Pour des raisons marketing, les distributeurs décident parfois de modifier totalement le titre des films étrangers en France. Parfois, ça se justifie, un jeu de mots ou autre ne pouvant être correctement traduit ; parfois, ça répond à une volonté de manipulation claire pour faire croire au public que l’oeuvre s’inscrit dans la lignée d’autres œuvres qu’il a déjà vues et ainsi le tromper sur la marchandise. Et on se retrouve avec des absurdités absolues.

1. All Good Things --> Love and Secrets

Passé inaperçu en France, ce film avec Ryan Goling et Kirsten Dunst est inspiré de l’histoire de Robert Durst, un magnat de l’immobilier new yorkais qui a flingué trois personnes dont sa femme avant de se faire choper suite à des aveux prononcés par mégarde dans un documentaire réalisé sur son histoire. Un documentaire réalisé par… le même mec qui avait fait Love and Secrets. Il est donc question de meurtres, d’horreur, mais les distributeurs français, en voyant Ryan Gosling et Kirsten Dunst, se sont probablement dit qu’il valait mieux jouer la carte de la comédie romantique à la con. Raté.

Crédits photo : Groundswell Productions

2. Django, prépare ton cercueil --> Trinita, prépare ton cercueil

Voilà le topo : Trinita a bien marché. Du coup, au moment de sortir le nouveau Terence Hill, on s’est dit qu’on allait tout simplement rajouter Trinita pour faire croire que c’était une suite. A mon avis, on peut parler d’échec.

Crédits photo : B.R.C. Produzione

3. Metro --> Le Flic de San Francisco

Attendez, réfléchissons un peu. On est d’accord que Le Flic de Beverly Hills, ça marche bien, non ? Du coup, le nouveau film avec Eddy Murphy où il joue un flic, on l’appelle comment ? Vas-y, on fait croire que ça fait partie des Flics de Beverly Hills alors que ça n’a aucun rapport, ça te dit ?

Crédits photo : Touchstone Pictures

4. Safari Cannibale --> Les Aventuriers de l'Or perdu

A votre avis, sur le succès de quel film on a essayé de surfer pour convaincre les imbéciles d’aller voir une série Z totalement nulle avec des mecs qui se font manger dans une ambiance giallo sans charme ?

5. Maid In Manhattan --> Coup de foudre à Manhattan

« Dis Patrick, il est un peu nul le film avec J-Lo, là, non ? » « Ouais t’as raison et cette histoire de bonniche, ça va pas attirer les foules… » « Attends, on a qu’à regarder ce qui marche niveau romcom en ce moment, t’en penses quoi ? Passe le Pariscope. Coup de foudre à Notting Hill, ça marche, ça, non ? »

Crédits photo : Revolution Studios

6. Eraserhead --> Labyrinth Man

Bon. Eraserhead a beau être le premier film de Lynch, il est sorti après Elephant Man. Dès lors, comment faire pour essayer de faire croire au public que c’est un peu le même film ? Ah bah on pourrait l’appeler presque comme celui qu’a marché, là, t’en penses quoi ? Banco, vas-y.

Crédits photo : American Film Institute

7. Nightcrawler --> Night Call

A aucun moment, on ne l’appelle de nuit. En voyant le titre et la bande annonce, on pense qu’on a affaire à un reporter vertueux alors même qu’il s’agit de l’histoire d’un psychopathe qui se déplace de nuit. Mais mais mais, l’équipe de Drive était dans le coup. Et à quoi on associe Drive ? A la chanson, bien sûr, la chanson Night Call. CQFD.

8. A Short History of Decay --> Sexy Therapy

 

On passe donc d’une « courte histoire de la déréliction » à « thérapie par le sexe ». Dans le genre racoleur. Surtout que le film n’a rien de l’ambiance comédie potache avec du cul, puisqu’il s’agit d’un film totalement Sundance produit par MILOS FORMAN bordel, et qui parle d’un auteur dépressif dont le père a une attaque et la mère Alzheimer. Comment flinguer les chances d’un film de trouver son public.

Crédits photo : Alfred Sapse

9. Bad Biology --> Sex Addict

Pour info, Bad Biology est un film d’horreur avec contagion et tout le toutim.

Sec Addict, ça le fait, non ?

10. Whip it --> Bliss

Je dois être une des seules personnes en France à avoir vu ce premier film de Drew Barrymore qui, figurez-vous, n’était pas si mal. Sauf que les distributeurs se sont dits qu’il fallait la jouer Juno. Et pour la jouer Juno, ils ont foutu Ellen Page en Une et ont renommé le film du prénom de son personnage, alors même que ce n’est pas tout à fait le premier rôle du film, ce qui fait que ça foire totalement et qu’on ne comprend pas du tout que c’est un film sur le sport, en réalité, et le féminisme.

Fail, ça se traduit par « coup commercial ».

Sources : Ca m’intéresse , Pardon my titre