Ils n’ont pas toujours été vieux. Ils ont même sans doute été fringants, du moins suffisamment pour s’encastrer, sans quoi tu ne serais jamais sorti de l’usine. Mais aujourd’hui, que reste-t-il de cette vie passée ? Des souvenirs, des anecdotes répétées non stop depuis 40 ans, des photos, des regrets : pourquoi s’infliger ça ? Pourquoi s’infliger la compagnie de personnes déprimantes au seul titre qu’on partage leurs chromosomes ? Du passé faisons table rase.

1. On n'aura pas à gérer leur placement en maison de retraite

Franchement, avec la vie qu’on mène, hein, vous vous voyez devoir interrompre les belles heures de votre force de l’âge pour vous renseigner sur les avantages et inconvénients de plusieurs maisons de retraite ou de repos ? Détailler les prestations d’instituts tristes et mal fleuris sur des dépliants couleur hôpital ? Laissez ça à l’Etat, quoi, et partez plutôt en vacances.

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2. On peut dire qu'on est oprhelin, même quand on l'est pas

Le mec mystérieux, au fond de la salle, vous pensez vraiment qu’il passe ses week-ends avec papa et maman à discuter du temps qui passe ? NON. Il est orphelin, ce qui lui donne une aura supérieure à celle de tout le monde ici présent. Il est orphelin, comme Oliver Twist, Harry Potter et les enfants de Jeanne Calment. Si vous voulez briller un minimum, choisissez d’être orphelin sans passer par la case prison.

3. On n'aura plus jamais à regarder des images humiliantes de soi, petit

Ca ne fait pas plaisir. Ca ne fait pas plaisir du tout. Ca ne fait plaisir à personne, et pourtant, inlassablement, les parents continuent d’exhumer des images mal filmées d’imitations d’animaux, de déambulations tout nu sur la plage, d’anniversaires passés qui nous rappellent que l’on vieillit. Il est absolument impossible d’échapper à ce rituel sans passer par la case fâcherie.

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4. On ne sera plus confronté en permanence à la version âgée de soi

Plus on vieillit, plus on ressemble à ses parents. C’est immanquable. Votre joie de vivre ? Envolée au profit d’un caractère ombrageux bien plus en accord avec les attitudes du patriarche. Vos idées nouvelles ? Avalées par la génétique, diluées, étriquées, calquées sur celles, déjà éculées, de popo et de momo. C’est un processus naturel, mais nous ne sommes pas tenus d’assister à notre propre déchéance. En cessant de voir ses parents, on ne sera pas le témoin impuissant de sa transformation en eux. C’est tout bénef.

5. On n'aura plus jamais à écouter son répondeur

Il n’y a que les vieux pour laisser des messages sur les répondeurs. Les vieux, et la banque. Je vous conseille aussi de vous fâcher avec la banque. Ca n’aide pas à avoir plus d’argent, mais on a sa conscience pour soi.

6. On n'aura plus jamais à expliquer exactement ce qu'on fait dans la vie

Tout en étant interrompu toutes les 5 secondes par des anecdotes de travail déjà entendues 643 fois (à la louche). « Ah oui, c’est intéressant. Moi, tu sais, en 83, quand je suis entré chez Croquettas, à l’époque, ce qu’on pouvait s’amuser, chez Croquettas, donc, j’avais une collègue, comme toi, qui s’appelait Mireille Pénible et qui ne savait pas se servir du télex. Alors, ni une, ni deux, je lui ai envoyé un mot par pneumatique pour… »

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7. Ca fera un sujet de conversation familial

On sera bien content de ne pas y participer. Vous pourrez imaginer vos frères, sœurs, parents et chiens réunis autour d’une table, se lamentant sur votre absence. Et vous aurez du plaisir à sauver vos frères et soeurs des anecdotes des célèbres « années Croquettas » tout en vous félicitant de n’avoir pas à participer aux débats éculés sur l’ingratitude des enfants.

8. Plus besoin de faire 4 heures de route pour bouffer un poulet trop cuit

Vous la voyez la scène. Le départ en voiture de location, les engueulades, les enfants qui hurlent, les embouteillages, la route mouillée, le décor sinistre, l’arrivée un peu tard, le poulet trop cuit, la pesanteur de la fin de repas, les enfants qui hurlent, le décor sinistre, les pensées suicidaires, l’envie de partir qui dure jusqu’au lendemain, le départ, enfin, les engueulades, les enfants qui hurlent, les embouteillages, les restes du poulet trop cuit que l’on a été forcé d’emporter.

Effacez-la définitivement de votre vie.

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9. Être déshérité, ça vous forge un homme

Pas besoin de récupérer une collection de siphons et deux tableaux de valeur moyenne pour se constituer une dot. Autant faire une croix sur tout ça, accepter qu’on n’aura rien, qu’il ne restera rien et affronter la vie façon transatlantique en solitaire. Avec un peu de chance, les gens en viendront même à vous plaindre.

10. On peut se trouver des parents d'adoption. On peut les choisir, ceux-là

Si vous avez déjà des parents, vous aurez bien du mal à faire avaler la pilule des parents d’adoption à l’administration, dont on connaît la frilosité naturelle. Alors que si vous reniez vos parents, rien ne vous empêchera, en parcourant le monde, de choisir un couple de personnes plus aptes à vous apporter de la joie. Ce n’est pas paraphraser Le Forestier que de dire stop au déterminisme génétique : soyez plus forts que la nature en choisissant vos propres parents.

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En plus, ça vous évitera de devoir entasser dans les toilettes les livres nuls qu’on vous offre tous les Noël depuis 15 ans.