Est-il pire d’arnaquer 3 millions de personnes ou d’en tuer 310 ? Probablement d’en tuer 310. Plus dur : est-il pire de séquestrer et violer sa fille pendant 24 ans ou de tuer son nourrisson ? Encore plus dur : c’est quoi le pire, massacrer des civils parce qu’on fait partie de la SS ou flinguer ses patientes quand on est médecin ? Pas évident, hein ? Toujours est-il que tous ces crimes ont UNE chose en commun : leurs auteurs n’ont pas l’impression d’avoir mal agi. Et quand on les interroge, on dit balek.

1. Bernard Madoff

Son crime : monter une pyramide de Ponzi en s’aidant des subprimes pour arnaquer les mecs les plus riches des Etats-Unis et leur faire perdre des milliards de dollars. Son fils s’est flingué, plusieurs de ses victimes aussi.

Ce qu’il en pense : « Mes clients, je les emmerde : c’étaient des riches qui voulaient s’enrichir encore plus. »

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2. Pedro Lopez

Son crime : violer, torturer et tuer 310 enfants selon ses aveux et 110 selon la police ; c’est un peu comme l’histoire du nombre de personnes qui défilent en manif, cette affaire. On ne surnomme pas un mec « Le monstre des Andes » pour rien.

Ce qu’il en pense : libéré en 1998 après 20 ans de prison, il a assuré qu’il comptait continuer son oeuvre macabre parce qu’il faisait le bien. Et vous savez quoi ? Personne ne sait où il est à l’heure actuelle.

3. Josef Pritzl

Son crime : séquestrer sa fille pendant 24 ans en la violant régulièrement. Lui faire 6 gosses et en conserver certains enfermés à la cave s’ils n’étaient pas trop « pleurnichards ».

Ce qu’il en pense : rien. Il s’en branle. Et d’ailleurs, il a même essayé de revendre les procès-verbaux de ses auditions à des tabloïd pour se faire un peu de thune.

4. Fabienne Kabou

Son crime : noyer dans la mer du Nord sa fille de 15 mois, Adélaïde, comme on noierait des chatons en se pinçant le nez.

Ce qu’elle en pense : « C’était un peu comme jeter le bébé avec l’eau du bain. J’aurais pu congeler ma fille, c’est à la mode… »

5. Miranda Barbour

Son crime : tuer au moins 22 personnes pour satisfaire à son satanisme à même pas 19 ans. Et encore, elle affirme qu’après 22 meurtres, elle a « arrêté de compter ».

Ce qu’elle en pense : « Je ne regrette rien, c’étaient de mauvaises personnes. »

6. Harold Shipman

Son crime : assassiner au moins 15 de ses patientes, parce que Shipman était médecin. Il tuait des vieilles en leur injectant de la diamorphine sans motivation ; sauf dans un cas, celui qui l’a confondu, quand la vieille en question lui avait légué sa fortune.

Ce qu’il en pense : « Je suis un être supérieur. Les patients étaient toxicomanes. »

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7. Jean-Marc Rouillan

Son crime : cofondateur d’Action directe, Rouillan a tué le PDG de Renault, Georges Besse, ainsi que le général Audran. Action directe a également perpétré 80 attentats dans les années 70/80.

Ce qu’il en pense : « J’assume. Je ne regrette pas l’assassinat de Georges Besse. On n’a mené aucune action à la légère. C’est presque notre seule vraie victoire, on voulait aller jusqu’au bout, on est allé jusqu’au bout, quelles que furent les années de prison. »

8. Karl Munter

Son crime : parti intégrante des SS, Munter a notamment participé activement au massacre d’Ascq qui a fait plus de 85 victimes civiles en avril 1944. Un réseau de résistance avait attaqué un train de SS ; les nazis ont répliqué en organisant un massacre aveugle dans la région.

Ce qu’il en pense : à 96 ans, voilà ce qu’il en dit : « Je ne regrette rien. Si quelqu’un s’enfuit, j’ai le droit de lui tirer dessus.«

9. Rochus Misch

Son crime : ancien adjudant SS, il était aussi le garde du corps de Hitler, qu’il appelle « le chef ».

Ce qu’il en pense : en 2011, il était tout fier de recevoir des lettres de demandes d’autographes à plus de 93 ans. Il n’a jeté les breloques du III° Reich qu’à la demande de sa femme, dans les années 90. Il a même écrit ses mémoires et en a vendu les droits d’adaptation au cinéma.

10. Robert Durst

Son crime : assassiner sa femme dans les années 80, jouer de son entregent et de sa richesse pour se faire acquitter ; puis assassiner son voisin, qui l’avait reconnu ; enfin, assassiner une vieille amie à lui qui l’avait aidé à masquer l’assassinat de sa femme.

Ce qu’il en pense : il était tellement fier de ses crimes qu’il a accepté qu’une équipe de télévision tourne un documentaire sur lui où il prétend ne rien avoir fait du tout ; documentaire dans lequel, oubliant son micro HF, il avoue les meurtres.

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien…