On croyait naïvement que les frontières étaient une idée éculée, héritée du passé. Et puis, tout d’un coup, la réalité nous a rattrapés et on se dit que finalement, une bonne vieille frontière, c’est quand même rassurant. Sauf quand on voyage évidemment, où on n’a pas envie d’être emmerdé et de voir notre liberté de circuler injustement remise en question.

1. La frontière entre la Chine et le Kirghizistan

La contrepèterie veut qu’il soit difficile d’arriver à pied par la Chine. En vrai aussi, notamment au niveau du col mythique de Torugart où se trouve le poste frontière entre le pays de Mao et l’ancienne République d’URSS, le Kirghizistan. Non seulement, le col grimpe à 3752 mètres d’altitude ce qui peut vous refiler un gros mal de tête, mais les démarches pour entrer en Chine sont souvent laborieuses. A moins d’être Russe ou Khirghizes, il vous faudra une autorisation spéciale du Gouvernement chinois. Sachez également que vous devez impérativement être accompagné d’un guide officiel qui viendra vous chercher à la frontière et qui vous fera traverser les 100 km de no man’s land qui séparent les deux pays. Un conseil : évitez de tomber en rade en route. Dernier écueil, faites gaffe aux horaires. Les deux pays ont 2 heures de décalage horaire et les autorités sur place ne rigolent pas avec les heures de travail. Vous n’aimeriez pas rester bloqué plusieurs jours au poste de Torugart parce que vous avez oublié de régler votre montre et êtes arrivé à la bourre.

2. La frontière entre l’Angola et la République Démocratique du Congo

Comme souvent entre voisins, il arrive que l’on se chamaille pour des broutilles, comme de savoir à qui appartiennent ses énormes réserves de pétrole offshores. Et ces chamailleries ne datent pas d’hier. En 2009, plus de 200 000 personnes ont dû être déplacées dans la région et depuis les tensions perdurent non seulement entre les deux pays, mais au sein même de la population. En janvier 2010, c’est également au niveau de la frontière entre le Congo et l’Angola que le bus de l’équipe nationale de foot du Togo qui se rendait à la Coupe d’Afrique des Nations a été attaqué par des indépendantistes Cabindais. (Cabinda est une des 18 provinces de l’Angola). En clair, traverser la frontière entre les deux pays, n’est pas la meilleure idée de votre séjour.

3. La frontière entre le Cambodge et la Thaïlande

Ces deux là se tirent dans les pattes depuis belle lurette. Et la chute de Pol Pot grâce à l’aide militaire thaïlandaise n’a rien arrangé à leurs bisbilles, bien au contraire. Encore récemment, en 2008 et 2011, des disputes ont éclaté concernant le temple de Preah Vihear, situé pile à la frontière entre les deux pays. Il fallut l’intervention de l’ONU pour sommer les troupes thaï de quitter les lieux. Pour les touristes, le passage de cette frontière au niveau de Aranyapratht/Poi Pet s’avère souvent compliqué, avec des heures d’attente et une corruption organisée des deux côtés (évitez notamment les fausses agences qui vous vendent des VISA le double du prix). Au moins un point sur lequel Thaïlandais et Cambodgiens sont d’accord.

4. La frontière entre le Pakistan et l’Iran

Il n’existe qu’un seul endroit où traverser officiellement la frontière entre les deux pays. Il se situe entre les villes de Taftan au Pakistan et de Mirjaveh du côté iranien. Déjà, rien que la route pour arriver au poste frontière est un enfer. A cause d’une route défoncée, comptez 12 heures de tape-cul minimum. Et si les deux pays n’ont pas de différents notoires, la région n’est pas la plus sûre du monde et les kidnappings et autres exactions violentes entre tribus locales, ne sont pas rares. Il y a quelques temps, un couvre-feu côté iranien interdisait même aux touristes de circuler passer 18h. A vérifier avant d’organiser votre road trip.

Hello Pakistan!! Sleepy faces at the Iran-Pakistan border #mirjaveh ??? ???????

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5. La frontière entre la Chine et la Corée du Nord

Les deux pays sont plutôt en bons termes malgré les récents caprices d’ado de Kim Jong Un. Les contrôles ont toutefois été renforcés au niveau de la frontière située à Dandong, à cause de la fuite de centaines milliers de réfugiés nord coréens. Côté touristes, les rares retours d’expérience confirment que le passage de la frontière est une réelle épreuve. Les contrôles sont poussés à l’extrême. Les cartes mémoire des appareils photo, les ordinateurs, les téléphones et les bagages sont systématiquement fouillés par les douaniers. Dernier point, s’il est possible de quitter la Corée du Nord par voie terrestre, pas sûr que l’inverse soit possible. Mieux vaut se renseigner avant.

??? ?? #?? #dandong

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6. La frontière entre l’Inde et le Pakistan

Le poste d’Attari-Wagah est mondialement connu pour sa célébration quotidienne de fermeture du poste frontière. Chaque soir à 18h pétantes, les soldats des deux pays paradent chacun de leur côté, devant des foules partisanes. Ça fait de belles photos, mais en vrai, la situation est plus que tendue dans la région. L’Inde et le Pakistan se disputent depuis 1947 le Cachemire, avec de fréquents heurts entre les deux communautés religieuses. Si le passage de la frontière à pied ne pose pas de difficulté particulière, à condition bien sûr d’avoir un VISA d’entrée en bonne et due forme, soyez juste vigilant (sans virer parano) une fois sur place.

7. La frontière entre le Panama et la Colombie

La frontière entre les deux pays est plus connue sous le nom de Darien Gap (ou bouchon de Darien) et serait une des plus utilisées par les trafiquants de drogues. Outre le risque de se faire refiler un petit sachet incognito dans son sac à dos, la région est surtout réputée pour abriter un paquet de groupes armés rebelles de tout bords : extrême droite (Autodéfenses Unies de Colombie), Armée nationale de libération, et jusqu’à l’été dernier, les célèbres FARC d’extrême gauche, qui ont accepté de déposer les armes. Si vous passez dans le coin, sachez qu’il n’y a aucune route digne de ce nom et qu’il vous faudra vous faire escorter par l’armée. A moins que vous ne préfériez le Ferry, ou encore mieux l’avion.

8. La frontière entre la Corée du Nord et du Sud

Cette frontière est une des plus militarisées au monde, et ça fait depuis 1948 et la scission du pays en deux au niveau du 38ème parallèle, que ça dure. Aucun traité de paix n’a jamais été signé entre les deux pays. Ça fait donc bientôt 60 ans que l’accord de cesser le feu est en vigueur. Passer la frontière pour un étranger n’est pas impossible, mais nécessite l’accord des deux pays. En général, les touristes ne s’y risquent pas et préfèrent passer une journée à se faire peur à quelques centaines de mètres de la zone démilitarisée, avec des soldats nord-coréens qui les observent à l’aide de jumelles et les exhortent de quitter les lieux au bout de seulement quelques minutes.

9. La frontière entre le Soudan et le Sud Soudan

Le Sud Soudan a autoproclamé son indépendance en 2011, suite au plébiscite obtenu lors d’un référendum populaire. Si celle-ci est aujourd’hui reconnue par les autorités internationales, ça coince encore au niveau du tracé exact de ses frontières avec le reste du Soudan situé plus au nord. Et pour compliquer la tâche, le Sud Soudan est depuis 2013, l’objet d’une guerre civile entre partisans du Président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar. Autant de bonnes raisons de ne pas y mettre les pieds, ni le reste. De toue façon, le passage de la frontière à Abiyé est quasiment impossible actuellement.

10. La frontière islandaise

L’Islande a sans doute la frontière la plus imperméable du monde : l’océan Atlantique. Logiquement, ça s’annonce compliqué d’y aller à pied. Un conseil, ne faites pas le malin, prenez l’avion, vous serez moins mouillé.

En fait, il faudrait inventer des frontières qui n’emmerderaient que les autres…

Source : WorldAtlas.com