Le monde change. Le monde change, mais l’homme est conservateur par nature et n’aime pas que ses habitudes soient chamboulées. Quand il se familiarise avec un sigle ou une marque, il est rétif à l’idée que ce sigle ou cette marque change et use de résistance passive en utilisant à escient l’ancien sigle ou l’ancien nom de marque pour le simple plaisir de ne rien changer du tout. Il faut se mettre à la page.

1. GDF

Ca s’appelle Engie, maintenant. Donc on arrête de dire « merde GDF va me couper le gaz parce que je les ai pas payés depuis trois mois » et on dit « merde, Engie va me couper le gaz parce que je les ai pas payés depuis trois mois ». Et on le règle, aussi, ce petit problème de facturation, por favor.

2. Les Assédic

L’Assédic a disparu en 2008 lors de la fusion avec l’ANPE, pour former Pôle Emploi. On ne touche donc plus les Assédic, en fait, on touche l’allocation chômage. En plus, dans la start-up nation qui se dessine, si on veut trouver un boulot et qu’à l’entretien on utilise des mots comme Assédic qui ont disparu depuis des lustres, on risque de se faire recaler. Gaffe.

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3. Les sciences nat'

Ca s’appelle SVT depuis 25 ans, mais certains disent encore sciences nat’, ou bio. Tout ça parce que leurs parents disaient sciences nat’ et que du coup ils disaient sciences nat’ et que du coup personne ne les comprenait dans leur classe et que désormais ils sont marginalisés dans le monde à cause d’une erreur de vocable.

4. Les COTOREP

On adore faire des blagues sur les COTOREP. Le problème, c’est que la COTOREP est devenue CDAPH en 2006 et que du coup les blagues marchent beaucoup moins bien. Dire « François, de Topito, c’est un peu le quota COTOREP de la boîte » ça faisait rire tout le monde ; en revanche, dire « François, de Topito, c’est un peu le quota CDAPH de la boîte », ça laisse les gens indifférents. Les temps changent et l’humour ne reste pas.

5. Le RPR

Devenu UMP en 2002 puis LR en 2015. Le problème, c’est que comme ça change de nom tous les 15 ans, on a envie de dire le RPR pour simplifier, d’autant que LR, ça ressemble vachement à RPR et qu’en plus c’est plus drôle de dire RPR. Paradoxe.

6. Le BEPC

On ne dit plus BEPC pour désigner le simulacre d’examen non contraignant qui a lieu à l’issue de l’année de troisième depuis 1985. On dit Brevet des collèges. Mais le truc est tellement inintéressant et ridicule qu’on a envie de dire BEPC parce que c’est plus drôle, plus simple, plus administratif et plus lunettes à écailles.

7. La maîtrise

Avec la réforme LMD, le terme Maîtrise ne veut plus rien dire : avant, quand on avait un bac+4, on avait une maîtrise ; aujourd’hui, quand on a un bac+4 on a un M1, ce qui ne sert à rien puisque c’est le M2 qui compte dans ce monde de concurrence où les gens qui ont un doctorat se retrouvent à bosser pour des clopinettes dans des boîtes à vocable anglophone.

8. Bercy

Qui est devenu l’AccorHotels Arena et franchement ça nous fait tout bizarre. Et puis c’est beaucoup trop long comme nom.

9. La D1

La D1 s’appelle la L1 depuis 15 ans et même la L1 Conforama depuis moins longtemps mais quand même. Cette habitude d’accoler des noms de marque à des championnats ou des lieu me terrifie. Trop hâte d’aller à la Pampers Tour Eiffel ou de visiter le Tampax Centre Pompidou.

10. La cinquième

La cinquième n’existe plus. Désormais, c’est France 5. D’accord, personne ne regarde France 5. Mais personne ne regarde encore moins la Cinquième.

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Y’a que les COTOREP qui disent Engie.