Crédits photo (creative commons) : Ronnie Macdonald

De Batteux à Jacquet, tout le monde connaît les entraîneurs mythiques de l'équipe de France. Il y en a eu beaucoup d'autres moins heureux que Wikipedia et les footeux 5ème dan peuvent citer. Mais qui se souvient des bons entraîneurs français qui en avaient l'envergure mais sont passés à côté ? Petite sélection de ceux qui auraient pu. Ou dû.

  1. Arsène Wenger
    Pour lui, les carottes ne sont pas encore cuites mais ça y est presque. Tout pour réussir, pourtant : une philosophie du jeu typiquement française, la culture de la gagne, l'expérience des grands rendez-vous, l'art de gérer les stars et de faire mûrir les jeunes pousses. Il n'aura manqué à la FFF qu'un projet intéressant sur le terrain et au-delà (et sans doute le salaire de trader qui va avec) pour attirer un homme de ce calibre.
  2. Helenio Herrera
    Eh oui, le père spirituel de Mourinho, l'homme que tout le monde (sauf les fans de l'Inter) a aimé haïr, l'inventeur du catenaccio qui a coulé le foot des années 60 dans le béton était aussi français que vous, moi ou Trezeguet. Deux C1 avec les Nerazzurri et une place au Panthéon des tacticiens n'auront pas suffi à convaincre la Fédé de renier l'esprit de 58 au nom de la victoire. Et puis, lui aussi avait beaucoup plus à gagner au propre comme au figuré à rester dans son club...
  3. Robert Herbin
    Lui, c'est comme Coupet avec Barthez : peut-être supérieur au titulaire mais pas assez influent en coulisses. Bien en place à Geoffroy-Guichard au début de l'ère Hidalgo, le Sphinx était libre et aurait pu (dû ?) avoir sa chance au passage du témoin après l'Euro 84, mais la place était déjà promise à Henri Michel. Entre le bâtisseur d'un finaliste de C1 et l'artisan d'un match nul à Chypre (le Mundial 86, c'était plutôt du Platini), il n'y avait pourtant pas photo. Une certaine odeur de caisse noire, peut-être ?
  4. Pierre Sinibaldi
    Petit quiz pour footeux : la défense en ligne, qui l'a inventée ? Ernst Happel avec Feyenoord en 70 ? Perdu, c'est bien ce petit gars de chez nous qui l'a mise en place à Anderlecht où il a fait une belle carrière d'entraîneur dans les années 60. Un fin tacticien et bon meneur d'hommes qui aurait eu sa chance à la démission de Louis Dugauguez en 1969 si les expatriés n'avaient pas fait figure de traîtres en ce temps-là.
  5. Guy Roux
    Un nom auquel on ne pouvait pas échapper dans ce Top. Du talent, certes, mais ça s'est mal passé pour lui ailleurs qu'à Auxerre. Il faut dire aussi que depuis l'épisode Hidalgo en short et tongs face au cheikh pendant France-Koweït 82, un Français moyen en parka et bonnet qui récupère les bouteilles vides dans un sac plastique après le match parce qu'y faut pas gâcher, c'est pas top pour l'image.
  6. Jean Vincent
    L'homme à qui José Arribas a confié les clés du jeu à la nantaise à sa retraite, c'est tout dire. Deux titres, une Coupe et une demie de C2 avec les Canaris, la première qualif du Cameroun en Coupe du Monde avec match nul contre l'Italie à la clé, ça vous place le bonhomme. Lui, c'est par choix qu'il a continué à l'étranger. Dommage, encore un qui aurait pu nous éviter Henri Michel.
  7. Jean-Claude Suaudeau
    L'ex-adjoint de Jean Vincent avait lui aussi l'étoffe des héros du jeu à la nantaise. Ses Canaris 1982-83 (le but "brésilien" de José Touré en finale de Coupe !) et 1994-95 restent des références. Comme Guy Roux, il est toutefois resté l'homme d'un seul club, sac plastique en moins. En plus, on l'imagine mal remonter les bretelles à un Ginola ou un Cantona à la mi-temps de France-Israël 93...
  8. Pierre Cahuzac
    Pas vraiment un génie de la tactique, mais comme meneur d'hommes, pardon ! Un art consommé de faire se sortir les tripes à une équipe construite de bric et de broc : Ajaccio, Toulouse, Bastia surtout avec une légendaire épopée en C3 1977-78. Lui aussi a eu son pic de forme au mauvais moment, quand Hidalgo était en pleine bourre. Il aurait eu dix ans de moins, les Bleus auraient gagné la Coupe du Monde 94.
  9. Philippe Troussier
    Encore un qui n'est pas prophète en son pays. Il a très bien réussi avec une flopée d'équipes nationales africaines (on ne l'appelle pas "le sorcier blanc" par hasard) et au Japon mais son passage à l'OM a été un échec. Ceci dit, une fois qu'on aura essayé tous les grands anciens de France 98, il faudra bien aller voir ailleurs...
  10. Luis Fernandez
    On ne rigole pas dans le fond de la classe ou là-bas en Israël ! Il est après tout le seul entraîneur français à avoir gagné une Coupe d'Europe avec un club français. Et puis, avec un enfant des Minguettes aux platines, les petits embrouilleurs du bus de Knysna seraient descendus bien en rang en fermant leur gueule.

Et vous, vous avez des regrets?