On est mal informé sur ce que l’on mange. Les législations ont beau se succéder pour essayer de mieux respecter le consommateur, la fabrication des produits de la grande distribution et l’organisation générale de la filière agro-alimentaire restent des mystères relatifs à ceux qui ne sont pas directement impliqués dans le milieu. Et on est surpris quand on se rend compte que l’utilisation des OGM n’est plus en débat depuis des années, dans les faits, ou que le ketchup contient parfois 0% de tomate.

1. Les OGM sont légaux à peu près partout dans le monde

Seuls trois pays interdisent la culture d’OGM et d’aliments en contenant. Il s’agit de la Zambie, du Bénin et de la Serbie. Dans tout le reste du monde, les OGM sont autorisés, et on en bouffe. Mais la plupart des pays européens ont adopté une législation imposant de préciser sur l’étiquette d’un produit qu’il contient des OGM, du moins s’il en contient plus de 1%. Dans le cas contraire, c’est ni vu ni connu.

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2. Le vrai vinaigre balsamique coûte une blinde

Le vrai vinaigre balsamique traditionnel est produit à partir de jus de raisin bouilli pour en faire un concentré qui est ensuite laissé à la fermentation pendant plusieurs années (jusqu’à 100 pour les plus anciens). Ce qui fait que, pour éviter les coûts induits, certains industriels ne respectent pas la procédure et le vinaigre balsamique vendu pas cher n’a rien à voir avec cette recette traditionnelle. Il faut mettre le prix pour avoir du vrai.

3. Les biscuits chinois ne sont pas chinois

Les biscuits chinois ou Fortune cookies, ces petits gâteaux qui contiennent une maxime ou un conseil de vie, ne sont pas du tout du tout du tout chinois. Enfin façon de parler : ils sont nés aux Etats-Unis pendant la première guerre mondiale. Dans des restaurants chinois, OK, mais aux Etats-Unis quand même.

4. Le ketchup ou le concentré de tomates peuvent être produits sans tomates

Pour économiser, certains ketchups sont fabriqués sans aucune tomate. La plupart des grandes marques fabriquent leurs trucs à partir de concentré de tomates, lequel est souvent fabriqué sans tomate dès le départ, ou avec si peu de tomates que ce serait bien difficile d’en retrouver une trace au bout du bout. S’y ajoutent du sucre, des colorants et des conservateurs. Rien qui donne super envie, faut bien le reconnaître.

Heinz Ketchup

5. Les trous dans les crackers sont nécessaires à leur cuisson

On ne bouffe pas énormément de crackers en France, mais on en bouffe quand même – regardez les Tuc. Les petits trous à la surface du biscuit ne sont pas décoratifs : ils sont nécessaires pour obtenir une bonne texture et éviter que les crackers fassent cronch-cronch et soient super épais. Au départ, les premiers crackers américains présentaient 13 trous pour symboliser les 13 premiers Etats de l’Union au XVIII° siècle, époque où les crackers étaient destinés aux marins et aux soldats.

6. Les indications caloriques des produits que l'on achète peuvent être erronées

Le truc, c’est qu’en fait plein de choses interviennent pour mesurer l’apport calorique d’un aliment, et que ces choses ne sont pas du tout prises en compte dans les informations nutritionnelles indiquées sur les emballages. La cuisson d’un aliment, ce que l’on mange en plus de cet aliment, la composition de notre flore intestinale à ce moment précis et tout un tas d’autres trucs qui font que fixer l’apport calorique d’un aliment de manière claire est une opération difficile. Les indications que l’on voit sur les boîtes sont donc sinon fausses du moins pas du tout précises.

7. On trouve le même genre de cire dans les bonbons, le mascara et l'industrie automobile

La cire de Carnauba, extraite d’un palmier brésilien, est une matière première très utilisée dans l’industrie cosmétique, notamment pour le mascara. On en retrouve aussi dans le cirage, dans l’automobile, mais surtout dans plein de bonbecs où elle sert à lustrer l’apparence du produit. En bref, le cirage est comestible (enfin non, hein, c’était une blague).

8. On élève des poulets de plus en plus gros

C’est le Washington Post qui, il y a quelques années, alertait les populations sur la situation. Les Américains ayant multiplié considérablement leur consommation de poulet en 50 ans, les éleveurs de poulets se sont mis à nourrir les poulets et à les sélectionner de manière à ce qu’ils soient de plus en plus gros pour rendre toujours plus de viande. Ainsi, en 1957, un poulet adulte pesait en moyenne 900 grammes, contre plus de 4 kilos en 2005. La faute aux hormones, bien sûr, mais aussi à des techniques de gavage et pleins d’autres choses sur lesquels on est trop souvent content de fermer les yeux.

9. Certains aliments très courants vont disparaître

Le réchauffement climatique conduira à la disparition quasi-certaine de plein d’aliments courants. A commencer par certaines espèces de pommes qui ont besoin d’hivers plus froids pour se développer ; les avocats devraient également disparaître car ils nécessitent une trop grande irrigation ; de nombreux bananiers sont victimes d’épidémie qui met la survie de la banane en danger ; le miel est aussi menacé, compte tenu de la chute drastique du nombre d’abeilles dans le monde.

Pour faire survivre tout ça, il faudra le produire en synthèse ou créer des conditions artificielles de production qui seront très coûteuses en énergie et auront un impact environnemental désastreux.

 

10. On bouffe déjà des insectes

Un colorant très présent dans l’industrie alimentaire, appelé la carmine ou encore le E120, est extrait de la peau du Dactylopius coccus, une cochenille que l’on trouve en Amérique du sud et au Mexique. Utilisé en teinture, le colorant sert aussi dans l’industrie alimentaire pour donner une couleur rosée à de nombreuses charcuteries, à des yaourts ou à des sodas. Bref, on bouffe de l’extrait d’insecte sans le savoir très souvent.

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On nous cache tout, on nous dit rien.

Source : Brightside