Salut bande de petits jambons ! J’espère que vous aimez bien le bacon grillé parce qu’on devrait pas tarder à émettre un parfum similaire dans les décennies à venir. Eh oui a priori vous avez déjà entendu parler de cette obscure histoire de réchauffement climatique et pour tout vous avouer ça sent pas bon pour nos fesses (à part le bacon, du coup). Les rapports scientifiques s’accordent majoritairement sur le fait que si on ne réduit pas drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre on va de voir s’attendre à des jours très sombres.

Mais pas de panique, il est encore possible prendre un autre virage ! Malheureusement pour ça, il faut qu’on soit déjà tous d’accord. Or les climatosceptiques font partie de ces étranges zigotos qui pensent que tous ces rapports scientifiques, c’est du flan, et qu’on n’a aucunement besoin de changer nos habitudes puisque de toute façon l’Homme est plus fort que tout. Bref, ce sont les négationnistes du climat et on s’en cognerait pas mal de leurs doutes à la con s’ils n’étaient pas autant représentés dans les médias ouvrant la voie à un courant de pensée plus généralisé qui sent fort de CO2 à plein nez. Attention, si vous vous retrouvez face à un de ces spécimens, voici quelques éléments de réponse afin de lutter contre cet obscurantisme des temps modernes.

1. "Les écolo veulent mettre en place une dictature verte"

C’est un des arguments qu’on entend le plus souvent et pour cause, les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) étant assez dramatiques, on les accuse ainsi d’être trop alarmistes et donc de remettre en question la liberté et la démocratie.

En fait il faut comprendre deux choses, tout d’abord les rapports sont en effet alarmistes justement parce qu’ils sont dramatiques et que si des mesures ne sont pas prises rapidement, on fonce droit dans le mur. La question c’est de savoir de quelle liberté nous parlons. Celle que se sont octroyées les industries pour polluer l’environnement ? Celle qu’exercent les pays riches en intoxiquant le reste de la planète (oui parce que je vous rassure, en matière d’écologisme aussi il y a de l’injustice et ce sont avant tout les pays riches qui polluent) ? Parler de dictature et de « khmer verts » pour ces porte-paroles de mauvais augure, c’est claudeallègrement hypocrite. Ne pas appréhender le dérèglement climatique sera au contraire bien plus coûteux financièrement et socialement. Il ne s’agit pas de restreindre les libertés mais de changer nos comportements histoire de squatter encore quelques décennies dans le périmètre quoi.

Source photo : Giphy

2. "Je vois pas pourquoi on se plaindrait d'un ou deux degrés de plus"

Aaaah, cette malheureuse tendance qu’on a à ne pas voir plus loin que le bout de notre nez, ça va finir par nous coûter bonbon. Commençons par faire une petite distinction entre deux notions bien différentes : la météo et le climat.

Comme l’expliquait il y a belle lurette le tout premier théoricien météorologue Edward Loren « la climatologie dit ce que l’on attend, la météo donne ce que l’on aura ». Bien dit, pas vrai ? En fait la différence de taille repose sur la période d’études. Les prévisions météo peuvent être plus ou moins fiables sur les 5 jours à venir tandis que la climatologie va s’étendre sur des décennies, des siècles, voire des millénaires. Alors quand on entend que 1 ou 2 degrés de plus c’est pas bien grave, il faut comprendre qu’on ne parle pas d’une hausse de la température pour demain au pique-nique mais bien une hausse pour dans moins de 30 ans à un niveau planétaire. Ramené à un niveau local, ces variations pourront donc atteindre des augmentations de 5 à 10 degrés. Bref, si t’avances et tu recules, comment veux-tu que canicule kwa.

3. "De toute façon il y a eu une pause du réchauffement climatique, donc ça va"

C’est là encore un argument qu’on entend bien souvent dans les rangs des climatosceptoc’ avérés. Notamment Scott Pruitt, alors administrateur de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis de 2017 à 2018 (parfois l’ironie repousse les limites de l’impossible) a déclaré « Les données satellites indiquent qu’il y a eu une stabilisation du réchauffement ces deux dernières décennies ». Très pratique cette idée car elle permet de croire que l’Homme n’est pas responsable du dérèglement climatique.

En effet, si l’on se limite aux dernières années, le réchauffement est moins intense que les décennies précédentes. Mais c’est un résultat erroné puisqu’il repose sur une trop courte période. Si l’on prend du recul il est évident que la température globale de la planète n’a cessé d’augmenter depuis le milieu du XIXe siècle (coucou la révolution industrielle !).

Source : Usbek & Rica.

4. "Les changements climatiques ont toujours existé (d'ailleurs au Moyen Âge, il faisait grave plus chaud) c'est pas la faute de l'humain, en tout cas moi j'ai rien fait d'abord"

En effet, nos amis les climatodemeurés (ouais au bon d’un moment, faut plus tortiller) n’aiment pas trop l’idée que l’humain soit la cause principale du dérèglement climatique. En soi c’est assez normal et ça concerne plus de monde que ce petit groupe négationniste. Il est assez difficile de prendre notre part de responsabilité en tant qu’individu pour des changements qui touchent la planète dans sa globalité. Soit. Mais c’est pourtant vrai. Et si les gaz à effets de serre sont naturellement présents dans l’atmosphère (sans eux, il ferait au mieux – 18° et on se pèlerait les miches), si la planète a connu des changements climatiques dans le passé, ils sont pour la première fois à imputer à 95 % aux activités humaines.

Quand on parle de Moyen Âge où il faisait soi-disant plus chaud, c’est là encore une représentation erronée. En réalité, il n’a fait plus chaud que dans l’hémisphère nord et non sur l’ensemble du globe comme on peut le constater à l’heure actuelle. Pour faire simple, dans un monde normal sans influence liée à la présence humaine, une variation de température au niveau mondial équivaut à 0.1°C sur un millénaire. Au XXe siècle, la température a augmenté de 0.74°C et 0.9° rien qu’en France. Voilà.

Source photo : Giphy

5. "Il y a PLEIN de scientifiques qui n'adhèrent pas à la thèse du réchauffement climatique, et comme par hasard, on les entend JAMAIIIIIS"

Si seulement ! Mais rassurez-vous on les entend, on les entend même beaucoup trop. On ne va pas faire la pub ici des nombreux ouvrages qui peuplent les rayons de librairies et remettent éhontément en question les thèses du dérèglement climatique et les rapports du GIEC (qui réunit 2500 scientifiques de plus de 190 pays et fait en moyenne 900 pages, juste pour info). Une étude de Californie a même récemment révélé que la visibilité médiatique accordée aux négateurs du climat était 49 % plus importante que pour les scientifiques défendant l’existence d’un changement climatique. Pas étonnant que la prise de conscience collective tarde à voir le jour.

Source : Libération.

6. "Quand les Vikings ont découvert le Groenland, il était tout vert et sans neige, c'est bien la preuve que la terre a déjà été bien chaude (cette garce)"

Eh non ! Là encore, c’est un bon gros mytho. Même si « Groenland » signifie « terre verte », des carottages (un type de forage qui permet d’étudier la terre) ont prouvé que le Groenland était bien recouvert d’une calotte glaciaire depuis 400 000 ans. En revanche, certaines zones sont en effet plus froides aujourd’hui qu’il y a quelques siècles ce qui a pu expliquer l’existence de terres « vertes » pour accueillir les Vikings. Ces différences de températures sont uniquement locales et ne remettent aucunement en question de réchauffement climatique que nous vivons présentement.

7. "Le GIEC s'est déjà planté dans ses résultats, c'est qu'une poignée de scientifiques qui racontent des salades"

Alors on le rappelle, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) réunit 2500 scientifiques provenant de 195 gouvernements. Il existe depuis 1988 et a reçu un prix Nobel de la Paix 2007 avec le documentaire « Une vérité qui dérange » d’Al Gore, son ancien vice-président. Le groupe rend ainsi des rapports sur l’état de notre douce planète. Ces rapports sont destinés aux décideurs politiques mais sont accessibles à tous.

Bref, je vous promets que les gars ne sont pas des guignols. Seul problème pour eux : le « climategate ». Une broutille qui date de 2009 et qui a largement décrédibilisé l’organisme. La fuite montrait que les chercheurs avaient volontairement mis de côté une petite baisse de température voulant insister davantage sur la véracité d’un réchauffement global. Une pichenette dans le rapport qui pèse pas lourd dix ans plus tard quand on sait que 97 % des scientifiques s’accordent sur la thèse du réchauffement.

Source : France TV Info.

8. "L'écologie c'est bien un problème de bobo riches"

Un argument qui ne se limite pas aux climatobouffons. Quand on parle d’écologisme, on a une fâcheuse tendance à opposer le social et l’environnemental. C’est comme ça qu’on se retrouve à considérer les Gilets Jaunes comme des grands méchants (bah oui quand même ces salauds ont osé remettre en question la taxe carbone, c’est vraiment qu’ils ne sont pas écolos bouuuuuuh les vilaiiiiins !). Il ne faut pas oublier une chose assez simple : ce sont toujours les classes privilégiées qui polluent le plus. Et ce sont toujours les pauvres qui ont été, sont et seront les premières victimes du dérèglement climatique (l’ouragan Katrina en représente un bel exemple). Donc si l’engagement écologiste ne devrait pas se limiter à des petits gestes écoresponsables (« hourra j’ai fait pipi sous la douche et j’ai acheté des tomates bios en plein mois de décembre, je suis vraiment quelqu’un de formidable »), il doit avant tout être l’affaire de tous.

Source photo : Giphy

Climato-sceptique, fosse septique ou les deux ?

Source : Le Monde, Réseau Action Climat, Basta Mag, le site de Jean-Marc Jancovici, Le changement climatique pour les Nuls, Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion, et cette formidable vidéo du programme génialissime Data Gueule qui résume assez bien le problème.