Il est moqué, imité, dévoyé et ridiculisé ; il est pointé du doigt, il est conspué, il fait l’objet de blagues vaseuses, de blagues graveleuses, de travestissements et de sous-titrages : pourtant, il est merveilleux, l’accent québécois, bien plus agréable à l’ouïe que notre affreux accent parisien. Donnons-lui sa chance.

1. C'est plus chantant

Pourquoi ne pas chanter la vie plutôt que de l’ânonner ? Pourquoi ne pas laisser s’exprimer les muqueuses, les laisser libres, les laisser humer l’air frais des cyprès et des érables, le vent du grand nord ? Pourquoi enfermer notre voix dans les cavités gutturales du scrogneugneugneugneu quand on peut s’écrier, s’exclamer, se surprendre et se faire plaisir ? Je pose la question.

2. Il paraîtrait que Molière parlait comme ça

Donc si on veut se conformer à l’insupportable expression « langue de Molière » qui sert à métaphoriser le français en tout enfer, il semblerait qu’il nous faille parler comme les Québécois, c’est comme ça, c’est ainsi, ainsi soit-il et hic haec hoc.

3. C'est beaucoup plus rigolo

Même si c’est un jugement ethno-centré de penser comme ça. Mais faut-il être aveugle pour ne pas se rendre compte que l’accent provoque bien davantage de rires que l’accent parisien, pour ne citer que lui ? Faut-il l’être ? Faut-il nier l’évidence ? Faut-il fermer les yeux sur le réel ? Ne pas en tenir compte ? Se lancer dans les fake news ?

4. C'est bien plus pratique de parler du nez pour exercer sa voix de tête

Regardez : moi qui ait pas de voix de tête, si j’avais été élevé au pays où l’on parle du nez, et bah je pourrais la chanter, SOS d’un terrien en détresse. Je pourrais grave la chanter. Et réaliser mon rêve de passer à la Nouvelle Star Québécoise et de faire un duo avec Isabelle Boulay sur son album Pour être vivante. Et je serais riche à million.

Laissez-moi, laissez-moi avec mon rêve.

5. Les films de Dolan sont moins chiants que ceux d'Honoré

Parce qu’Alex Beaupain, c’est sympa, mais un bon Ozone au milieu d’un film, c’est quand même plus péchu. Et ça vaut aussi avec Céline.

6. Ils ont la parfaite traduction au verbe "spoiler" : "divulgacher"

Et tout un tas d’autres mots cool, comme la balle de bris au lieu de la balle de break du tennis. Sans compter sur les traductions des titres de film. Tout un univers linguistique à explorer sans complexe alors même qu’en France on se laisse peu à peu gangrener par l’américanisation galopante et gnagnagnagnagnagnagnagna.

7. "Tabernacle" ça sonne quand même mieux que "putain de sa race"

Même constat, encore une fois.

8. Le mot "cheum" a une toute autre signification de toute façon, là-bas

Donc dire que l’accent québécois est cheum, c’est dire que l’accent québécois c’est ton mec, donc que tu l’aimes d’amour et que tu veux lui faire des enfants, donc miroir magique tu peux pas le toucher il est protégé chat perché je t’ai eu à ton propre jeu, Rodrigo.

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9. Il a été prouvé que rajouter des "s" après chaque "t" augmentait le capital sexyness de 1000%

C’est une très sérieuse étude de l’université de Punto-Combo, au Nicaragua, qui a mis en lumière une corrélation évidente entre l’ajout de s après chaque consonne dentale augmentait de 1000% les chances d’obtenir un rapport sexuel dans les heures qui viennent. Après vous faites ce que vous voulez.

10. Tu aurais toujours l'air plus sympa avec une accent québécois ce qui peut te sortir de situation anxiogène

Par exemple, si tu dois annoncer à ton collègue qu’il est viré et que tu récupères ses attributions, tu t’exposes à recevoir un traditionnel « coup de tatane sur la tronche ». Mais si tu le dis avec l’accent québécois, tout se terminera dans un grand éclat de rire et des embrassades d’amour qui mèneront inéluctablement à l’établissement d’une belle ambiance de travail.

Quebec is the new cool.