Pour sensibiliser ses enfants à l’écologie, il faut aborder la question du dérèglement climatique. Pour cela, l’auteur Jean-Marc Jancovici nous a écrit un livre pour nous aider à répondre aux questions que nous posent nos enfants à ce sujet (et qu’on serait bien bête de ne pas se poser nous-mêmes). On a donc essayé de reprendre ses arguments et de vous les synthétiser mais il va sans dire qu’on vous invite à lire son ouvrage illico pesto.

1. Faire bien la différence entre météo et climat

On a tendance à croire que ça veut dire la même chose et que le climat a changé (ou justement, qu’il n’a pas changé). Clarifions ce point.

La météo s’appréhende sur le plan local et change tout le temps. Au contraire, le climat englobe des zones géographiques bien plus vastes (à l’échelle d’une région, d’un pays ou de la terre entière) et plus étendues dans le temps. Les moyennes établies grâce à l’étude du climat permettent justement de comprendre la météo. Il est donc normal que la météo varie fortement (en France la température en été et en hiver varie de plus de 30°C), ce qui est dramatique c’est quand les données du climat sur des périodes plus longues varient de manière infime (un changement de 5°C sur la planète en 10 000 ans ).

2. Expliquer clairement que c'est que l'effet de serre

L’effet de serre est une serre à l’échelle de la planète. Une enveloppe gazeuse enrobe notre planète, les rayons du soleil la traversent sans problème, une partie des rayons se réfléchit sur le sol et le reste est absorbé par le sol qui chauffe. Pour calmer la surchauffe, le sol renvoie des rayons infrarouges (invisibles à l’œil nu) vers l’atmosphère. Et c’est là que ça déconne puisque la « couche » de gaz ne laisse passer que les rayons visibles et absorbe les rayons infrarouges ce qui cause ce fameux « effet de serre ».

ATTENTION : il ne faut pas confondre l’effet de serre et le trou dans la couche d’ozone ! En fait le simple terme de « couche » est trompeur. Il s’agit plutôt d’un taux d’ozone qui s’intensifie entre 20 et 25 km d’altitude (pour atteindre 0.5 % de l’air). Naturellement, il n’est pas possible de faire un « trou » dans cette « couche » qui n’en est pas une. Ce qu’on entend par l’expression « trou dans la couche d’ozone » c’est simplement le fait que de nombreux gaz s’attaquent à l’ozone dans l’atmosphère et en diminue la proportion dans l’air.

3. Et ne pas oublier qu'à la base... c'est un effet naturel !

Contrairement à ce que l’on pense, l’effet de serre n’est pas du à l’activité humaine. Il existe depuis 4 millions d’années et sans ça on se pèlerait le jonc sévère. En revanche, il est vrai que depuis deux siècles l’activité humaine accentue dangereusement cet effet de serre. Et si on parle de gaz à effet de serre, concrètement c’est plus la vapeur d’eau et le gaz carbonique qui opacifient les rayons infrarouges (et donc les emprisonnent). Ces gaz sont extrêmement minoritaires mais malheureusement très efficace.

4. Montrer que les effets du dérèglement climatiques se font déjà sentir

Comme on l’a dit dans le premier point, le climat varie très peu sur des périodes extrêmement longues. Alors que va-t-il se passer quand la planète aura pris 3 degrés de plus dans les dents ? Eh bien ça commence déjà à se voir. En Californie, la sécheresse est sans égal depuis 2016 causant des incendies à répétition, les glaciers fondent à une vitesse alarmante, les insectes tropicaux débarquent dans des zones normalement tempérées etc. Mais le pire dans tout ça c’est que ces événements sont mineurs par rapport à ce qui nous attend (de manière plus ou moins inévitable) avec un climat qui part en sucette.

5. Donner des solutions pour lutter contre la déforestation de la planète

Pour donner du sens à ce qu’on explique il faut aussi donner des solutions afin de se sentir proactif et lutter contre tout ce qui empoisonne la planète. Réduire (voire supprimer complètement) sa consommation de viande rouge (pour produire un kilo de viande il faut cultiver entre 4 et 50 kilos de végétaux), bannir l’huile de palme. Et puis globalement tout un tas de gestes innombrables qui réduisent notre empreinte carbone.

6. Attention on ne peut pas mourir étouffé au CO²

Si l’empreinte carbone est au bord de toutes les lèvres, il faut bien comprendre que le danger auquel l’humanité est exposée n’est en aucun cas une asphyxie au dioxyde de carbone. Pour vous donner une idée, si on vous met dans une pièce avec 10 % de CO², ça va vous gêner mais vous pourrez encore respirer (si tant est qu’il y a aussi de l’oxygène dans l’air bien sûr). Or à l’heure actuelle dans l’atmosphère, il y a 0.04 % de CO² ce qui n’a aucune influence sur nos poumons. En revanche, même cette infime quantité a des répercussions sur le climat et c’est là que ça pose problème.

7. Ne pas oublier que le climat a connu d'importantes variations dans l'histoire (et sans que l'Homme n'en ait été la cause)

Evidemment on n’a pas inventé le concept d’ère glacière. Le climat a changé maintes fois au fil des milliers d’années qui nous précèdent et de nombreux spécialistes se penchent d’ailleurs sur ces changements climatiques du passé pour justement mieux comprendre l’impact de l’homme sur le changement climatique actuel.

8. La fonte des banquises entraîne... la fonte des banquises

Il n’est pas possible d’inverser le processus, on peut au mieux limiter ses conséquences dans le temps mais pas annuler ce qui a déjà été fait. Ainsi, la fonte des banquises ne peut que s’accélérer car elle augmente la surface des océans qui absorbent plus de lumière et donc… accentue l’effet de serre… et donc… accentue la fonte des banquises. Bienvenue dans la spirale infernale du cercle vicieux.

Notons bien que ce n’est pas la fonte des banquises qui augmente le niveau de la mer puisque les banquises sont comme des glaçons dans l’eau donc fondues ou solides, elles prennent le même volume (kikoo Archimède). En revanche, si toute la quantité de glaces sur le Groenland et l’Antarctique (et donc sur la terre ferme) fond, le niveau de la mer augmentera de 7 mètres. Et là ce sera pas du tout rigolo surtout si on n’a pas de brassards. Bon rassurez-vous pour le siècle qui vient, on devrait juste assister la fonte de l’intégralité des banquises YAY.

9. Le dérèglement climatique va entraîner des trucs encore plus chiants que le réchauffement global de la planète

C’est pas rigolo à annoncer à ses enfants mais il faut pourtant bien s’y préparer. L’augmentation de 2 à 3 degrés prévue d’ici 2050 va entraîner de nombreux flux de réfugiés climatiques et vu notre gestion actuelle de l’accueil des migrants, ça n’annonce rien de très propre pour l’avenir. Parce que la sécheresse anéantit nos récoltes et que sans rien à se mettre sur la dent on va commencer à s’échauffer un peu. De nombreux conflits et guerres sont à prévoir dans notre agenda (sauf bien sûr si on trouve d’autres solutions). En fait tout est possible dans l’évaluation du pire, il est très difficile de prévoir ce qui va exactement se passer mais il faut y penser dès maintenant.

10. L'océan est en train de tourner au vinaigre

Eh oui, l’océan devient plus acide et c’est pas du tout une bonne nouvelle. C’est au cause du surplus de CO² créé par l’humanité (puisqu’on le rappelle, l’océan absorbe le CO²), et sa combinaison avec l’eau forme de l’acidité. Or dans une eau acide, on ne peut plus fabriquer du calcaire comme le fond actuellement tous les coquillages et les crustacés. Pauvre petit Bernard l’Hermite !

Et on remercie encore une fois ce très bel ouvrage de Jean-Marc Jancovici sur lequel on s’est basé pour tenter d’expliquer le plus simplement possible ces quelques points ce qui ne vous dispense pas de le lire et de l’offrir à tous vos amis (même ceux qui n’ont pas d’enfants).

Prix : à partir de 4.65 chez chapitre_libraire