C’est pas parce qu’on est un grand architecte qu’on ne construit que des palais, des sièges sociaux et des opéras. C’est même à la capacité des architectes de construire des logements sociaux que l’on peut évaluer leur valeur ; car, à coûts contraints, l’inventivité se décuple. La preuve.

1. La Cité radieuse de Marseille (Le Corbusier)

Terminée en 1952 dans le 8ème arrondissement de Marseille, la Cité radieuse est un ensemble HLM de 337 appartements séparés par des rues intérieures. La force du bâtiment est de permettre le passage de la lumière partout, dans toutes les pièces.

France, Bouches-du-Rhône (13), Marseille, 8ème arr. : " Cité Radieuse " Le Corbusier 1945-52 , " l'Unité d'Habitation de Grandeur Conforme " facade est

2. Les espaces d'Abraxas (Ricardo Bofill)

A Noisy-le-Grand, les espaces d’Abraxas ont été inaugurés en 1983. Ils se voulaient un contrepoint avec l’architecture des Grands ensembles des années 60 et 70, utopie néoclassique aujourd’hui un peu vidée de sa substance avec la désagrégation interne et le départ de la plupart des locataires. Les espaces d’Abraxas ont été choisis pour décors par plusieurs cinéastes. On les voit notamment dans Hunger games.

Paris, Marne la vallee - Noisy le Grand

3. Les Arènes de Picasso (Noisy le grand)

Manuel Núñez Yanowsky a construit ces espaces cylindriques un peu dingues qui regroupent 540 logements. Ils ont été inaugurés en 1985.

Cité du Pavé-Neuf (Noisy le Grand - 93)

4. Nemausus 1 (Jean Nouvel)

Ces deux immeubles de la banlieue Sud de Nîmes ont été inaugurés en 1984. L’ensemble a la particularité de présenter de larges coursives extérieures ensoleillées avec une maximisation des entrées de lumière.

Crédits photo (creative commons) : Rory Hyde

5. Paris XIX (Renzo Piano)

Ces 220 logements s’installent dans un contexte arboré, avec un parc en leur centre. Les logements datent de 1991.

Crédits photo : Kel Quartier

6. La cité des pâquerettes (Jean Prouvé)

C’est peut-être Jean Prouvé, c’est quand même super moche. Mais à l ‘époque, Nanterre avait besoin de loger ses ouvriers. Et l’on ne s’interrogeait pas tellement sur la capacité de vieillissement des ensembles construits. La cité date de 1960 tout rond.

7. La Caravelle (Jean Dubuisson)

Située à Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle est à mettre au crédit de Jean Dubuisson, l’un des architectes les plus en vue des années 1960, auteur de nombreux grands ensembles. Le bâtiment, pas bien joli, a le mérite tout de même d’être blanc, et non pas gris, crème ou blanc cassé.

8. La cité Salengro (Marcel Lods)

Peut-être le bâtiment le plus laid de l’histoire. Drancy n’a pas toujours eu de chance. 803 logements inaugurés en 1962. Lods était un compagnon de route de Le Corbusier qui a construit de très nombreux immeubles d’habitation.

Crédits photo (creative commons) : Ykmyks

9. Les logements Anselme L'Hermet (Jean Nouvel)

Jean Nouvel a également construit cet ensemble de Saint-Ouen dont les façades en aluminium absorbent et reflètent la lumière, en collaboration avec Pierre Soria et Gilbert Lézenes. Ce trio-là est aussi à l’origine de l’IMA, à Paris. L’ensemble accueille 48 logements et a été inauguré en 1987.

Crédits photo : Plaine Commune

10. La Corbusierhaus de Berlin

Comment dit-on logement social en allemand ? Ah oui : copie de la Cité radieuse.

Crédits photo (creative commons) : Manfred Brückels

Sinon, moi, j’habite dans un truc qui ressemble à un immeuble madrilène sous Franco.