On le sait que la maladie a une odeur : une odeur d’hôpital, de Bétadine, de peau mal lavée et de mort. Mais on ne parle pas de cette odeur-là, ici, mais des odeurs spécifiques de certaines maladies, odeurs dont la présence peut permettre de réaliser des diagnostics précoces et d’ainsi mieux soigner les patients. Encore faut-il n’avoir pas de rhume.

1. L'acidocétose diabétique

Cette complication du diabète de type 1 consiste en une défaillance de la production d’insuline qui incite le corps à produire de l’énergie à partir des tissus graisseux. L’opération libère alors de l’acétone, laquelle donne à l’haleine de la personne atteinte acidocétose diabétique une odeur caractéristique, entre le fruit pourri et la pomme. Ce qui fait qu’en général, les patients sont très vite pris en charge, parce qu’il n’est pas nécessaire de subir une batterie d’examens pour détecter le problème.

2. La maladie du sirop d'érable

La maladie du sirop d’érable est une maladie génétique : le corps de la personne atteinte gère mal la dégradation des acides aminés ; du coup, ceux-ci s’accumulent dans le corps à des niveaux toxiques et présentent des risques très importants de subir des lésions cérébrales et de voir son système nerveux endommagé.

Heureusement, si le corps ne parvient pas à dégrader les acides aminés, il en éjecte une partie par l’urine. Et c’est là que le nom de la maladie s’explique : l’urine des personnes atteintes sent le sirop d’érable. Mais genre vraiment fort. Du coup, si vous avez une folle envie de gaufres à chaque fois que vous pissez, il faut d’urgence aller consulter un médecin.

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3. Les migraines chroniques

Il s’agit encore d’un protocole expérimental, mais des recherches menées à Pittsburgh ont permis de mettre en évidence l’irruption de comportements étranges chez les chiens dont les propriétaires s’apprêtaient à subir une migraine. En gros, quelques minutes avant l’arrivée du mal, les chiens se mettaient à tourner frénétiquement sur eux-mêmes, à sautiller, à aboyer de manière incontrôlée. Or, les médicaments permettant de diminuer l’impact des migraines doivent être pris en amont. Ces recherches laissent entendre que la personne qui s’apprête à subir une migraine dégagerait en amont des odeurs que les chiens, dont l’odorat est infiniment supérieur à celui des humains, seraient à même de capter et comprendre. Dès lors, la personne qui s’apprêterait à subir une migraine pourrait être alertée par son chien de l’imminence du mal et prendrait un médicament préventif. Il pourrait ainsi passer une bonne journée.

4. Arsenic

On le voit dans presque tous les films : l’enquêteur arrive auprès du cadavre dont la mort est imputée à une crise cardiaque. Il ne dit rien, attrape le verre d’eau qui jouxte le lit, le renifle rapidement et se contente de dire : « arsenic ». Ensuite, l’enquête commence.

C’est que l’arsenic est très efficace pour tuer des gens, mais moins pour ne pas être détecté : l’arsenic dégage une très forte odeur d’ail. Tout comme le cyanure est associé aux amandes amères. Déso, les tueurs.

5. La phénylcétonurie

La phénylalanine est un acide aminé que l’on retrouve notamment dans les sodas et qui est habituellement métabolisé par le corps. Sauf quand on est atteint d’une maladie génétique, la phénylcétonurie, qui entrave la métabolisation. Quand elle n’est pas traitée, la maladie peut provoquer une dégénérescence cérébrale et plein de problèmes psychologiques très graves.

Heureusement, la maladie se détecte et se traite bien aujourd’hui. Mais sa détection a été effectuée pour la première fois par un médecin norvégien en 1934, lequel s’est rendu compte que certains enfants qui accusaient un retard mental présentaient, dans leur sueur et leur urine, une odeur inhabituelle, un peu fauve. Aujourd’hui encore, l’odeur est utilisée pour réaliser un diagnostic précoce.

6. La typhoïde

En 1976, un journal médical fait remarquer que les patients atteints de typhoïde dégageaient une odeur étrange, assimilable à celle du pain frais. Pratique pour éviter de mourir dans un pays tropical et penser à prendre des antibiotiques. En gros, si vous vous retrouvez en Amérique du Sud et que vous avez la sensation de sentir la boulangerie partout, c’est probablement moins parce que le pain français vous manque que parce que vous risquez de mourir d’un moment à l’autre dans une fièvre infernale.

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7. La narcolepsie

La narcolepsie est une maladie bien connue mais souvent mal diagnostiquée, qui consiste en l’absence de sécrétion par l’hypothalamus d’une enzyme dont le but est de nous maintenir éveillé et à l’affût. Dès lors, on s’endort bim bam boum.

Des études ont confronté des chiens aux odeurs de sueur de patients atteints de narcolepsie au milieu d’autres échantillons provenant d’individus sains : les chiens ont été capables d’identifier les sueurs issues de patients atteints de narcolepsie dans presque tous les cas. Cette découverte permettrait, à son tour, de donner aux patients la possibilité de prévoir l’attaque à venir pour mieux s’y préparer et ainsi ne pas s’effondrer sur le sol sans prévenir.

8. Les maladies liées au bacille pyocyanique

Cette bactérie de l’enfer, très résistante, est souvent impliquée dans des maladies nosocomiales. Avec un taux de mortalité chez les patients immunodéprimés pouvant atteindre 50%, c’est vraiment une saloperie qu’il faut identifier rapidement de manière à prodiguer un traitement adapté.

Et une manière de l’identifier est de rechercher son odeur. Elle possède en effet un composant qui génère une odeur un peu vinaigrée très caractéristique. Ensuite, on passe rapidement les examens et on prie pour sa vie.

9. La schizophrénie

Dans les années 1960, les professionnels des hôpitaux psychiatriques ont commencé à se plaindre d’une drôle d’odeur qui rendait leurs journées de travail infernales : un truc proche du putois. Petite enquête et oh surprise ! On s’est rendu compte que l’odeur venait directement des patients schizophrènes. Pour entériner la découverte, on a recueilli de la sueur de patients schizophrènes et d’individus sains et on a confronté à la fois des rats et des humains à ces odeurs en leur demandant de déterminer quelle sueur avait été prélevée sur des individus schizo : 100% de réussite, carton plein. Finalement abandonnée, la piste ressurgit dans les années 2000, lorsque une équipe met en exergue le changement structurel de l’odeur corporelle des patients atteints de schizophrénie. Mais le champ scientifique reste faible.

10. La maladie de Parkinson

Tout part de l’empirique. Une infirmière vit avec son mari, lequel dégage désormais une drôle d’odeur. Comme personne n’aime entendre toute la journée qu’il pue, on s’engueule, on se fâche, mais l’odeur reste. Et quelques années plus tard, le mari se fait diagnostiquer une maladie de Parkinson. Vous voyez où je veux en venir ? Parce que l’infirmière, elle, a tout de suite fait le rapprochement. Et elle a retrouvé cette odeur chez tous les patients atteints de la maladie. En soi, on pourrait se dire que c’est pas bien ouf, comme découverte, sauf qu’à ce jour on ne dispose pas d’autres moyens que l’observation de la dégradation des fonctions musculaires et nerveuses pour diagnostiquer un Parkinson. Autant dire que cette piste de l’odeur pourrait permettre des identifications plus précoces.

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Et aujourd’hui, les chercheurs utilisent de plus en plus de chiens pour effectuer des détections de cancer. Avec des résultat assez bluffants.

Source : Listverse