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La SSII, pour les non-initiés, c'est là où ton copain informaticien (tout le monde a au moins un copain informaticien) est certainement en train de traîner ses guêtres. Bon, pour faire vite, la SSII c'est une sorte de société d'intérim qui te place temporairement, si possible 3 ans, chez un client. La personne qui te place s'appelle un commercial, oui oui comme celui qui vend des aspirateurs ou des carpettes, et une fois sur une mission, tu ne le verras plus jusqu'à ce qu'il doive te refiler tes tickets restau. 10 signes qui prouvent que oui, tu fais bien partie du monde fou fou fou de la SSII...

  1. Tu louches sur le ticket de cantine de ton voisin
    Si vous voulez savoir sur une table de cantine lequel de ces deux personnes est prestataire, c'est simple, regardez simplement le reçu de la cantine et repérez celui qui a plus de quatre chiffres (c'est celui qui dépasse les 10,00 euros). En tant que prestataire, tu dois t'acquitter des "droits d'entrée" ce qui en général double ta facture. De quoi te mettre le moral à zéro et ne plus avoir envie de bosser l'après-midi. Toute excuse est bonne à prendre.
  2. L'argent n'est pas un tabou
    Chez ton client, tu es entouré d'autres prestataires (ou consultants), d'autres SSII. Et bizarrement, quand on dit qu'en France l'argent est tabou contrairement aux États-Unis, tu sais très rapidement qui gagne combien. La lutte étant simplement de savoir quelle boîte paie le mieux pour ton profil, et quel est le salaire moyen actuel sur le marché. Juste pour vérifier que ton commercial ne se fout pas un peu de ta gueule. Tu demandes alors conseil pour savoir si ça vaut le coup de bosser pour la boîte de ton collègue, avant de te rendre compte qu'un requin, quel que soit le bassin, ça reste un requin.
  3. On ne pense jamais à toi. Ou pas en bien
    Tu viens de recevoir un mail : "Rendez-vous vendredi soir pour la grande soirée de lancement ! Au menu : petits fours de chez le traiteur, bons de réduction de -50% chez nos partenaires!" avant de te rendre compte qu'en bas est écrit d'une main traître "Cette invitation n'est pas valable pour les prestataires". Par contre, tu disposes toujours des places les plus en évidence de l'open-space, ton accès Internet ne marche pas et tu ne peux poser tes vacances de Noël qu'une fois que le reste de la boite la fait. A toi le volontariat obligatoire pour les astreintes de week-end et les déplacements à Palavas-les-Flots.
  4. Tu rêves secrètement d'être freelance
    Au pays des prestataires, le freelance est roi. L'indépendant est un peu le mercenaire solitaire, mystérieux, le sauveur de partout venu de nulle part. 100% de sa facturation tombe dans sa poche, il pose ses vacances quand il veut, ses contrats sont renouvables sur 3 mois, et il garde une aura incroyable avec son grand costume noir et son ordinateur portable qu'il observe d'un air réfléchi (même pour des vidéos Youtube). Plus d'une fois tu as tapé dans google "comment devenir indépendant" avant de te dire finalement que, c'est vraiment dur d'avoir un portefeuille de clients et que, il faut le dire, c'est contraignant de demander une facturette au kébab tous les midis pour ta comptabilité.
  5. Tu te bats pour avoir droit à une formation
    Lorsque tu as passé ton entretien dans ta SSII, tous tes interlocuteurs t'ont promis que "dans notre structure à taille humaine, l'évolution et la satisfaction du consultant priment avant tout...". Même en rappelant plusieurs fois le pôle "Formation" de ta société, tu n'as jamais réussi à avoir les formations que tu désirais, alors que ta société se démène pour te faire faire une formation "Accepter de vivre avec son stress" ou "Réduire le travail d'une semaine à 6 jours". Tu accepteras et découvriras une formation minable proposée par ahuri qui prendra avec stupeur tes remarques sur les fautes de grammaire du Powerpoint qu'il présente en direct. Le tout sera décompté de ton DIF.
  6. Tu veux être chef de projet, ou pas
    Lorsque tu as passé ton entretien dans ta SSII, tous tes interlocuteurs t'ont promis que "dans notre structure à taille humaine, l'évolution et la satisfaction du consultant priment avant tout" et aussi que "nous mettons un point d'honneur à former une fois par an nos collaborateurs, pour que sa carrière évolue afin qu'il devienne chef de projet en deux ans". Tu as acquiescé avec un petit sourire : dire que tu veux être chef de projet pendant ton entretien, c'est comme dire à ta maman que tu vas être sage cet après-midi, que tu vas faire tes exercices d'allemand et que tu ne mangeras pas plus d'une tartine de Nutella. Sur le papier, ça fait rêver, mais les responsabilités, la paie qui va avec, c'est en général uniquement une fois que tu auras fait tes preuves. Donc dans 3 ans. Donc quand tu auras fini ta mission.
  7. Tu es maître du copier/coller
    Les détracteurs de Topito remarqueront que le point 5 et le point 6 ont une introduction similaire, et que l'auteur n'a fait qu'un copier/coller et est un fainéant. C'est tout à fait exact. Toi à qui on a promis à l'université ou à l'école d'ingénieur que tu coderais comme un hacker russe machiavélique, tu te retrouves très souvent à apprendre à copier des lignes de code pour les adapter. Il existe même une option selon laquelle tu récupères ton code directement sur Internet, mais chuuut, on n'est pas censé en parler.
  8. On t'a promis : pas de TMA. Et pourtant si
    La TMA, pour la majorité des développeurs, c'est le diable. Ces trois lettres sataniques signifient "Tierce Maintenance Applicative". Tu es un peu le réparateur informatique sur lequel tout retombe. Tu as beau être arrivé il y a trois semaines, tu reçois des appels qui se résument par "C'est top prioritaire, le client est très mécontent". Tu te retrouves à décrypter un code que tu n'as pas fait, qui a été fait à la va-vite et sans qualité, avec un manque de documentation (une sorte de mode d'emploi qui t'expliquerait le POURQUOI et le COMMENT), le tout à faire très vite. On a beau te dire "Ne t'inquiète pas, il y aura des évolutions", que tu imagines comme des rajouts, il s'agit généralement de remplacer un code "01" par un code "03". De quoi briller en société lorsque tu essaies d'expliquer ton boulot en after-work.
  9. Tu entendras "On a des bons chiffres, mais on ne peut pas t'augmenter"
    Tous les ans, c'est la foire. Tu vas voir ton "manager" (un mec qui est censé t'écouter te plaindre et te dire de rester sur ta mission encore un an, car le client a promis que ça allait mieux). Il va te faire remplir plein de graphiques et des tableaux pour faire croire que tu as bien évolué, mais en fait pas trop. Malgré la crise, la boîte réussit à s'en sortir. Malheureusement, lorsque tu évoques ton augmentation de salaire, il est pris d'une sorte de crise d'urticaire et c'est le début de grande la "comédie humaine". Finalement tu as droit à un porte-clé avec le nom de la boîte.
  10. Tu n'es pas corporate
    On se plaint que tu donnes une mauvaise image de la société, parce que tu préfères mettre tes propres t-shirt. Pourtant, on te supplie d'envoyer des CV de tes amis ou de nouveaux diplômés de ton école, car "on n'a pas assez de bons profils" (y compris le tien ?). Voire même d'espionner un peu au sein de ta SSII pour trouver des perles. Mais si par malheur tu demandes une rémunération, prime ou augmentation, en espèces sonnantes et trébuchantes, car après tout tu fais le boulot d'autres personnes de ta boîte, c'est alors la crise de larmes de ta mère de famille, ta SSII. Chienne de vie.