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Crédits photo (creative commons) : wikimedia

Le chef de projet digital en agence a pour mission de coordonner les différentes dimensions d'un projet digital et toujours en fonction des désidératas d'un client... et c'est là que ça se corse ! Parce que le "digital", c'est encore assez abstrait pour pas mal de monde. Or, selon l'expression consacrée "le client est roi". Sauf que parfois le roi il a des gros sabots, des remarques à a con, voire pire. Parfaitement. 10 phrases qui font péter les plombs à n'importe quel chef de projet digital (allez on tient le coup, on respire...!)

  1. "Techniquement, ça doit pas être bien compliqué" : le client qui apparemment, touche sa bille en php
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Ah ouais, t'es développeur toi maintenant ? Je t'avoue que ça nous surprend un peu quand même vu la débilité de tes retours sur les questions techniques jusqu'à maintenant... Mais c'est cool pour toi hein !"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Nous comprenons tout à fait votre demande ; nous recoupons avec les équipes techniques pour être sûr et revenons vers vous avec le détail du temps nécessaire au développement d'une telle fonctionnalité."
    Ce qu'on va réellement faire : Demander une estimation précise, et lui transmettre... en salant légèrement la note au passage : 1) pour le punir de son outrecuidance et 2) pour lui enseigner que rien n'est jamais "pas bien compliqué" dans ce bas monde 2.0.

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  2. "Ça ne va pas du tout les maquettes ! Pourquoi ? J'en sais rien, je suis pas graphiste moi" : le client qui ne connait pas le mot "brief"
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "T'as raison, surtout ne nous aide pas ! Tu crois pas que si tu nous avais transmis un vrai brief plutôt que 3 notes prises sur la serviette en papier tâchée de ton déjeuner, on n'en serait pas là pauvre cul ?"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Nous aurions apprécié davantage de précisions de votre part, quant à vos attentes précises, mais nous allons tâcher de refaire une version, et nous reviendrons vers vous au plus vite."
    Ce qu'on va réellement faire : Transmettre au pôle créatif la demande de modification (qui n'a pas de sens), batailler avec eux également pour qu'ils mettent en oeuvre une autre piste (#divas), et relivrer une v_97 du visuel. Qui sera probablement également retoquée. Et recommencer... (ou se pendre avec le fil de son clavier dans la soirée).
  3. "Au niveau du planning ça coince, faudrait qu'on soit en ligne un mois plus tôt ; à mon avis c'est franchement jouable hein..." : le client qui pense que le planning avait été vu très très lâââârge !
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Ouaaaaaiiiiis, pas de problème, on avait juste voulu te la mettre bien profond en te vendant un mois en rab, histoire de rien branler. On va ajuster tout ça, hein, et fixer une nouvelle date de mise en ligne : hier par exemple. Ça t'irait Einstein ?"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Le planning que nous vous avions transmis se voulait le plus réaliste possible, il sera difficile de faire mieux. Nous allons cependant tâcher de voir ce que nous pouvons optimiser pour essayer d'accéder à votre requête."
    Ce qu'on va réellement faire : Accepter sa demande, contraint et forcé. Et le livrer finalement 3 mois après la date initialement fixée, en partie à cause de divers "aléas", en partie à cause de sa non réactivité, et en partie pour insister sur le fait que non ce n'était pas "franchement jouable hein"...

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  4. "Par contre, m'occuper du site, j'ai pas que ça à faire moi. J'ai plein d'autres choses à gérer, donc si vous pouviez prendre en charge l'administration, ça m'arrangerait..." : le client qui veut te refiler toutes ces merdes à faire. Gratuitement.
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Moi non plus j'ai pas que ça à faire de supporter tes jérémiades et encore moins d'administrer ton contenu tout moisi dans ton vieux site, sous prétexte que t'es trop faignant pour t'en occuper, et trop radin pour embaucher quelqu'un pour le faire, espèce de jean-foutre !"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Malheureusement, ça ne fait pas partie des missions sur lesquelles nous nous étions mis d'accord, et nous considérons cette demande hors périmètre. Nous ne pouvons par conséquent pas la prendre en charge, nous en sommes désolés."
    Ce qu'on va réellement faire : Lui transmettre une estimation de ce que ça lui coûterait de nous confier ladite tâche, ce qui aura pour conséquence de le pousser à recruter un stagiaire qu'il sous-paiera pour lui confier toutes ses petites merdes à faire, et pour se faire servir son café "avec deux sucres, Kévin, ça fait 30 fois que je te le dis nom de dieu".
  5. "Franchement je comprends pas pourquoi c'est si cher" : le client qui croit que la vie c'est gaufrette
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Mais parce qu'on t'encule mon vieux, depuis des mois, et tu viens seulement de t'en rendre compte...! On savait que t'étais pas bien futé mais là, quand même, tu affoles les statistiques."
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Le chiffrage que nous vous avons transmis nous parait tout à fait réaliste et pertinent. Nous faisons le point pour voir la flexibilité dont nous pouvons faire preuve et nous revenons vers vous au plus vite."
    Ce qu'on va réellement faire : Absolument rien. Et lui retransmettre exactement la même estimation, en lui assurant qu'elle a bien été revalidée par "nos équipes techniques" et que nous ne disposons "malheureusement d'aucune marge de manœuvre sur ce point, croyez bien que nous en sommes désolés".

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  6. "Il me paraissait évident que c'était inclus dans les fonctionnalités du site, c'est juste du bon sens..." : le client qui compte sur le "bon sens" pour gratter un max des trucs qu'il n'avait pas demandé, et pour lesquels il n'a pas déboursé un centime
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Le bon sens pour nous, c'est que si tu achètes une voiture sans roues, elle ne roulera pas, et que si tu veux des roues, tu dois payer pour en avoir. Tu veux qu'on essaie de trouver un exemple encore plus con, ou tu commences à comprendre ?"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Nous comprenons l'importance de cette fonctionnalité à vos yeux, mais pour nous il est clair qu'elle était en dehors du périmètre défini initialement. Souhaitez-vous que nous vous transmettions une estimation ?"
    Ce qu'on va réellement faire : Batailler ferme, car l'individu osera tout, et se retranchera derrière la moindre slide, le moindre mail, la moindre tournure de phrase qui pourrait sous-entendre qu'il n'a pas entièrement tort, de près ou de loin pour obtenir gain de cause. Soit il finira par renoncer, soit il nous poussera à abandonner face à sa lourdeur faire un "geste commercial".
  7. "Y'a un bug là. Si si, sur Internet Explorer 2, les soirs de pleine lune, sur l'écran cassé de mon PC qui tourne sous Windows 3.1, et si je resize ma fenêtre en 714*256" : le client qui cherche (et trouve) des bugs "mystiques"... et qui kiffe te les envoyer à la tronche, le sadique
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Dis donc espèce de détraqué, forcément que si tu tritures notre boulot dans tous les sens tu risques de trouver des anomalies, mais pour nous la seule anomalie c'est qu'un foutriquet dans ton genre soit responsable de coordonner un projet digital pour sa boite alors t'es mignon, t'arrêtes un peu de nous chier dans les bottes, et on essaie d'avancer tous dans le même sens. Merciiiiiii !"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Merci pour ce retour, malheureusement le comportement que vous nous décrivez et au cours duquel se produit le "bug" ne nous parait pas "normal" et à ce titre, il est logique que des erreurs puissent en résulter. Nous allons tout de même regarder si nous pouvons optimiser cela."
    Ce qu'on va réellement faire : Rien du tout, si ce n'est faire le tour de nos collègues pour leur raconter la débilité dudit client, et se payer sa tronche avec eux pour décompresser un peu.

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  8. "Vous pouvez m'envoyer les PSD des maquettes ? Non parce que je taquine un peu Photoshop, et j'aimerai bien effectuer quelques petites retouches..." : le client créatif refoulé qui n'a aucune lucidité sur ses (non-)compétences
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Ecoute Picasso, je sais bien que c'est toi qui casque à la fin, donc si tu les veux tes PSD, on va te les envoyer ; mais si t'as des pulsions artistiques, tu ferais mieux d'aller t'acheter un coloriage et des crayons de couleur, et de laisser les professionnels qualifiés travailler. Merci."
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Si vous le souhaitez, nous pouvons tout à fait vous transmettre les PSD des maquettes comme demandé. Auparavant, vous trouverez en PJ une nouvelle version prenant en compte vos remarques. Est-ce conforme à vos attentes ?"
    Ce qu'on va réellement faire : Prier pour que ça passe, qu'il valide, pour ne pas avoir à lui fournir ses PSD, sous peine de le voir saloper toute la direction artistique de son propre site du fait de son manque de discernement sur ses capacités à "taquiner[r] un peu Photoshop".
  9. "Je viens de recevoir un mail d'un collègue, apparemment il y un bug sur le site." : le client qui transmet des bugs invisibles parce qu'il connait mal son site et qu'il ne vérifie pas ses sources
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Eh, Jean-Michel Feignasse, c'est trop te demander de vérifier sur le site avant de nous balancer toutes les conneries que tous les tocards de ton entourage te transmettent ? Non parce que je viens de checker, et le problème c'est juste que t'es un autiste de compétition, car nous ne constatons aucune anomalie sur la prod' en ce moment. Tout est conforme à nos échanges et aux spécificités sur lesquelles nous nous sommes mis d'accord. EH NOM DE DIEU JE T'AI DÉJÀ DIT 1000 FOIS DE VIDER TES CACHES PUTAIN DE MERDE !"
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "L'erreur à laquelle vous faites allusion n'est pas reproduite de notre côté, et est due à [un truc que le client sait, qu'on a déjà vu avec lui 1000 fois, mais dont il se fout, auquel il n'a rien pipé et qu'il s'est empressé d'oublier ou au fait qu'il n'a, une fois de plus PAS VIDER SES PUTAINS DE CACHES], comme nous l'avions déjà évoqué par le passé."
    Ce qu'on va réellement faire : Hésiter entre rire et larmes, entre colère et dépit, entre assassinat et suicide... mais seulement hésiter hein...

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  10. "Je suis désolé, mais pour moi le fonctionnement [sur le site] n'est pas du tout prédictible : par exemple je suis sûr que ma grand-mère ne comprendrait pas !"
    La réponse qu'on rêve de lui balancer : "Mais ta grand-mère tout le monde s'en carre mon petit vieux ! Son avis, ça nous en touche une sans faire bouger l'autre ! Pourvu que l'été soit chaud et qu'à la rentrée on ne se soucie plus de ce qu'elle comprend ou ne comprend pas en terme d'ergonomie digitale, la viok', si tu vois ce qu'on veut dire."
    Ce qu'on est obligé de lui répondre : "Oui nous comprenons votre remarque. Ce comportement est un comportement très répandu sur un très grand nombre de sites de référence, mais nous pouvons essayer d'envisager une autre option. Nous reviendrons vers vous rapidement avec une autre proposition."
    Ce qu'on va réellement faire : Contacter ladite grand-mère, pour lui expliquer que son petit fils/sa petite fille 1) la prend ostensiblement pour une conne et 2) manque clairement de clairvoyance dans son travail... Histoire qu'elle lui sucre ses étrennes ! Non mais ! (Ouais, on est comme ça, fallait pas nous chercher...)

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