Diffusé largement en France en 1982, le Minitel a vécu pendant 30 ans, jusqu’en 2012, quand ses créateurs ont pris conscience que la bataille engagée contre Internet était définitivement perdue. De fait, son utilisation a commencé à décroître violemment à partir des années 2000 jusqu’à devenir marginale et ne plus concerner que des petits vieux désireux de connaître le cours de la Bourse. En attendant, les trentenaires d’aujourd’hui ont beaucoup joué avec ses fonctionnalités limitées avant de s’emparer d’Internet aussitôt le service lancé.

1. 3615 Paris

Ou 3615 Montluçon. Toujours est-il que moi j’allais sur 3615 Paris pour réserver des terrains de tennis, que ça ne marchait jamais et que t’avais une tour Eiffel qui s’affichait en pixels. C’était long.

2. 3615 ETAJV

Jeux vidéo.com avant l’heure. On trouvait toutes les soluces, même celle pour sortir du niveau des Tortues Ninja où t’avais pas assez d’air pour nager tout le long. À un franc la minute, les parents n’étaient pas hyper contents qu’on ne se débrouille pas par soi-même pour trouver la solution.

3. Ces putains de réservations de billets de train

Le truc ne marchait qu’une fois sur deux, pour payer c’était la croix et la bannière et ensuite il fallait quand même faire la queue pour retirer le ticket en gare. Bref, de l’argent jeté par les fenêtres du train.

4. Aller regarder les résultats des examens

Les résultats du bac ou du brevet étaient publiés sur Minitel. On attendait trois plombes que les pages se chargent pour savoir si on était reçu. Et aujourd’hui on se plaint d’APB, mais il fallait voir RAVEL ! 3614 RAVEL le truc pour choisir son orientation, complètement mal foutu et absolument relou. De quoi ne plus avoir aucune envie d’écouter le Boléro.

5. 3615 ULLA

Inventé par Xavier Niel qui y bâtit sa fortune, un service de minitel rose complètement cheap et ringard mais qui avait un succès d’autant plus colossal que ses affiches apparaissaient en 4 par 3 sous les ponts les plus crades. Jamais testé – j’avais 8 ans, mais sans aucun doute incontournable.

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6. L'annuaire

Environ 1000% de l’utilisation du minitel consistait à aller sur le 3611 pour avoir accès à l’annuaire. C’était une époque sans portable, où ceux qui ne voulaient pas apparaître se mettaient sur liste rouge. C’était gratos les trois premières minutes.

7. Mini-Minitel de Marie-Paule Belle

Il existe des souvenirs dont on se passerait bien. Et encore, on n’est pas hypermnésique.

8. 36 15 ANNU

L’annuaire inversé. Pratique pour savoir qui t’a appelé en dépensant des dizaines de francs toutes les 5 secondes et sans jamais obtenir de réponse adaptée.

9. La sécurité enfants était un cadenas

L’incursion de la réalité, tangible, dans le monde du numérique.

10. Le Minitel était plus sécure

Tout le monde le répétait. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il allait battre Internet. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Dominique Strauss-Kahn, dans une interview à l’Obs alors qu’il était ministre des Finances en 1997 : le Minitel allait terrasser Internet.

Fou rire. Qui est le plus mort. Le Minitel ou DSK ?

Marron + vert, c’est d’enfer.