du genre en pagaille, de tous côtés. Et surtout des sculptures en ossements, comme cette rotonde tes tibias constituée, comme son nom l’indique, de tibias. Il y a aussi des consolidations transformées en autels pour réaliser des cérémonies mortuaires façon culte à l’ancienne et surtout à la bien. Malaise.

4. Des gens s'y baignent

D’une part, on trouve des fontaines, comme la fontaine de la Samaritaine, réalisée en 1810 pour choper les eaux de la nappe phréatique. On a également surnommé la fontaine la source de l’oubli dans un délire morbido-antique. Et puis on trouve aussi des genres de petites oasis, piscines naturelles où certains cataphiles viennent se baigner.

5. Pendant l'Occupation, les catacombes n'ont pas pris partie

Evidemment, les résistants s’en donnaient à coeur joie : ils pouvait se planquer sous terre et entreposer du matériel loin des yeux nazis ; mais les nazis aussi se servaient du réseau. Ils y ont construit des bunkers, notamment sous le lycée Montaigne, ainsi que plusieurs entrepôts d’armes et de vivres.

6. Un concert clandestin s'y est déroulé en 1897

En avril 1897, des personnalités en vue de Paris ont reçu un billet les conviant à se présenter devant l’entrée de l’ossuaire à 11 heures du soir. Les types se présentent et ont droit à une représentation de musique glauque (Danse Macabre et Marches funèbres) réalisée par les musiciens de l’opéra. Rien n’avait bien sûr été autorisé. Le concert défrayera les chroniques mondaines pendant plusieurs jours.

7. On trouve des stars, dans les Catacombes

Même s’il est impossible de les identifier. On sait que les cadavres de Rabelais, de Blaise Pascal, de Racine, de Montesquieu, de Charlotte Corday, de Danton, Robespierre ou Camille Desmoulins y sont entassés. Mais c’est devenu difficile de les reconnaître puisqu’on a fabriqué des sculptures à partir de tibias.

8. Des gens s'y sont installés à la bien

En 2004, les flics ont fait une découverte amusante : une salle de cinéma entièrement équipée, avec un bar clandestin, un téléphone, la totale. Ce n’est pas la seule bizarrerie trouvée dans les lieux. Les cataphiles s’aménagent souvent des salles où ils passent plusieurs jours dans des hamacs. Par ailleurs, des voleurs ont utilisé les catacombes pour creuser un tunnel menant à une cave de renom en 2017 et sont parvenus par ce chemin à dérober pour 250.000 euros de bouteilles de pinard.

9. Depuis 1980, les catacombes ont une brigade de police dédiée

Pour lutter contre le développement de la cataphilie, une brigade de la police nationale a été créée. Elle patrouille dans les Catacombes depuis 1980 et délivre des amendes, généralement de 60 euros. Si jamais l’accession aux catacombes a été réalisé à partir d’une plateforme de la SNCF, l’amende peut atteindre 3600 euros.

10. Au XIX°, des malins se sont servis des tunnels pour faire pousser des champignons

Des champignons de Paris, ça va de soi. La pratique a ensuite été déportée vers les champignonnières de la forêt de Montmorency dont la visite vaut aussi le détour. Aujourd’hui, les champignons de Paris sont importés de Hollande. Le monde, c’est quelque chose, hein.

Je suis catacomblé.

Sources : Listverse,