videoclub
source photo : Abandomoviez - Montage Topito

Il y avait une vie avant le streaming, Canal Play et Netflix. Une vie passée à errer des heures devant des centaines de jaquettes en espérant trouver LE bon film dans un vidéoclub. Une vie à regarder ce que prenait le mec d'â côté parce que vous n'aviez pas d'idées, une vie à retourner la jaquette pour lire le résumé, une vie à demander si "Police Academy" était enfin rentré. Ce vidéoclub, le votre, il a disparu, remplacé par une agence de la BNP ou un vendeur de Kebab. On ne dirait pas qu'il vous manque, mais presque. Be kind, rewind.

  1. L'obligation de "REM-BO-BI-NER" les cassettes
    Si vous croisez des gens de plus de 40 ans qui ont des tatouages de taulard, du genre une toile d'araignée sur le coude, et qu'ils vous disent "dans ma jeunesse, j'ai fait des conneries", vous pouvez être sûr qu'il a rendu une cassette au vidéoclub SANS la rembobiner. Et ça, à l'époque, c'était grave. De quoi prendre une remontrance à voix haute devant tout le vidéoclub: le voisin antisocial du quartier, c'était vous.
  2. Le stress d'être toujours en retard quand on rendait les films
    On peut faire pas mal de conneries dans la vie. Mais on ne rend pas ses films en retard, c'est une question de principe. Parce qu'on ne voulait pas soutenir le regard de celui qui nous disait en vérifiant l'état de la bande ou du DVD qu'on avait 2 jours de retards. Un putain de rebelle quoi.
  3. La caution délirante pour une vidéo toute pourrie
    Un chèque de plus de 600 francs à laisser au patron du vidéoclub avant d'avoir le droit de louer une cassette ? Oui, à l'époque, on ne s'emmerdait pas. Ensuite, si la bande se prenait dans ton magnéto, BAM, 100 euros, "je veux pas le savoir" disait le moustachu.
  4. La liste d'attente pour le dernier "blockbuster"
    (Même si on disait pas encore blockbuster à l'époque). Quand on apprenait la sortie "à la location" d'un gros titre, qu'on voyait que notre vidéoclub en achetait deux ou trois copies seulement, on savait qu'on allait devoir se positionner. Et donc RESERVER un film, concept étrange aujourd'hui. Il fallait donc faire la queue, faire savoir qu'on était là pour s'imposer physiquement. C'était le prix à payer pour voir rapidement Nicolas Cage au sommet de son art. Autant dire que ça remonte.
  5. Le stress de ne pas voir de petites étiquettes devant la jaquette
    Vous étiez venu pour choper une nouveauté, évidemment. Mais devant la jaquette du film, celui que vous vouliez voir ce soir, rien, pas de petite étiquette pour dire que le film était dispo. Déception, puis panique. Il restait un espoir: demander si l'étiquette-graal en question ne se trouvait pas dans le petit tas qui gisait sur le comptoir comme autant de films que les gens venaient de ramener. Le vendeur jetait un coup d'oeil rapide et vous disait que "non, désolé". Mais vous, vous saviez au fond qu'il avait mal regardé...
  6. Le rayon "film pour adultes" habilement dissimulé
    Les vidéoclubs survivaient surtout grâce aux cassettes de films de boule. Il était donc indispensable d'avoir un rayon copieusement fourni aux pochettes aguichantes. Mais pour que la boutique reste familiale, il fallait construire un petit labyrinthe de rayonnages pour permettre aux plus de 18 ans de faire leur choix sereinement, à l'abri des regards. Avant Internet, un film de cul, ça se méritait. Et nous, régulièrement on faisait semblant de se perdre pour (re)voir la jaquette de "l'ouvreuse n'a pas de culotte 2".
  7. Les conseils avisés d'un vrai professionnel
    "Ouais, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, niveau effets spéciaux c'est une claque. J'espère que t'as un bon téléviseur et la stéréo... Sinon y'a Rocky 2, un classique."
  8. Des tarifs scandaleux
    A l'époque, louer un Van Damme, ça coûtait le prix d'une place de ciné. Oui, même Kickboxer. Mais vous pouviez le mater deux fois si vous étiez d'humeur. Du moment que vous n'oubliez pas de rembobiner la cassette avant de le rendre (on insiste, mais c'est important)
  9. De la VF à perte de rayon
    On est devenu snob avec le numérique. Au temps des vidéoclubs, on regardait nos films avec les voix de Jacques Balutin et Micheline Dax. Et si on voulait de la VO, il fallait choisir des films français ("t'as déjà vu Tatie Danielle?") ou se servir dans le rayon "Arts et Essai" où seuls le personnel enseignant de votre collège venait se servir, pour diffuser des films à leur classe.
  10. Une certaine idée du cinéma
    Si vous pouviez acheter en grande surface toutes les vidéos des films qui avaient fait un max d'entrées quelques années auparavant, vous alliez au vidéoclub pour louer des trucs plus improbables : errer dans le rayon "kung-fu", baguenauder dans le coin "horreur" ("Critters ou chucky? Ou les deux!"), batifoler dans l'espace réservé aux plus fines comédies françaises ("Y'a une liste d'attente pour Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir"?) ou se demander qui était le plus balaise entre Chuck Norris et Dolph Lundgren.

Sur ce, je vous laisse, j'ai un max de trucs en retard en replay.

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