C’est le cancer le plus courant chez les femmes. On compte en moyenne entre 50 000 et 60 000 nouveaux cas chaque année. Pour vous donner une idée, durant l’année à venir, 11 500 femmes devraient mourir d’un cancer du sein. C’est un peu beaucoup. Et même si c’est un cancer très répandu il y a encore pas mal d’idées reçues qui circulent à son sujet. C’est parti pour une petite remise au point.

MESSAGE A CARACTÈRE IMPORTANT : le 13 avril il y aura une Cancer Pride à Paris, parce qu’on a tous envie de lui botter le cul.

1. "C'est un truc de meufs"

C’est pas parce qu’on parle de seins que les hommes ne sont pas concernés. Certes cette forme de cancer est moins courante et plus tabou mais la maladie touche tout de même 1 % des hommes. C’est peu mais ce n’est pas rien.

2. "Mais ça va pas mais t'es taré, la mammographie présente trop de risques"

On va vous répondre en deux parties. D’abord, oui la mammographie présente des risques de cancer parce que les patients sont exposés à des rayons. Toutefois ce risque de cancer radio-induit reste très faible. Donc la mammographie représente certes des risques mais si l’on ne se fait pas dépister une fois par semaine, ils restent très faibles et incomparables face à l’utilité du dépistage qui permet une meilleure prise en charge des patients.

3. "Les dépistages ne réduisent pas le nombre de cancers (encore un complot illuminati)"

En effet, on est tenté de croire ceci parce que les dépistages n’ont pas d’impacts sur le nombre de cancers qui ne baisse pas (et n’augmente pas non plus). Toutefois la mortalité des cancers du sein a diminué de 1.5 % chaque année entre 2005 et 2012. Encore une fois, le dépistage sert avant tout à prendre en charge le plus tôt possible un cancer détecté, mais il ne réduit pas l’apparition du cancer en tant que tel. Logique.

4. "Il vaut mieux attendre 50 ans pour faire une mammographie"

D’un côté oui, d’un côté non. Oui parce qu’on le rappelle, les mammographies sont à risques et techniquement on les recommande seulement à partir de cet âge-là où le risque de cancer commence à être plus élevé (80 % des tumeurs malignes se développent après 50 ans). Toutefois, on a tout à fait le droit de faire une mammographie avant et c’est même recommandé si notre hygiène de vie (clope + rosé + côte de bœuf) ou notre patrimoine génétique représente plus de risques que la moyenne.

5. "L'auto-dépistage, c'est largement suffisant"

Si l’auto-palpation est recommandée pour repérer des trucs bizarres éventuels qui pourraient apparaître dans tes seins (sachant qu’une boule dans le sein, ça na veut pas forcément dire cancer), elle n’exclut aucunement un examen médical régulier (une fois par an chez le gynéco et dépistage en temps venu).

6. "Il y a des aliments qui réduisent les risques de cancer du sein, YOUPI"

Si une meilleure hygiène de vie est vivement recommandée pour diminuer nos risques, désolée de vous apprendre qu’il n’existe pas d’aliments miracle contre le cancer. Alors c’est très cool de manger du chou, du curcuma et des graines de lin mais la carcinogénèse est un procédé légèrement plus complexe que tes choix d’alimentation. En revanche on ne peut que te conseiller de manger plus sainement (pas plus de 500 grammes de viande rouge par semaine, pas de clopes, moins d’alcool ouin ouin…).

7. "Maintenant toute façon ça se soigne comme un rhume"

Si seulement. Malheureusement on meurt toujours du cancer du sein (12 000 personnes meurent encore chaque année en France du cancer du sein), même si le taux de mortalité diminue à hauteur de 1.5 % depuis une vingtaine d’année et que les soins évoluent, on ne soigne pas encore le cancer du sein avec un bon vieux Doliprane.

8. "J'ai des gros boobs, du coup j'espère que ça augmente pas les risques"

Aïe. Bah si. En fait. En l’occurrence, c’est vrai. Les mini seins sont moins exposés au cancer du sein, c’est injuste nous sommes d’accord.

Vous préférez un cancer du sein ou un sagittaire du six ? Allez l’humour.

Sources : Europe 1, Le Figaro Santé