En août, ce n’était pas difficile de reconnaître les touristes à Paris, puisqu’il n’y avait plus que ça. Les vacanciers de septembre ont le voyage plus insidieux et réussiraient presque à se fondre dans la masse des types qui subissent le travail. Bon pied bon œil, il y a des signes qui ne trompent pas pour savoir si vous avez affaire à un habitant ou à un touriste.

1. Il s'arrête en plein milieu d'un couloir du métro en bloquant tout le monde

Et soudain, le doute : la ligne 8 va-t-elle vraiment jusqu’à la Tour Eiffel ? La direction est-elle la bonne ? Le doute vire en paralysie, d’abord les jambes, puis les bras, puis l’esprit tout entier, la paralysie se change en catatonie, la catatonie en mort cérébrale. Instant métaphysique, faisons le vide. Et tu ne peux pas te foutre contre un mur pour faire ta crise existentielle, ducon ?

Source photo : Giphy

2. Il marche à deux à l'heure dans des rues envahies de travaux

Prendre son temps. Voilà le maître-mot des vacances. S’étonner d’une façade lézardée, observer la gargote d’un vieil estaminet, s’étonner, s’étonner encore. Humer l’air frais, se perdre dans l’enfilade de balcons, prendre son temps. Enfin. S’amuser des odeurs, des couleurs, celles des palissades de travaux, si différentes de celles auxquelles on est habitué. Prendre la tête d’un cortège de 500 personnes en file indienne pressées qui ne peuvent pas te doubler.

3. Il bouffe en terrasse des brasseries dégueulasses des grandes places

La brasserie, le chic parisien par excellence. Store marron et ardoise style gothique, entrecôte d’origine allemande trop cuite, frites surgelées, terrasse chauffée qui pue le cendrier en plastique et les tables en faux osier, menu à 25 euros, hygiène douteuse, service à chier. La gastronomie à la française.

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4. Il trouve tous les trucs les plus moches super romantiques

Le Sacré Coeur ? So romantic. Le Trocadéro ? So romantic. Les tours de la Défense ? So romantic. Les HLM dégueulasses en haut de la rue de Crimée ? Pas vu, c’est dans une no-go zone.

5. Il est capable de passer plus de 10 minutes dans le quartier latin

D’ailleurs, il est probable qu’il passe sa semaine à Paris dans un espace de 4 rues courant entre Odéon et Saint-Michel. Il pense que Paris est une ville peuplée de gens riches et se fera refourguer de la soupe à l’oignon dégueulasse et finira sa soirée au sous-sol des Trois Mailletz où il trouvera le spectacle très exigeant, tout en se demandant qui est cette personne nommée Dany Brillant dont le portrait trône à côté de ceux de Gainsbourg et Greco.

6. Il a un passeport dans sa poche et un fort accent

Fort fort l’accent : on a bien du mal à comprendre de quelle rue il veut parler. « La rwue Montecwarwlié ? » Le mieux est encore de lui indiquer une direction au hasard en parlant super vite et en lui expliquant que c’est peut-être pas le chemin le plus simple, mais c’est définitivement le plus court.

7. Il lit Paris est une fête en anglais à la terrasse de la Closerie des Lilas

Et il se dit que l’esprit parisien, c’est quelque chose. Il se demande quand même comment Hemingway, toute virilité dehors, réussissait à bouffer tous les jours à la Closerie des Lilas sans avoir un centime, parce que la Closerie des Lilas, je ne sais pas d’où vient leur café, mais c’est sans doute le plus cher d’Europe.

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8. Il n'a plus de portefeuille

Il l’a « perdu » dans le métro, parce que l’annonce mettant en garde les usagers contre les pickpockets n’était pas traduite dans sa langue maternelle. En revanche, il est hors de question qu’il me refourgue ses putains de traveller’s checks dont les montants sont indiqués en yuans.

9. Il prend des photos au supermarché

A croire que Monoprix a une façon unique au monde de disposer les paquets de riz sur les étalages de l’allée 3. Les photos inondent ensuite un fil instagram où des compatriotes restés au bercail accumulent les commentaires So romantic !

10. Il donne au Roumain qui joue Mon amant de Saint-Jean à l'accordéon

Il adore la musique française. En plus, il est trop content parce que l’accordéoniste joue maintenant La lambada, et il adore cette chanson d’été qui lui rappelle son séjour à Madrid.

Vous connaissez le jeu de l’aéroport ? Ça consiste à identifier les nationalités de tous les autres voyageurs à partir d’indices basés sur des lieux communs, pour ensuite se moquer. Les Parisiens sont toujours les premiers identifiés dans le jeu, puisque ce sont les seuls qui y jouent.


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